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Turquie : L’AKP tenterait-elle d’intimider l’opposition républicaine ?

mercredi 2 juillet 2008 | par TN-pige



Turquie : L'AKP tenterait-elle d'intimider l'opposition républicaine ?

C’est la mode ! "Turquie" rime avec "nationalistes". C’est le cas dans les grand médias européens mais aussi et surtout chez les organes de propagande des organisations turcophobes (groupes de lobbying arméniens ultra-nationalistes, organisations proches du PKK, etc.)

On crie à la "liberté d’expression", mais les Turcs ont attendu en vain les réactions choquées des mêmes penseurs et bien-pensants lorsque des journalistes critiquant l’AKP ont été poursuivis.

Ces événements plus qu’étranges qui se produisent en Turquie ont au moins un avantage ici, en Europe : Permettre au public de mieux voir où sont les priorités des uns et des autres mais aussi leur degré d’honnêteté.

Attendez vous donc à lire dans les jours qui arrivent des longs discours généralisateurs sur les Turcs, la Turquie et ces ultra-méga-giga-nationalistes qu’ils sont, ces "hordes barbares venues d’Asie" !


Enquête sur un supposé "réseau nationaliste" en Turquie

Depuis l’arrivée aupouvoir de l’AKP et le changement des dirigeants de la police, nommés par l’AKP, de nombreuses personnalités critiquant l’AKP se sont trouvées harcelées par des enquêtes de police et des perquisitions douteuses.

Dernier en date, deux anciens généraux turcs et un journaliste de renom ont été interpellés mardi à Ankara dans le cadre d’une enquête sur un réseau qui est soupçonné de vouloir renverser le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir en Turquie.

Hursit Tolon et Sener Eruygur sont deux anciens généraux quatre étoiles qui ont servi dans les plus hauts échelons de la hiérarchie militaire. Ils sont connus pour leur opposition au gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) à cause des activités anti-laïques du parti.

Interpellations

Le journaliste, Mustafa Balbay, est le représentant à Ankara du journal républicain Cumhuriyet, qui a souvent critiqué avec virulence l’AKP, pour ses différentes initiatives visant islamiser la Turquie. Les interpellations ont étrangement coïncidé avec le début du plaidoyer mardi devant la Cour constitutionnelle du procureur qui a lancé la procédure de dissolution de l’AKP pour ces mêmes activités anti-laïques.

Des policiers ont fait irruption dans les locaux du quotidien Cumhuriyet à Ankara pour procéder à une saisie. Le président de la Chambre de commerce d’Ankara, Sinan Aygün, a également été interpellé. Trois autres personnes ont été interpellées portant à sept le nombre de gens placés en garde à vue. Ces personnes devaient être amenées à Istanbul pour y être interrogées.

Explosifs ?

L’enquête sur l’existence d’un réseau ultra-nationaliste appelé Ergenekon, a débuté en juin 2007 après la découverte d’explosifs dans une maison à Istanbul. Des militaires en retraite, un chef de parti politique, des journalistes, des avocats font partie de la quarantaine de personnes interpellées dans cette affaire, toutes connues pour leur opposition à l’AKP.

Les procureurs n’ont toujours pas dressé d’acte d’accusation dans le cadre de cette enquête qui vise directement les opposants du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Mais on note que ces actions semblent porter leurs fruits en intimidant les détracteurs de l’AKP. Des médias turcs proches de l’AKP ont prétendu que ce "réseau projetait d’assassiner des personnalités qu’il considérait comme anti-nationalistes"(!).

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