Les protocoles Turco-Arméniens suivent leur cours...au grand dam des ultra-nationalistes arméniens.
Une des principales commissions parlementaires a rejeté vendredi une proposition de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA Dashnaktsoutioun [1]) qui voulait criminaliser la réfutation du terme de "génocide" pour qualifier les événements survenus entre Turcs et Arméniens entre 1914 et 1922
Cette proposition de loi fait suite à l’éventuelle tenue d’une commission d’historiens turcs et arméniens en vue d’étudier le différend historique turco-arménien.
Le Code pénal arménien prévoit déjà de lourdes amendes et jusqu’à quatre ans de prison pour négation publique des génocides et « d’autres crimes contre l’humanité ». Un amendement déposé par la FRA, le mois dernier, vise à étendre la peine maximale à cinq ans de prison et à l’appliquer à n’importe quelle personne. Cette loi vise tout particulièrement les historiens arméniens qui participeront à la commission avec les historiens turcs. Ainsi la FRA espère baillonner ces historiens dans le cas (probable ?) où les conclusions de la commission ne pencheraient pas pour l’applicabilité du terme de "génocide".
Les dirigeants de la FRA avouent eux même que le projet de loi est en relation directe avec les récents accords de normalisation des relations de l’Arménie avec la Turquie, farouchement attaqués par le parti nationaliste. Ils affirment clairement qu’ils sont dirigés contre la commission turco-arménienne d’historiens.
Le ministère de la Justice s’est opposé au projet de loi de la FRA. Vendredi, la commission a reporté l’examen du projet de loi à dans au moins deux mois, ce qui signifie que l’amendement ne sera pas proposé au Parlement avant février.
Le président de la commission, David Haroutiounian, a affirmé que cela créerait des « problèmes extrêmement graves » dans les négociations en cours avec la Turquie.
« D’ailleurs, je crois que la position arménienne sur cette question est si forte que nous n’avons pas besoin d’outils supplémentaires de défense pénale », a déclaré David Haroutiounian, l’ex-ministre de la Justice. « Le parti le plus fort n’a pas besoin de tels outils. »
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Question Arménienne
Les événements de 1914-1922
Des affrontements inter-ethniques et des déplacements forcés de populations en Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, ont fait plusieurs centaines de milliers de morts parmis les Turcs et les Arméniens. L’Empire ottoman était alors engagé dans la Première Guerre Mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Empire Austro-Hongrois. Dès 1914, des Arméniens ottomans ont massivement pris le parti des Russes, contre les Turcs, se livrant à des massacres de masse et à des pillages dans l’est de l’Anatolie. A la suite de ces événements, le gouvernement ottoman décida d’éloigner une partie de la population arménienne des zones de front et à risque. Ce transfert se solda par un lourd bilan humain.
La Turquie et de nombreux historiens rejettent catégoriquement la thèse controversée d’un "génocide" que le gouvernement ottoman aurait perpétré contre la population arménienne de l’Empire. Cette thèse, défendue par les nationalistes arméniens, est aujourd’hui instrumentalisée afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie, notamment pour entraver la perspective de son adhésion à l’Union Européenne.






