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Analyse : Le gasoil promis à 1YTL en Turquie !?

jeudi 19 juillet 2007 | par Laurent



Les élections en Turquie approchent à grand pas, et comme à chaque fois, beaucoup de promesses sont faites. La dernière à la mode concerne le prix du gasoil.

Le précurseur dans le domaine, Genç Parti, a comme propagande de campagne le gasoil à 1YTL au lieu des 2YTL actuel. Très rapidement d’autres, et pas des moindres, se sont alignés comme DP et MHP. Mais est-ce vraiment possible ?

Regardons rapidement le marché. Actuellement le prix du baril de pétrole à pratiquement atteint la barre des 75$. Il a plus que triplé en l’espace de dix ans, et ça ne va pas en s’arrangeant. Les guerres qui frappent les pays producteurs et une consommation toujours plus importantes dans le monde contribuent fortement à cette pente croissante des prix. Dernière en date, la baisse imprévue des stocks de carburants aux Etats-Unis. Cette nouvelle à remis le feu hier à cette matière première en l’espace de quelques heures. Les analystes voient le prix du baril très prochainement à 80$, sachant qu’il avait déjà atteint, l’année dernière, le prix de 78,40$.

Alors , est-ce possible que le gasoil en Turquie soit à 1YTL ?

La réponse est : malheureusement tout est possible en Turquie ! Mais le cout économique de cette promesse serait catastrophique pour le pays. La consommation en pétrole exploserait ce qui aurait des répercutions directes sur le déficit budgétaire, car il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas un pays producteur de pétrole. Il faut donc l’importer ! Nos dettes vers les pays producteurs rendraient notre économie encore plus dépendant des pays étrangers qu’elle ne l’est. L’économie serait fragilisée à tout jamais.

Même le prestigieux journal financier britannique « Financial Times » a accordé un article sur le sujet. Il est dit en quelques mots que c’est « la promesse électorale la plus couteuse de Turquie ».

La guerre des partis est lancée et les élections sont pour dimanche. Tout est permis pour ceux qui craignent de ne pas pouvoir passer le barrage des fameuses 10% de voix nécessaires pour participer au parlement, même la faillite du pays !

par Laurent

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