samedi 3 décembre 2022

"et si la Turquie était européenne" le cauchemar des anti Turquie dans l’Europe a pourtant déjà commencé

La Turquie et l’esprit "munichois"

La politique de l’autruche

Publié le | par Behor | Nombre de visite : 680 |

Dans son éditorial du 3 novembre, le Figaro, sous la signature d’Yves Thréard, nous livre le fond de sa pensée à propos de la frontière turco-irakienne, à savoir une sorte de "lâche soulagement" que la Turquie ne soit pas intégrée dans l’Europe, en espérant sans doute qu’elle ne le soit jamais. Mais, autant garder à l’esprit que quand le vent se lève, il ne s’arrête pas aux frontières supposées de l’Europe

Finement truffée d’images destinés à faire peur et de prise de partie subtilement pro-PKK "tentation turque du canon", question kurde "toujours brûlante depuis la disparition de l’Empire ottoman", "la question kurde prend aujourd’hui une nouvelle dimension" "elle ( cf:la Turquie) a dépêché 100 000 soldats à la frontière et multiplie les bombardements aériens", "ce peuple orphelin (cf : les kurdes) se remet à espérer dans la constitution d’un État, au nord de l’Irak en guerre. Ce que la Turquie ne peut accepter" "mais qu’en serait-il si la Turquie était membre de l’Union européenne ?", l’auteur de l’article tient à faire comprendre qu’un argument de poids décisif vient de faire son apparition pour rejeter définitivement la candidature turque.

Totalement oublieux des circonstances géopolitiques, l’article feint de considérer que la question se résume à une propension "génétique" des Turcs à faire la guerre, ce qui reste une théorie racialiste indiquant génétiquement qui sont les bons et qui sont les méchants, comme en raffolent certains occidentaux.

Le fameux territoire dit du "kurdistan irakien" est une des principales réserves mondiales de pétrole, et se trouvait initialement dans l’empire Ottoman. Il a été convoité, à ce titre depuis la fin du 19ème siècle par toutes les nations occidentales, et il est en ce moment sous le contrôle complet des Etats Unis. Comment oublier que, lors de leur entrée dans Bagdad, après les "frappes chirurgicales", seul le building consacré au pétrole avait été très opportunément totalement épargné par les bombes, et ainsi, investi immédiatement, sans avoir jamais cessé de fonctionner depuis.
Il est improbable que ceux-ci laissent quelques peshmergas risquer de troubler ce bel échafaudage.
Si par impossible, des attentats contre des ressortissants turcs continuaient de se produire en toute impunité dans la partie turque proche de la frontière turco-irakienne, il n’y aurait pas d’autres possibillités pour la Turquie que de se protéger, comme toute nation le ferait (il n’y a rien de génétique). Et si cette situation devait dégenerer, ça rejaillirait immanquablement sur les pays européens, que la Turquie fasse partie ou pas de l’Europe, car quoi qu’en pensent les stratèges en chambre, ce problème est déjà du ressort de l’Europe.

“Toujours brûlante depuis la disparition de l’Empire ottoman, la question kurde prend aujourd’hui une nouvelle dimension. Ce peuple orphelin se remet à espérer dans la constitution d’un État, au nord de l’Irak en guerre. Ce que la Turquie ne peut accepter. Elle a dépêché 100 000 soldats à la frontière et multiplie les bombardements aériens [1] ......... mais qu’en serait-il si la Turquie était membre de l’Union européenne ? Les opposants à son entrée agitent le chiffon de l’islamisme ou les réalités de la géographie pour contrer cet élargissement. Le conflit kurde, qui ne s’éteindra pas demain, est un autre argument de poids qu’ils peuvent faire valoir.
D’acteurs plus ou moins engagés actuellement, les Européens passeraient au premier rang sur le front des négociations... et des batailles. Bruxelles se retrouverait au coeur de la poudrière du Moyen-Orient avec, comme voisins immédiats, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Un horizon qui fait froid dans le dos...
La seule question kurde est autrement plus sensible que toutes les revendications nationalistes provenant du Pays basque espagnol, de Corse et même d’Irlande du Nord ! Du milieu des années 1980 à 1999, date de l’arrestation du leader autonomiste Abdullah Ocalan, elle a causé la mort de plusieurs milliers [2] de personnes en Turquie. L’Union européenne a eu beau considérer le PKK, l’organisation séparatiste kurde, comme une structure terroriste, elle n’est pas d’une sévérité sans relâche [3]. Nombre de Kurdes, fuyant la violence ou cherchant, au contraire, à la financer par divers trafics, vivent sur les bords de la Seine ou du Rhin. Tous ne sont pas militants, mais la plupart ne portent pas Ankara dans leur coeur [4]. D’où les critiques régulières des dirigeants turcs. Le premier ministre Erdogan vient encore, samedi dernier, d’accuser les pays européens de ne pas extrader les activistes. Il a mis en cause « la sincérité » de nos diplomaties. Les Vingt-Sept ne font pas de la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie une condition préalable à son adhésion à l’Union [5] . Précaution qui en dit long sur les difficultés à s’entendre des deux parties. Même sur le passé. La France est d’ailleurs l’un des seuls pays à avoir officiellement reconnu ce massacre, et à en condamner [6] . On peut donc imaginer ce qu’il en serait pour régler la question kurde. La recherche d’une position commune à Bruxelles et Ankara relèverait de l’impossible. Comment trouver un juste milieu entre la tradition européenne du dialogue et la tentation turque du canon ? Si l’Union est une « machine à faire la paix », conformément à son ambition fondatrice, son histoire ne l’a encore jamais amenée à faire déposer les armes.”


[1il ne s’agit pas d’écrasement sous les bombes comme le laisse entendre la phrase

[230.000 morts

[3ils ont même pignon sur rue depuis des années

[4une haine "savamment" entretenue au fil des années

[5évidemment, aucun tribunal pénal international n’ayant statué sur la question

[6confusion éclairante : les massacres de civils turcs sont occultés et niés en permanence, les différents autres massacres historiques, eux, n’ont jamais été niés


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