Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré dimanche sur France 3 qu’il n’était « pas favorable » à la loi de censure arménienne car il était opposé « par principe aux lois mémorielles ».
« Je ne suis pas favorable par principe aux lois mémorielles mais, ensuite, c’est aux sénateurs de trancher sur cette loi particulière », a-t-il déclaré.
« Je ne pense pas que ce soit au Parlement de fixer les orientations sur la mémoire, sur l’Histoire », a-t-il ajouté.
PAR DIDIER BILLION
Loin de faire avancer le débat en Turquie, la loi française prévoyant de pénaliser toute négation du « génocide arménien » risque plutôt de l’enterrer. Pour Didier Billion, rédacteur en chef de La revue internationale et stratégique à l’Institut de relations internationales et stratégiques, « Punir a priori la formulation d’une opinion non conforme à la loi » revient « à interdire la recherche d’un accord objectif » sur ce sujet.
Une proposition de loi visant à punir (…)
Deux députés socialistes se sont opposés en séance, à l’Assemblée nationale, sur la proposition de loi sur "la pénalisation de la négation des génocides reconnus par la loi" (seule le "génocide" arménien étant dans ce cas), l’ancien ministre Jean Glavany critiquant le texte soutenu par Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande.
Si la majorité de la poignée (une cinquantaine seulement) de députés de gauche et de droite présents sont en faveur de la proposition de loi de la députée (…)
L’ancien président socialiste du Conseil constitutionnel Robert Badinter a estimé que le texte pénalisant la contestation de tout génocide, dont celui des Arméniens en 1915, était "anticonstitutionnel" en laissant entendre que son vote aujourd’hui était dicté par la présidentielle de 2012.
"Sur la constitutionnalité" de ce texte, "j’exprime ici les plus extrêmes réserves", a dit sur RTL M. Badinter, ajoutant : "Il s’agit d’un texte qui véritablement à mon sens est anticonstitutionnel". "Ce (…)
Selon Edouard Nalbandian, ministre arménien des Affaires étrangères d’Arménie, le vote par le Sénat français de la loi de censure arménienne est une "initiative historique".
"Ce jour sera écrit en lettres d’or non seulement dans l’histoire de l’amitié entre les peuples arménien et français", a-t-il continué.
L’Arménie et les groupes de pression de la diaspora arménienne font campagne depuis longtemps pour obtenir une qualification politique internationale de "génocide" pour les massacres (…)
A propos de la loi de censure arménienne, l’adjointe au Maire de Strasbourg, Mme Anne Pernelle Richardot a déclaré qu’il s’agissait d’une "faute politique".
Selon elle, "favoriser le travail de mémoire est une mission que le responsable politique se doit de remplir sans présager de son contenu. Il ne revient pas aux hommes (ou aux femmes) politiques de définir l’Histoire à l’aide de la Loi. En revanche, il est de notre devoir de permettre à l’ensemble de nos concitoyens de pouvoir (…)