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lundi 16 mai 2022

Accords de normalisation : la Turquie demande des "explications" à l’Arménie

Publié le | par Hakan |

Accords de normalisation : la Turquie demande des "explications" à l'Arménie

La Turquie a demandé vendredi des "explications" à l’Arménie concernant une décision de la Cour constitutionnelle arménienne, qui remet en cause selon Ankara les accords historiques de normalisation entre les deux pays.

La décision arménienne "contredit l’esprit et la lettre des protocoles" de normalisation signés par les deux pays, a déclaré à la presse le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

"Le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian m’a dit au téléphone que la décision (de la Cour) ne contrevenait pas aux points convenus dans les protocoles. Mais nous voulons y voir plus clair, et avoir des explications à ce sujet", a-t-il dit.

Les protocoles signés en octobre visent à établir des relations diplomatiques et à rouvrir la frontière commune, en mettant fin à une longue hostilité concernant les massacres d’Arméniens sous le régime ottoman, pendant la Première guerre mondiale, que l’Arménie qualifie de "génocide", terme que récuse Ankara.

La question du "génocide [1]" a refait surface le 12 janvier lorsque la Cour constitutionnelle arménienne a approuvé les protocoles, mais en précisant qu’ils "ne doivent pas être lus" comme étant en contradiction avec la Constitution de l’Arménie, qui fait référence au "génocide arménien de 1915 dans la Turquie ottomane et dans l’Arménie de l’Ouest."

Outre la question du prétendu génocide, il se pose le problème de la référence à l’"Arménie de l’Ouest", qui constitue pour Ankara une revendication territoriale inacceptable sur les régions est du pays.

La Cour constitutionnelle arménienne a aussi précisé que les protocoles ne concernent par de tierce partie, alors qu’Ankara estime que la réconciliation avec Erevan est liée à une solution au conflit sur le Nagorny Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, allié traditionnel de la Turquie.

Source avec leMonde


Les événements de 1914-1922

Des affrontements inter-ethniques et des déplacements forcés de populations en Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, ont fait plusieurs centaines de milliers de morts parmis les Turcs et les Arméniens. L’Empire ottoman était alors engagé dans la Première Guerre Mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Empire Austro-Hongrois. Dès 1914, des Arméniens ottomans ont massivement pris le parti des Russes, contre les Turcs, se livrant à des massacres de masse et à des pillages dans l’est de l’Anatolie. A la suite de ces événements, le gouvernement ottoman décida d’éloigner une partie de la population arménienne des zones de front et à risque. Ce transfert se solda par un lourd bilan humain.

La Turquie et de nombreux historiens rejettent catégoriquement la thèse controversée d’un "génocide" que le gouvernement ottoman aurait perpétré contre la population arménienne de l’Empire. Cette thèse, défendue par les nationalistes arméniens, est aujourd’hui instrumentalisée afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie, notamment pour entraver la perspective de son adhésion à l’Union Européenne.


[1Définition de « génocide » par le Petit Larousse illustré : « Crime contre l’humanité tendant à la destruction de tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux. » Sur Wikipedia, on trouve, en plus, l’idée d’un crime « systématique et programmé ».

Le terme apparait en 1944. A l’époque, c’est un néologisme : à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Raphaël Lemkin, juif d’origine polonaise, professeur de droit aux Etats-Unis, crée le mot « génocide » en associant la racine grecque « genos » (« naissance », « genre », « espèce ») et « cide », suffixe d’origine latine, qui implique l’idée de tuer.

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