samedi 10 décembre 2022

Apprendre le turc à Lyon - MISSION IMPOSSIBLE !

Publié le | par Sophie C. | Nombre de visite : 1247 |

"Mon langage, c’est celui que j’ai reçu dans mon enfance, que j’ai construit en écoutant, en lisant, et qui s’est trouvé parfois en contradiction avec le langage des maîtres. Mon langage, comme une ruse, un déguisement, parfois comme un drôle de signal de reconnaissance, dont je perçois les échos de loin en loin". J.M.G le Clézio

Pour les turcophiles de Lyon, le turc a été pendant des années, la langue de l’intimité familiale et communautaire qu’ils pouvaient continuer de faire apprendre à leurs enfants lors de cours donnés par des enseignants de Turquie venus pour l’occasion.

Présentation de la mission ELCO

A partir de 1973 on commence à ressentir le besoin d’organiser dans les écoles françaises un enseignement de leurs langues et cultures d’origine pour les enfants de nombreux ressortissants étrangers venus s’installer en France avec leurs familles et, tout d’abord, pour les Portugais. Cet enseignement répond à une demande des Etats d’émigration ; pour le mettre en oeuvre des accords bilatéraux ont été conclus entre la France et, par ordre chronologique, le Portugal, l’Italie, la Tunisie, le Maroc, l’Espagne, la Yougoslavie, la Turquie, et, plus récemment l’Algérie.

A partir de 1975 plusieurs circulaires du ministère de l’Education Nationale ont réglementé cet enseignement que les élèves peuvent recevoir sous forme de 3 heures hebdomadaires :
 soit pendant le temps scolaire, en remplacement des activités d’éveil ; il s’agit alors "de cours intégrés"
 soit en dehors du temps scolaire ou des périodes de scolarité , il s’agit alors de "cours différés" qui sont toutefois dispensés dans les locaux scolaires aux termes de la circulaire du 30 mars 1976, qui permet l’utilisation des locaux scolaires par les enseignants étrangers.

Le financement est assuré par les pays étrangers pour ce qui concerne les postes (enseignants et encadrement) et les manuels dont se servent les enfants. Le fonctionnement quotidien est assuré par l’école d’implantation : les maîtres étrangers doivent avoir à leur disposition les mêmes moyens que leurs collègues français. Les différents accords précisent que l’enseignement spécifique que représente les E.L.C.O. doit tenir compte des principes généraux de l’Education Nationale française ; l’obligation du "respect par les enseignants étrangers des dispositions générales et usages dans les écoles françaises" est rappelée dans la circulaire de 1975.

L’objectif des E.L.C.O. est de permettre aux élèves de mieux s’insérer dans le système éducatif, tout en maintenant des liens avec leurs racines.

Etat des lieux sur LYON

Le turc appris ainsi dans un cadre réglementé constitue un facteur essentiel de l’élaboration et du maintien dynamique de l’identité, en ce qu’il structure un rapport spécifique et une sensibilité particulière à la langue turque. A l’heure actuelle cette langue se meurt dans les arrondissements de la ville de Lyon. La froideur de certaines directeurs d’établissement d’écoles primaire, la passivité de quelques parents, la non visibilité des lieux des cours turcs ont entraîné la démotivation même chez les personnes les plus volontaires.

La classe de turc qui existait depuis plus de 5 ans dans le 6ème arrondissement à l’école élémentaire publique Louis Pradel devrait pourtant demeurer !

Sous prétexte de pression démographique et par manque d’anticipation et d’organisation des services de coordination de l’éducation du consulat turc de Lyon, on peut constater qu’il n’existe AUCUNE CLASSE d’ouverte dans une ville aussi grande que LYON.

Pourtant dans une commune comme Villeurbanne les élèves suivant ces cours le font dans une classe avec plus de 30 élèves. Ces effectifs pourraient être mieux répartis sur le territoire grâce à un travail de recensement et de répartition...

Le Turc comme les autres langues « rares » ou à faible recrutement (breton, latin, grec, italien, chinois, russe, allemand, etc) doit être offert au plus large public possible ». Les parisiens, les strasbourgeois et les gens du nord ont plus de chance de ce côté car ils ont la possibilité de faire initier leurs enfants à la langue turque.

La communauté turcophile de Lyon devrait avoir une attention particulière par les hautes instances sinon quel est l’intérêt d’accueillir autant d’instituteurs à la charge financière de l’Etat turc ?"

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