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lundi 16 mai 2022

Rapports (1918) d’officiers russes relatifs aux atrocités commises par les Arméniens

Publié le | par Hakan |

Rapports (1918) d'officiers russes relatifs aux atrocités commises par les Arméniens

Nous vous présentons un résumé des rapports (ou mémoires) de trois officiers russes de l’armée tsariste en poste à Erzurum (au nord-est de l’Anatolie), durant la Première Guerre Mondiale. A cette époque, la province (vilâyet) d’Erzurum était beaucoup plus étendue qu’elle ne l’est actuellement. Elle englobait celle d’Erzincan, et s’étendait en partie sur les provinces de Gümüshane (Bayburt), de Bayazit (Igdir, Kulp), et d’Artvin (Yusufeli). Sur le plan administratif, l’Anatolie était divisée en vilâyets, en 1864. [1] Erzurum fut le siège d’affrontements lors de cinq guerres turco-russes de 1807 à 1917, tombant sous la domination tsariste pas moins de trois fois (1828, 1855, 1877). Le Traité de Yesilköy (San Stefano, 1878) en confia l’administration à la Russie, et elle fut rendue à la Turquie en 1918, après la conclusion du Traité de Brest-Litovsk.

La guerre avec la Russie en 1877-1878 fut le "plus grand désastre" [2] jamais rencontré au cours de l’Histoire ottomane. Bien que la province d’Erzurum fut au centre de la région réclamée plus tard par les militants arméniens, la majorité de la population d’Erzurum était musulmane. [3] Cette province se trouvait à la frontière avec la Russie, et l’administration ottomane craignait grandement que quelques membres, jusqu’alors loyaux (sadik), du groupe religieux (millet) arménien, ne se constituent en cinquième colonne.

Si la guerre de 1877-78 fut une calamité pour la population turco-musulmane de la région, elle affecta la population arménienne de manière différente. Non seulement des bandes armées d’Arméniens attaquèrent des villages musulmans laissés sans protection (en l’absence de Turcs valides en état de les défendre), mais l’invasion tsariste créa également des occasions supplémentaires pour les Arméniens de faire de bonnes affaires.

La Première Guerre Mondiale ramena une fois de plus les troupes russes à Erzurum et ses environs. Dès les premiers mois, la guerre se révéla être un désastre pour l’Empire ottoman. L’offensive turque, destinée à encercler les forces tsaristes du Caucase, se termina par un échec. Une armée turque tout entière fut détruite, à cause d’effroyables conditions hivernales (ce désastre coûta la vie à 90 000 soldats). L’échec des Britanniques et des Français aux Dardanelles (où le rôle de Mustafa Kemal fut déterminant) et les victoires ayant conduit à la prise de Bitlis et de Mus (dérangeant grandement les calculs du Commandement Russe) contribuèrent sans doute momentanément à relever psychologiquement le peuple turc. Mais en 1917, un événement politique d’importance mondiale survînt : la Révolution Russe. Elle fut suivie en octobre de la prise du pouvoir par les Bolcheviques. Les armées russes lentement se désagrégèrent...

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Au cours de ces événements, trois officiers tsaristes furent fait prisonniers de guerre :
(a) le lieutenant-colonel Tverdo Khlebov, Commandant en second des Fortifications d’Erzurum et de Deveboynu, et Commandant du deuxième Régiment d’Artillerie de la forteresse d’Erzurum ;
(b) le Capitaine Ivan Gokilevich Plat ;
(c) le Dr. Khoreshenov.

Le rapport du lieutenant-colonel Tverdo Khlebov est daté du 16 (29) avril 1918, et couvre les événements de la période comprise entre la formation du Deuxième Régiment d’Artillerie de la forteresse d’Erzurum (russe), et la reprise de la ville par les Turcs. L’original russe du rapport se trouve dans les documents relatifs à la Première Guerre Mondiale dans les archives du bureau d’Histoire Militaire et des Etudes Stratégiques (Askeri Tarih ve Stratejik Etüd Baskanligi) du Chef d’Etat-Major Général Turc (T.C. Genel Kurmay Baskanligi).

Cet officier tsariste de haut rang commence son compte rendu en déclarant que l’armée russe du Caucase se retira du front en décembre 1917 (p.4). Il ajoute que "quarante officiers restèrent sur place, pour garder environ 400 canons qui n’avaient pu être transportés et qui avaient dû être abandonnés par les soldats". Les officiers attendaient les ordres de leurs supérieurs afin de, soit recevoir un nouveau contingent d’artilleurs, soit abandonner leurs positions. Le deuxième Régiment d’Artillerie de la forteresse d’Erzurum fut formé, après que le Premier Régiment se fut retiré. C’est lors de ces circonstances que l’Association Arménienne se dénomma elle-même "l’Union Militaire Arménienne", et 400 Arméniens furent incorporés par le Commandement de l’armée à ce Régiment d’Artillerie. Quelques uns d’entre eux "s’échappèrent et se dispersèrent, tandis que d’autres assumèrent les devoirs des sentinelles".

Peu avant le retrait des troupes russes la guerre civile avait éclaté dans la région nord du Caucase, ce qui amena la formation d’un Gouvernement Provisoire de Transcaucasie à Tiblissi, qui annonça que de nouveaux contingents militaires séparés seraient formés, à partir de nationalités différentes (p.5). En attendant que soit donné l’ordre précisant quel groupe national constituerait les contingents d’artillerie, celui d’Erzurum resta mélangé, comme auparavant. C’est à dire que "les officiers en charge étaient Russes, et les soldats Arméniens". Mais les contingents portaient tous des noms russes, et les officiers recevaient leur solde d’un bureau de la trésorerie russe. "Les soldats manquaient de discipline, désertant, se livrant au pillage et au vol, en menaçant ouvertement leurs officiers".

Un certain Colonel Torkom, dont le Lieutenant-Colonel Khlebov avait entendu dire qu’il était un Arménien de Bulgarie, fut nommé en février 1918 Commandant du Quartier Général d’Erzurum. Au mois de janvier, un groupe de soldats arméniens avaient déjà attaqué la maison et rançonné un des citoyens musulmans éminents d’Erzurum, et l’avaient tué. En conséquence, le Lieutenant-Général Odishelidze (originaire de Géorgie) convoqua tous les officiers et demanda leur concours pour mettre fin aux "actions indisciplinées et aux cruautés perpétrées par la soldatesque arménienne" (p. 6). Il ajouta que sinon il serait obligé de distribuer des armes aux Turcs pour qu’ils puissent se défendre eux-mêmes. Le colonel arménien Torkom, de son côté, organisa un défilé de soldats arméniens, et ordonna des exercices d’artillerie comme moyen de faire pression sur les Turcs. Pendant le défilé, le colonel lut une déclaration adressée aux Turcs, en arménien. Ne connaissant pas la langue arménienne, "les officiers russes n’en comprirent pas un mot". Ils n’apprirent le contenu de cette déclaration que plus tard. Le colonel arménien avait apparemment dit "qu’un état arménien avait été institué (il voulait dire à Erzurum), et que lui-même était à la tête du gouvernement". Lorsque le Commandant en Chef apprit ceci, il ordonna au colonel arménien de quitter Erzurum.

Il y eut des rapports simultanés déclarant que les Arméniens "tuaient les Turcs sans défense à Erzincan, qui s’enfuyaient vers Erzurum", la nouvelle que l’armée Ottomane avançait les ayant atteints. Les armes que les Arméniens utilisaient leur avaient été données, soit en provenance des dépôts militaires russes à Erzurum ou dans les régions avoisinantes, soit sur le front même, provisoirement, et pour les garder en sûreté, pour être restituées en cas de besoin. Les rapports, remis à leur retour au Commandant en Chef par les officiers russes qui furent les témoins de ces événements, révélèrent qu’environ "huit cents Turcs furent tués" ; il n’y eut qu’une victime arménienne, tuée en légitime défense par un Turc.

Les officiers russes apprirent plus tard que plusieurs Turcs sans défense du village d’Ilica (près d’Erzurum) furent aussi massacrés. Le 20 février 1918, de nombreux Turcs furent rassemblés dans les rues par des soldats arméniens et par la milice, et conduits vers une destination inconnue. Lorsqu’il s’enquit de l’endroit où on les menait, il fut répondu au Lieutenant-Colonel Khlebov qu’ils "allaient déblayer la neige des voies de chemin de fer". On informa par la suite le Commandant en Chef que les Turcs qui avaient été envoyés comme travailleurs, généralement en direction du nord-est de Yanikdere, soit-disant pour déblayer la neige des voies ferrées, furent massacrés et aucun d’eux n’en reviendrait.

C’est le même jour, vers trois heures de l’après-midi, que le Lieutenant Lipsky communiqua par téléphone au Lieutenant-Colonel Khlebov qu’un groupe de soldats arméniens des casernes de Yakudiyye "frappaient des Turcs dans la cour même de la caserne", avec l’intention probable de les tuer. Alors que le lieutenant russe avait essayé de les sauver, on lui avait tiré dessus, et un officier arménien présent refusa tout secours destiné à sauver les Turcs. Alors que Khlebov se précipitait à l’endroit signalé, prenant avec lui trois autres officiers, il rencontra le Lieutenant Lipsky et le maire russe Stavrovsky, qui leur dit que les Arméniens empêchaient les autres d’entrer dans la cour de la caserne, et qu’ils recherchaient un Turc blessé qu’ils connaissaient personnellement. Lorsque Khlebov poursuivit sa recherche, et finalement entra dans la caserne, il trouva environ "soixante dix autres Turcs enfermés dans les bains, attendant pleins de crainte et de terreur" (p. 8). Une enquête ultérieure montra qu’un Arménien, officier de réserve du nom de Karagudayev, de l’unité d’infanterie attachée au régiment d’artillerie, était le "planificateur" des événements, et qu’il avait aussi "confisqué, avec l’aide des soldats arméniens, les biens des personnes" lorsque celles-ci recevaient l’ordre de quitter leurs demeures. Les Arméniens, ainsi, continuèrent d’exterminer les gens chaque fois que les circonstances le permettaient et "mirent le feu au marché turc" (p. 9). Khlebov arrêta personnellement et remit au Commandant en Chef un Arménien qui avait tué un Turc près du fort de Tafta.

Les officiers d’artillerie russes de haut rang présentèrent un rapport commun au Commandant en Chef, "lui demandant la permission de quitter Erzurum puisqu’ils étaient finalement impuissants face aux atrocités commises par les Arméniens, et qu’ils ne voulaient pas déshonorer leur nom en ne pouvant être que de simples spectateurs". Le Commandant en Chef répondit qu’il "avait reçu un télégramme de Vehip Pacha, le Commandant Ottoman, l’informant de l’ordre qui lui était donné de reprendre Erzurum et d’aller de l’avant, et que les atrocités commises par les Arméniens contre les habitants de cette région ne peuvent pas être arrêtées d’une autre manière". Entre temps, le Gouvernement Transcaucasien "demanda de faire la paix avec les Turcs", et le Commandant de l’Empire Ottoman sur le front oriental exprima sa joie à propos de l’offre de paix, en ajoutant que la proposition avait été transmise au Gouvernement Ottoman.

Lors de la demande conjointe des officiers russes de recevoir la permission de partir, le Commandant Odishelidze communiqua (p.10) avec le Ministre des Affaires Etrangères Kekechkouri et le Commandant Lebedinsky, qui répondirent que les atrocités devaient prendre fin, que le Dr. Zavriev et le (Dashnak) Antranik [4] allaient être envoyés sur place, et que les officiers russes devaient rester à Erzurum pour le moment. Les officiers y restèrent sur ordre supérieur tandis que les négociations de paix entre les Gouvernements Ottoman et Caucasien débutèrent à Trabzon (Trébizonde) le 2 mars 1918. Le Commandant russe révéla à son état-major qu’il n’envisageait pas un conflit armé contre les Turcs, qu’ils devraient rester à Erzurum jusqu’à la fin des pourparlers de paix, et que les armes et l’équipement seraient soit ramenés en Russie, soit remis aux Turcs (selon les termes de l’accord), mais que si les Turcs essayaient de reprendre Erzurum avant la signature de l’accord, tous les canons devaient être détruits (p. 11).

Khlebov relate ensuite que le 25 février 1918, des officiers furent témoins de l’exécution "d’environ dix ou douze Turcs par les Arméniens" près de la gare, qu’il tâchèrent de les sauver, mais qu’il furent menacés avec des armes, et que les Turcs furent tués de sang froid. Le Commandant ordonna le jour suivant la mise sur pied d’une Cour Martiale et décréta la loi martiale. Mais un Arménien devint le président de la Cour nouvellement créée tandis que le Colonel français Morel, connu pour être pro-Arménien, devint le Commandant des Fortifications d’Erzurum. Le Colonel français annonça qu’il ne permettrait à personne de quitter Erzurum, et qu’il attendait que tous les hommes valides qui n’étaient pas Turcs combattent contre ceux-ci. Sokhumian, un autre Arménien, membre de la Cour Martiale, proclama qu’il "tirerait lui-même sur ceux qui envisageaient de quitter Erzurum", et que ceux qui avaient l’intention de s’échapper secrètement seraient arrêtés par les unités arméniennes déjà en place à Koprüköy et Hasankale (p.13). Khlebov rappelle alors que la loi martiale et la Cour Martiale "avaient été spécialement destinées à être mises en fonction par les officiers russes".

Dans ces circonstances, il n’est pas surprenant qu’il y eut "des actes de violence et de pillage" de la part des Arméniens. Les officiers russes ont "essayé de protéger, dans les limites de leur possibilité, des Turcs désarmés et sans défense". Khlebov relate que beaucoup de ses hommes sauvèrent la vie des Turcs qui étaient "arrêtés et dépouillés". Il déclare aussi que la Cour Martiale, par crainte de l’agressivité des Arméniens, ne put sévir contre aucun d’entre eux. Les Turcs répétaient que la Cour, sous l’influence des Arméniens, ne siégerait pas afin de ne pas avoir à pénaliser des Arméniens. Même un Arménien, officier de réserve du nom de Karagudayev, qui avait été arrêté précédemment, fut relâché sur l’ordre du Colonel Morel, qui prétendit que des enquêtes ultérieures avaient apporté la preuve de son innocence. Le Colonel Khlebov, cependant, dit que lui et d’autres officiers russes furent les témoins de ses crimes, et qu’on ne les interrogea même pas afin d’établir les faits (p.14). Khlebov avait remis le dossier au Colonel Alexandrov. Il ajoute : "Même le meurtrier que j’avais arrêté à Tafta fut relâché".

Cependant le Colonel français craignait que la population turque d’Erzurum se révolte. De plus, Antranik était arrivé le 2 mars 1918. Le Dr. Zavriev, Vice-Commissaire pour les Territoires Occupés, arriva également. Khlebov dit qu’il apprit plus tard du Commandant Turc qu’Antranik avait été condamné à mort par le Gouvernement Ottoman. A son arrivée, le Colonel Torkom ainsi que le Colonel Dolukhanov apparurent aussi. Ce dernier apparemment dit à Khlebov qu’il était, en tant qu’Inspecteur d’Artillerie, le supérieur du Commandant russe. Comme Khlebov avait le rang de Commandant de Division, il lui dit qu’il n’avait besoin d’aucun supérieur, et qu’il démissionnerait s’il insistait pour qu’il en soit autrement. Dolukhanov, de son côté, se proclama fonctionnaire responsable du contrôle de l’artillerie à Erzurum. Les décisions qu’il transmit à Khlebov étaient "prises au nom d’Antranik". Dans ces circonstances, un autre Arménien, le Lieutenant Janbolatian, qui servait sous les ordres de Khlebov, s’immiça dans les délibérations de son supérieur, le Commandant russe. Les Arméniens, selon toute apparence, voulaient garder les unités russes d’artillerie tandis que Khlebov pensait les ramener avec lui en Russie. Khlebov rapporte : "Les Arméniens visaient à prendre les fonctions de commandement, tout en laissant aux officiers russes la tâche d’exécuter leurs décisions". Il était évident qu’ils poursuivaient leurs propres objectifs en se servant des Russes qui se trouvaient là. Mais ils cachaient leurs buts. S’ils les avaient révélés, déclare Khlebov, la majorité des Russes se seraient retirés de leurs postes et les unités se seraient retrouvées sans officiers. Les Arméniens craignaient un tel retrait. Ils "menacèrent même d’éclabousser de sang tout Erzurum" au cas où les officiers d’artillerie abandonnaient leurs postes (p. 16).

Les Russes, de leur côté, "se rencontrèrent en secret et décidèrent d’agir solidairement" au cas où les Arméniens leur demanderaient ouvertement de soutenir leur cause particulière. En conséquence, les officiers russes firent en sorte de vivre et de travailler ensemble, passant la plupart de leur temps à leur propre quartier général, dans la section musulmane de la ville de Yegenaga. Le Colonel français pro-Arménien, craignant un soulèvement musulman, surtout après l’arrivée d’Antranik, demanda aux Russes de quitter le quartier musulman et de venir vivre avec les Arméniens. Khlebov fait alors l’observation suivante : "Il ne faisait pas de doute que les Arméniens avaient l’intention de nous faire bombarder les quartiers musulmans, sous le prétexte que les Turcs se révoltaient".

Un tel transfert de quartier semblait impraticable pour trois raisons : (a) il semblait impossible de déménager dans la limite de temps prescrite ; (b) le retrait des officiers russes des quartiers musulmans de la ville conduirait à un massacre des Turcs par les Arméniens ; (c) les officiers russes se trouveraient habiter au milieu des Arméniens, en lesquels ils n’avaient pas confiance. Les officiers du Bataillon d’Artillerie de montagne, qui ne dépendaient pas du Commandement des Fortifications de la ville, déclinèrent l’offre arménienne pour les mêmes raisons. Les Arméniens, qui furent ainsi obligés "d’agir seuls", commencèrent à arrêter quelques personnes comme "instigateurs de rébellion". Suite à l’offre du Colonel Morel de bombarder la ville, Khlebov organisa une rencontre (le 6 ou le 7 mars) au cours de laquelle pour la première fois tous les Russes, deux officiers britanniques, le Colonel Morel, Antranik, le Colonel Zinkevich (le chef d’état-major d’Antranik), Dolukhanov, Torkom et le Dr. Zavriev prirent part. Khlebov déclara que la raison de l’invitation faite aux deux Anglais était de leur montrer pourquoi et comment les Russes et les Arméniens étaient en désaccord, et de voir dans quelle mesure les premiers pouvaient restreindre la cruauté de ces derniers. Convaincu que ses télégrammes n’atteignaient jamais leurs destinataires, et n’ayant pas de téléphone privé ou de système télégraphique dont il puisse disposer, il dévoila au cours de la réunion "tous les cas de brutalité perpétrés par les Arméniens". Il conclut ses remarques en les termes suivants : "Tous les officiers russes qui sont restés à Erzurum, et qui attachent du prix à leur honneur et à celui de leur uniforme, sont restés non pour cacher les atrocités perpétrées par les Arméniens, mais pour obéir à leurs supérieurs et servir la Russie. Mais pendant que nous étions à Erzurum, nous avons constamment réclamé de mettre fin à la sauvagerie arménienne et à cette honte". Il ajoute que les officiers russes qui prirent la parole après lui parlèrent dans le même sens.

Antranik répliqua que les Arméniens n’avaient d’autre intention que d’aider la Russie, que lui-même n’était venu à Erzurum que pour empêcher le retour de tout abus, et que si lui-même n’arrivait pas à retenir les Arméniens, il quitterait immédiatement la ville. Remarquant que les discours étaient traduits en plusieurs langues avec l’aide des interprètes, Khlebov et les autres officiers décidèrent d’attendre encore quelques jours pour vérifier "l’exactitude des paroles d’Antranik".

La deuxième rencontre se tint uniquement entre les officiers russes et le Dr. Zavriev. Khlebov résume l’entretien en ces termes :

"Contrairement à ce que les Arméniens pensent, le Régiment d’Artillerie est une entité russe, et non arménienne. Aucun des officiers ne s’est porté volontaire pour travailler pour les Arméniens, et aucun d’eux ne souhaite accomplir un tel service. Aucun d’eux n’a signé un engagement en vue d’un tel but, et aucun n’a signé de contrat. Que ce régiment soit russe ou arménien devrait être catégoriquement établi. Si c’est un régiment russe, des soldats russes devraient y être mobilisés, et s’il est arménien, alors ceux parmi les officiers russes qui souhaitent servir dans l’armée russe devraient obtenir l’autorisation de quitter ce régiment. Ceux qui ne veulent pas être assignés à un poste dans le Caucase devraient être retirés et envoyés sur un autre front. Et si la Transcaucasie a l’intention de faire sécession vis à vis du gouvernement russe, les Russes doivent être autorisés à partir puisqu’ils ne veulent pas rester en tant qu’officiers étrangers."

Il était entendu que tout officier russe pouvait présenter une demande de transfert. Par exemple, Yermolov, qui refusait de servir dans le bataillon arménien nouvellement créé demanda à être muté ailleurs. Le Colonel Morel, tout d’abord, essaya de le persuader de rester mais, n’ayant pas réussi à l’en convaincre, déclara sous la rubrique "Observations", de la demande de transfert de Yermolov que cet officier devait être renvoyé à l’Etat- Major car il ne lui était "d’aucune utilité". De plus, des pressions s’exercèrent pour qu’il quitte la ville dans les vingt quatre heures. Khlebov raconte que Yermolov fut déshonoré de cette manière parce qu’il avait refusé d’être au service des Arméniens, et qu’il avait ouvertement exprimé l’avis que le Colonel Morel, lui, était à leur service.

Khlebov eut l’occasion, le 22 mars 1918, soit dix jours après la reprise d’Erzurum par les Ottomans, de lire certains documents (p.22) qui révélèrent que le Dr. Zavriev était en faveur de l’autonomie pour les Arméniens, et qu’il comptait sur la coopération des officiers russes. Mais Khlebov déclare que ces officiers étaient des soldats et non des politiciens, et qu’ils n’avaient jamais eu de sympathie pour la guerre menée par les partisans arméniens. Il relate que la place du marché était constamment bouclée, que chacun semblait avoir peur, et qu’il n’y avait personne dans les rues du quartier musulman. Seules une ou deux boutiques près de la municipalité étaient ouvertes. En dépit des crimes évidents commis par des Arméniens, Khlebov note qu’aucun Arménien ne passa en jugement et ne fut trouvé coupable. Les crimes étaient généralement commis en dehors de la ville, les Turcs mentionnés comme "manquant" n’étaient jamais retrouvés. Les arrestations augmentèrent sous prétexte d’une révolte imminente. Lorsque Khlebov s’enquit auprès du Colonel Morel de la sécurité de ceux qui étaient arrêtés, ce dernier répliqua que quelques uns étaient envoyés à Tbilissi, et que d’autres étaient gardés à Erzurum. Khlebov note des détournements de fonds lors de l’approvisionnement en nourriture. Lorsque le beurre et l’huile étaient nécessaires pour le Régiment d’Artillerie, l’Arménien qui était responsable des dépôts ne voulait pas en donner. Mais si le sergent-major en demandait pour les troupes arméniennes, il les leur délivrait immédiatement.

Antranik, qui touchait lui-même le sucre, avait déclaré qu’il serait partagé en part égales, mais la distribution du sucre s’arrêta complètement. Tandis que les officiers russes se plaignaient de leurs conditions de vie, les Arméniens trouvaient toujours de la nourriture chaude et un lit. Lorsque les Russes demandèrent trois wagons pour le transfert de leurs affaires, ainsi que pour leurs familles, on ne les leur fournit pas, mais lorsque le moment vint pour les Arméniens de prendre la fuite, toutes sortes de véhicules et de moyens de transport leur furent procurés. Khlebov note que c’était très risqué d’envoyer des personnes, ou des biens, sans les faire accompagner par des gardes, parce que des Arméniens armés avaient l’habitude de tuer et de piller les voyageurs.

Les patrouilles et le travail de reconnaissance étaient maladroitement exécutés par les Arméniens. Au lieu de patrouiller, ils avaient pris l’habitude de passer leur temps à confisquer le bétail appartenant aux paysans. Leurs rapports de reconnaissance étaient toujours fabriqués de toutes pièces. S’ils indiquaient que le nombre des ennemis qui auraient attaqué la patrouille était de deux mille, en réalité il s’agissait certainement de moins de deux cents. Une fois, un officier arménien fit par téléphone un rapport indiquant qu’une unité militaire de quatre cents soldats avait attaqué son détachement. Il s’avéra que cet incident ne fut en fait causé que par deux individus non armés qui avaient quitté le village et s’en revenaient chez eux.

Ce fut après la seconde réunion des officiers que plusieurs d’entre eux demandèrent leur transfert. Khlebov écrit :

"Lorsque je remis leur demande de transfert au Colonel Morel, il devint furieux et dit qu’il empêcherait leur déplacement à l’aide d’une décision de la Cour Martiale (p. 26). Je répliquais que puisque les officiers russes étaient toujours maîtres des canons, ils pourraient réagir à de telles pressions et une telle violence en ouvrant le feu. Bien que j’aie clairement établi que leur désir d’être transféré devait être approuvé, leurs demandes de transfert étant légales et en ordre, le Colonel Morel répliqua qu’il les traiterait de la manière dont il avait traité Yermolov, qu’il ajouterait des remarques déshonorantes sur leurs demandes de transfert, et que ceux qui souhaitent en encourir les conséquences peuvent insister pour obtenir un transfert".

Khlebov ordonna à tous les officiers russes de se trouver des résidences plus proches les unes des autres de façon qu’ils puissent agir solidairement si les circonstances le rendaient nécessaire.

Le 11 mars 1918, on rapporta l’encerclement d’un détachement arménien. Le Colonel Morel ordonna à Khlebov de tirer sur les attaquants. Khlebov explique : "Mais je ne vis nulle part une colonne attaquante. Il n’y avait d’autre mouvement que celui des soldats arméniens s’enfuyant vers Erzurum en pleine panique... Les Arméniens, alors même qu’ils essayaient de s’enfuir, prirent le bétail des paysans non armés qu’ils tuèrent". Pendant ce temps les Arméniens dans la ville rassemblèrent tous les hommes, musulmans, y compris les vieux et les malades (p. 29). Lorsqu’on leur demanda ce qu’ils avaient l’intention d’en faire, il fut répondu qu’ils devaient aller déblayer la neige le long de la voie ferrée. Khlebov ajoute :

"Bien que mon nom ait été apposé sur la porte de mon appartement, un étudiant arménien accompagné d’un garde essaya d’entrer chez moi dans l’intention expresse de procéder à une fouille. Ne réussissant pas à entrer, il ne put emmener le vieux Turc, mon propriétaire. Mais il avait selon toute apparence usé de termes grossiers et indiqué que ces actions étaient entreprises sur ordre d’Antranik. Je fis ouvrir une porte pour permettre à mon propriétaire de passer de sa demeure dans mon appartement si le besoin s’en faisait sentir".

Des incendies fréquents s’allumèrent en plusieurs endroits de la ville. Lorsque Khlebov dit au Dr. Zavriev que les incendies n’avaient pas été éteints, et que même les Musulmans âgés et les malades étaient emmenés vers "une destination inconnue", on l’assura que l’on ferait le nécessaire pour les incendies, et qu’aucun citoyen musulman ne serait désormais expulsé de son foyer. Mais après minuit, le 12 mars, Khlebov fut réveillé et vit des Arméniens forcer l’entrée des habitations musulmanes et des Musulmans être traînés dehors.

Khlebov décida d’en parler au Colonel Morel le lendemain de bonne heure. Il avait l’intention de lui dire qu’au cas où l’officier français ne pouvait mettre fin lui-même à la brutalité des Arméniens, lui les forcerait à se tenir tranquilles en les menaçant du feu de son artillerie. Il pensa aussi à lui suggérer de mettre fin aux opérations militaires et d’informer le Commandant Ottoman qu’Erzurum leur serait remis d’ici quelques jours sans qu’il y ait de troubles. Accompagné du Capitaine Jultkevich, le Colonel Khlebov se dirigea donc vers le quartier général du Colonel Morel, qui était au lycée turc, (Mekteb-i SultânÎ). Cependant, comme il approchait du bâtiment, il vit que tout le monde s’enfuyait (p. 33). Le Consulat américain, situé en face du quartier général, était en flammes. Le Colonel Morel et Torkom étaient déjà à cheval, et on mettait toutes leurs affaires dans une automobile et un bon nombre d’autres véhicules. Pour tout dire, le 12 mars, 1918, ils s’étaient complètement préparés à prendre la fuite. Khlebov écrit :

"Ce que je craignais était arrivé. Les Arméniens avaient réussi à s’échapper sous la protection des officiers russes et de l’artillerie. Tandis que les Arméniens massacraient et s’enfuyaient, les Russes étaient occupés à canonner les troupes turques qui avançaient... les fuyards arméniens, armés jusqu’aux dents, se dirigeaient vers Kars".

Ce n’est que lorsque les détachements ottomans atteignirent Erzurum et s’emparèrent de la ville que Khlebov apprit que "la Russie avait signé la paix avec les Turcs". De nombreux Turcs qui le rencontrèrent dans la rue remercièrent Khlebov pour leur avoir sauvé la vie. Ils exprimèrent de même des sentiments identiques à l’égard des autres officiers russes. Khlebov ajoute : "Sil n’y avait pas eu d’officiers russes à Erzurum, aucun Turc ne serait resté en vie au moment où les unités ottomanes reprirent la ville".

C’est ainsi que se termine le mémoire-rapport du lieutenant-Colonel Tverdo Khlebov. Il est daté du 16 (29) avril 1918.

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Le deuxième document russe est un autre rapport écrit par Khlebov, confirmant les informations et les évaluations précédentes. L’original russe se trouve dans les documents se rapportant à la Première Guerre Mondiale, dans les mêmes archives mentionnées ci-dessus.

Ce deuxième document se concentre sur les événements qui eurent lieu jusqu’à la reprise d’Erzurum par les Turcs, Tverdo-Khlebov dit tout à fait clairement une fois de plus que "les Arméniens ont commis des actes d’agression dans cette ville", insistant sur le fait qu’il y eut "du pillage et du sang versé", il ajoute que la pression des Russes empêcha les Arméniens de commettre de tels actes ouvertement. Il relate comment "les Arméniens commencèrent à fouiller les demeures des Turcs, ostensiblement à la recherche d’armes, mais se livrant en réalité au pillage et à l’amas de butin". Il relate aussi le cas d’un vieux Turc que l’on traîna dans la boue d’un côté de la rue à l’autre. Il ne fut sauvé que "par l’arrivée d’une patrouille commandée par un officier (Russe)." Tverdo-Khlebov narre le cas du meurtre de Bekir Efendi, un Turc éminent de la ville. Il cite Odishelidze, le Commandant en Chef russe, originaire de Géorgie, qui apparemment dit aux dirigeants arméniens que la guerre n’était pas encore terminée, et qu’un Congrès pour la paix ne tenait pas encore ses assises, en conséquence rendant les Arméniens d’autant plus responsables d’observer la loi. Ce fut le même Odishelidze qui (p.8) dit à l’officier russe qu’un tel avis ne troublait pas le moins du monde les Arméniens, qui tuèrent "plus de 800 Turcs désarmés". Ils furent "abattus comme du bétail" et jetés dans de grandes fosses. Tverdo-Khlebov nous rapporte qu’un Arménien recouvrant la fosse avec de la terre disait à l’un de ses complices que la fosse pourrait contenir dix personnes de plus, et les autres Arméniens coupèrent immédiatement la tête de dix Turcs, jetèrent leurs corps dans la fosse, et en ouvrirent une autre tout à côté.

Il décrit alors comment les Arméniens battant en retraite détruisirent en route les villages musulmans et tuèrent leurs habitants. Ce fut le Commandant Odishelidze qui vit les Turcs du canton d’Ilica, y compris des enfants, dont les têtes avaient été tranchées à la hache. Le Lieutenant-Colonel Griyaznov raconta aussi à Tverdo-Khlebov qu’"il vit le 11 mars 1918 un monceau de cadavres, mesurant 25 mètres sur 35, d’environ 1,5 mètre de haut, dans la cour de la mosquée du village (p. 10). Il ajoute que beaucoup de cadavres portaient la trace de sévices sexuels, des balles de fusil enfoncées dans les organes". Griyaznov s’entretint apparemment avec les quelques jeunes filles arméniennes employées pour le service du téléphone, espérant qu’elles auraient honte et influenceraient les hommes pour qu’ils s’abstiennent de tels actes. Mais il fut abasourdi de voir qu’elles s’en "esclaffèrent de joie" au lieu de faire montre de signes de chagrin ou de pitié. Un Arménien a relaté le cas d’une femme turque "clouée vivante sur un mur, le coeur arraché et placé sur sa tête" (p.11 ). Environ 100 Turcs (sur 270) furent sauvés de la mort grâce à l’intervention de Tverdo-Khlebov. Il attribue la responsabilité de tels actes à un certain Arménien, officier de réserve du nom de Karagudayev. L’officier russe emprisonna un Arménien pour avoir tué un Turc. Lorsqu’on lui annonça que la loi requérait la peine capitale pour un crime de cette nature, l’Arménien coupable s’écria : "Comment un Arménien peut-il être pendu pour un Turc ?"

Tverdo-Khlebov raconte aussi que le bazar turc fut incendié par les Arméniens. Il déclare que le sang de beaucoup de Turcs fut versé juste avant le retrait arménien d’Erzurum. Il accuse de ces crimes, non seulement les bandits arméniens et les simples soldats, mais également l’élite des Arméniens. Mais il ajoute qu’il a rencontré plusieurs autres Arméniens cultivés qui reconnaissaient que ces pratiques iraient à fin contraire. Ces derniers, cependant, constituaient une minorité et furent stigmatisés comme "non Arméniens".

Le troisième document est signé par le Capitaine Ivan Gokilevich Plat et est destiné à son supérieur, le Lieutenant-Colonel Khlebov. L’original se trouve aussi parmi les documents relatifs à la Première Guerre Mondiale dans les archives du Chef d’Etat-Major Général Turc. Il se présente comme un officier prêt à coopérer à toute action visant à faire cesser les atrocités commises par les Arméniens. Il déclare aussi qu’il a réussi à se protéger contre des actes de violence par ces derniers. Il considère qu’il a bien de la chance d’être prisonnier des Turcs et non des Arméniens.

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Le quatrième document est signé du Dr. Khoreshenov. L’original se trouve, avec plusieurs autres, dans le dossier (Dosya) 74, Document No. 17 571 des Archives de l’Institut de l’Histoire de la Révolution Turque.

Il se rapporte aux "atrocités commises par les Arméniens de décembre 1917 au 8-21 mai 1918 dans le sancak d’Ahilkelek". Le Dr. Khoreshenov raconte que huit Musulmans non armés, venant du district d’Akbaba (près d’Arpaçay) furent brutalement assassinés, leurs yeux arrachés, leurs langues coupées, et leurs cadavres partiellement brûlés. Ensuite ils détruisirent entièrement les villages de Khorenya, Kokiya, Vareban, Tog, Okam, Kulalis, Patkana, Sagamo, Kuvasha, Alaca et Gumris, tuant la plupart des habitants et s’appropriant le bétail et les biens des paysans. Ceux qui survécurent furent mis dans un camp de concentration dans le district d’Ahilkelek. Le Dr. Khoreshenov termine en disant que les Arméniens se retirèrent lorsque les soldats turcs qui avançaient atteignirent le village de Karsak le 8-21 mai 1918. Il ajoute que, néanmoins, les Arméniens détruisirent les maisons des Turcs emprisonnés, et qui furent tués à cinq heures de l’après-midi. Les Arméniens jetèrent quelques-uns des cadavres dans une fosse remplie de chaux vive.

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Ceci sont les récits de trois Russes qui rapportent les atrocités commises par les Arméniens. Ils ne révèlent que la pointe de l’iceberg. Les Archives Turques contiennent d’abondants documents qui montrent les brutalités de toute espèce auxquelles les Turcs furent soumis. Une telle barbarie, étayée par des sources turques, fera l’objet d’autres travaux historiques et de nouvelles publications dont nous ne manquerons pas de vous tenir informés.


[1Justin McCarthy, Muslims and Minorities : the Population of Ottoman Anatolia and the End of the Empire, (Musulmans et Minorités : La population de l’Anatolie Ottomane et la fin de l’Empire), New York et Londres, New York University Press, 1983. Les vildyets correspondent approximativement aux régions géographiques de l’Asie Mineure. Il y avait Kastamonu et Trébizonde au Nord, le long des côtes de la Mer Noire ; Hüdavendigâr et Aydin à l’Ouest, c’est à dire au Sud de la mer de Marmara et à l’Est de la mer Egée ; Ankara, Konya et Sivas au centre ; Erzurum à l’Est ; Adana et Alep (Aleppo) au Sud ; Izmit et Biga (à l’Ouest) avaient le statut de sandjaks (sancak) indépendants.

[2Bilâl N. Simsir, The Genesis of the Armenian Question (La Genèse de la Question Arménienne), 2ème édition, Ankara, Société Turque d’Histoire, 1985, p.5.

[3Mc Carthy, op.cit., pp. 40-41, 70-71. L’excellente recherche entreprise par le professeur McCarthy sur les gains et les pertes de population, utilisant les outils statistiques et les appliquant aux données tirées des registres ottomans de la population, et d’autres sources, dément l’affirmation selon laquelle il n’y a pas de statistiques de la population de l’Empire Ottoman.

[4Mc Carthy, op.cit., pp. 40-41, 70-71. L’excellente recherche entreprise par le professeur McCarthy sur les gains et les pertes de population, utilisant les outils statistiques et les appliquant aux données tirées des registres ottomans de la population, et d’autres sources, dément l’affirmation selon laquelle il n’y a pas de statistiques de la population de l’Empire Ottoman.

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