Le consulat de Turquie à Strasbourg doit faire face à l’afflux de jeunes Turcs qui veulent régulariser leur situation relative au service militaire, avant la réforme qui va augmenter la taxe en cas d’exemption.
Le rush a surtout eu lieu en début de semaine. Du bouche à oreille, par la télévision ou les journaux, la communauté turque a appris qu’une réforme du service militaire allait être votée en Turquie et augmenter du simple au double les frais en cas d’exemption. « Jusqu’à présent, les jeunes Turcs qui vivent à l’étranger avaient la possibilité d’être exemptés du service militaire, obligatoire en Turquie, à condition de payer 5 112 € et d’effectuer un service réduit d’une vingtaine de jours, explique Serdac, 32 ans, qui travaille dans le secteur automobile à Mulhouse. La réforme qui vient d’être votée va doubler le prix de la taxe à partir du 1 er janvier. »
Depuis la fin de la semaine dernière, des centaines de jeunes Turcs affluent vers le consulat de Turquie à Strasbourg, pour retirer un dossier et s’engager à payer les 5 112 € avant la mise en application de la réforme. « Le gros problème, ce sont les délais très courts et surtout le manque d’organisation, pointe Serdac. D’un consulat à l’autre, c’est différent : à Paris, on peut retirer le dossier sur internet et le remettre ensuite rempli au consulat. C’est plus simple, ça évite des allers-retours comme ici… »
Surtout pour ceux qui viennent de loin. Comme Serkan, 28 ans, résidant à Baccarat, dans la Meurthe-et-Moselle. Le jeune homme tente sa chance pour la troisième fois. Il était déjà là vendredi dernier et lundi, jour de très forte affluence. « Aujourd’hui, je ne peux pas repartir sans le dossier ! », lance-t-il comme un défi.
« C’est nous qui avons inscrit, après une séance à main levée, les noms des demandeurs sur des listes pour faire accélérer les choses. On les a remis au consulat », expliquent plusieurs jeunes qui fument pour tromper l’attente. Certains ont feinté en inscrivant leur nom sur les listes de plusieurs jours, en espérant ainsi accroître leurs chances d’être appelés plus tôt…
De temps à autre, la porte du consulat s’ouvre et un employé annonce les noms des ressortissants admis à entrer. Un jeune en sort, le sourire aux lèvres, avec le précieux dossier en mains. Pour lui, une nouvelle course démarre : réunir les documents attestant « trois ans de fiches de paie », effectuer une visite chez le médecin et, parmi d’autres démarches, s’assurer qu’une partie de la somme à payer est bel est bien sur son compte bancaire.
Sources : L’Alsace











