samedi 4 décembre 2021
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Le nouveau président du parti turc CHP amorce une réforme

par Nicole Dupont pour le service français

lundi 24 mai 2010 | par Hakan



Le nouveau président du parti turc CHP amorce une réforme

Elu la veille à la présidence du CHP, principal parti turc d’opposition, Kemal Kilicdaroglu a amorcé dimanche une réforme afin de tenter de regagner le terrain perdu au profit de l’AKP, le parti au pouvoir.

Klicdaroglu, ancien fonctionnaire de 62 ans, a été élu en remplacement de Deniz Baykal, piégé par une vidéo d’alcôve, et les délégués du CHP ont approuvé dimanche la composition de la nouvelle assemblée de leur formation.

Tout en se conciliant l’élite laïque, plus militante, le CHP s’est, sous Baykal, aliéné des électeurs des villes, appartenant à la classe moyenne, en s’opposant fermement aux réformes inspirées par l’Union européenne et mises en oeuvre par l’AKP pour réduire l’influence de l’armée et libéraliser l’économie.

Le parti AKP, qui gagne du terrain sur l’électorat du CHP dans les milieux moins aisés, a remporté à une forte majorité les élections législatives de 2007 et il est donné favori pour 2011. Parfois accusé d’ambitions islamistes, il s’en défend.

Parmi ses 80 membres, la nouvelle assemblée du CHP, approuvée dimanche par les délégués du parti, comprend peu de figures de la vieille garde conservatrice.

Des laïques radicaux, tels que Mustafa Ozyurek, qui avait réclamé le maintien de Baykal à la tête du parti, et le vice-président Onur Oymen, représentant d’une tendance nationaliste opposée à des réformes économiques et politiques, ont été écartés.

Parmi les figures plus jeunes et moins connues, la nouvelle assemblée comprend Umut Oran, un homme d’affaires partisan de réformes et Gursel Tekin, président de la section d’Istanbul du CHP.

"J’ai respecté un certain équilibre en préparant la liste. Nous cherchons les moyens de ramener le CHP au pouvoir", a dit Kilicdaroglu à des journalistes.

Mais en signe de continuité, le secrétaire général, Onder Sav, a conservé son siège à l’assemblée du parti.

Kilicdaroglu, candidat unique à l’élection de samedi, a contraint à la démission des dirigeants de l’AKP en dénonçant plusieurs affaires de corruption.

Selon un sondage d’opinion publié cette semaine, il pourrait porter l’électorat du CHP au dessus de 30% contre 21% aux dernières élections législatives.

Créé par Kemal Atatürk, père de la Turquie moderne, le CHP a été accusé d’immobilisme sous Baykal.

Source Reuters

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