samedi 3 décembre 2022

Turcophobes, nous ??

La BNP soupçonnée de desseins inavouables pour Sciences Po

Quand la presse française glisse sur le populisme

Publié le | par Behor | Nombre de visite : 632 |

Où il suffit que la Turquie apparaisse dans un projet quelconque pour que les esprits éternellement inquiets s’interrogent, s’échauffent, s’insurgent, se posent de multiples questions, redoutent des actions sombres, obscures et inavouables de sa part.

L’ouverture d’une chaire consacrée à la Turquie à l’Institut d’Etude Politique de Paris (Sciences Po), immédiatement vilipendée par les ultra-nationalistes arméniens, provoquerait des remous dans la presse française.

Après le Canard enchaîné, France Soir consacre jeudi 4 octobre sa une à ce "cas d’école". Pour ce quotidien, les choses sont claires : La Turquie s’offre Sciences Po et la BNP "soutient financièrement" cette initiative.
Pierre Franck, auteur de l’article, s’interroge sur "les raisons qui poussent cette banque à s’investir d’un coup dans un domaine très politique". Et il reprend les propos de Pierre Mariani publiés le 7 juin dernier dans le quotidien Radikal, qui explique que cette chaire a pour but d’améliorer l’image de la Turquie. "Et quoi de mieux, note le rédacteur de l’article, que la création d’une chaire dans une école qui forme les élites de la nation pour améliorer l’image d’un pays" ?
Comme le souligne la légende d’une photo de l’article, grâce à ce nouvel enseignement, les "bons" élèves de Sciences-Po, pourront mieux connaître la Turquie contemporaine...et mieux l’apprécier" !

On reste confondu devant ce genre de procès d’intention. Il est tout à fait normal, pour Pierre Franck, qu’un pays comme la Turquie ait subit une campagne de calomnie d’un rare violence, analogue dans ses termes, ses propos et sa virulence vipérine, aux campagnes antisémites d’avant guerre.

Cette campagne a ravivé les bas instincts racistes et elle a même été reconnue comme telle par une de ses auteure : Sylvie Goulard, qui reconnait maintenant que les arguments utilisés contre l’entrée de la Turquie en Europe reposaient essentiellement sur des bases xénophobes de bas niveaux, bien que la Turquie soit un pays somme toute normal, moderne et industriel.

Par contre, il paraît sembler indécent à Pierre Franck que la BNP, devenue propriétaire de la Türk Ekonomi BankasI (TEB) ose avoir le dessein de rétablir la vérité sur des critères plus objectifs que des campagnes de haine xénophobe ?

Que craint il ? que les turcs s’emparent de nos chères têtes blondes de Sciences Po pour les transformer en Janissaires [1] ?

Qu’ils leur inoculent des maladies ?
Qu’ils leur reformatent le cerveau, telle la vénéneuse Anti France chère à l’Action Française ??

Allons, un peu de retenue et surtout un peu de décence : le monde vous regarde.


[1Janissaire = Yeniceri. Littéralement "Nouvelles troupes"


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