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Un film porno contre le conservatisme ambiant

mardi 18 janvier 2011 | par Hakan


Özgün, un étudiant de 24 ans, a choqué toute la Turquie en dévoilant son projet final d’étudiant à l’université Bilgi d’Istanbul : un film pornographique pour contester le conservatisme ambiant

Un projet controversé

Özgun, étudiant turc téméraire, a refusé de se laisser intimider par la morale bien-pensante. Il s’est lancé dans une réalisation peu conventionnelle : le tournage d’un film pornographique dans le cadre de son projet de fin d’études, en vue de l’obtention de son diplôme au département de photographie et de vidéo à l’Université Bilgi d’Istanbul.

« Une réponse hardcore au conservatisme ambiant »

L’étudiant explique dans une interview accordée à la revue Tempo qu’il voulait tester les limites d’une prétendue liberté académique. « Parce que l’université, c’est en réalité un espace de liberté souvent inutilisé. J’ai donc pensé qu’un film porno — qui n’a été vu que par un jury d’enseignants afin d’éviter toute fuite sur internet — serait le meilleur moyen pour tester les limites de cette liberté (…) L’épreuve de vérité commence maintenant, avec cette affaire. Toute cette ambiance oppressante me dérange beaucoup. J’en ai marre d’être enfermé dans les quartiers chics et branchés d’Istanbul. Vous pouvez considérer que ce film est une réponse hardcore au conservatisme ambiant. Si nous vivions dans une société plus libre, une telle idée ne me serait sans doute jamais venue à l’esprit ».

Affolement des médias

Parmi ceux qui le décrient, Mehmet Yilmaz, un éditorialiste turc, rappelle que des recherches académiques sur le thème de la pornographie, dans un sens sociétal, restent tolérées, mais que cela n’a rien à voir avec la réalisation d’un film. Il condamne également l’inaction des professeurs devant l’annonce d’un tel projet. Ce film a provoqué un tel tollé que trois professeurs de cette école privée ont été licenciés. Pour Hincal Uluç, il faut saluer le courage de cet étudiant « avant-gardiste ». Il condamne le renvoi des enseignants incriminés : « Bilgi est une université vraiment libre avec même une section de Jazz. Ses étudiants avaient joué en turc la comédie musicale américaine Rent dont les personnages principaux sont des gays et des lesbiennes. Je l’ai vu cinq fois. Mais là, il a suffi d’une thèse présentée sous la forme d’un film de trois minutes pour qu’on licencie trois enseignants et que l’on bascule dans la peur et le conservatisme… »

Lauren Clerc pour Le Post



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