jeudi 8 décembre 2022

« Le Pouls » par Keziban Yildiz [Littérature]

Publié le | par Hakan | Nombre de visite : 236 |
 « Le Pouls » par Keziban Yildiz [Littérature]

Keziban Yildiz avait 5 ans lorsqu’elle est arrivée avec sa famille à Lormont. Elle a toujours vécu dans la même tour de Génicart. Au 15e étage, puis au niveau supérieur après son mariage. De cette hauteur, elle regarde le monde et prend le temps de mesurer le chemin qu’elle a parcouru. « J’ai rencontré récemment une dame de la bibliothèque qui me disait qu’elle avait remarqué, quand je venais avec l’école Condorcet, que j’avais un goût artistique », rapporte-telle. « J’avais la patte prête à ça », sourit-elle.

Cette « patte » pour écrire s’est concrétisée à l’automne par l’édition d’un recueil de poésie, « Le Pouls du monde Dunyanin nazbi ». C’est le deuxième après « La Lettrivore ». « Il avait été édité à compte d’auteur et comme je n’ai pas du tout l’âme commerciale j’étais plutôt contente d’en avoir vendu 200 », confie Keziban Yildiz.

Cinq cents poèmes

Cette jeune femme a donc franchi un pas supplémentaire dans une voie qui s’est dessinée très tôt dans sa vie. Elle était au lycée en classe de seconde lorsqu’elle se vit décerner le Prix littéraire d’Aquitaine.

Récompense, édition, à défaut de certitude, cela donne envie de continuer. « J’ai toujours écrit pour moi », note celle qui à ce jour cumlule « environ 500 poèmes ». « Je fais en fonction de mon inspiration. Si un mot, une pensée me vient, je m’interromps dans ce que je fais pour l’écrire sur un petit papier et je reviens à ma vacation », explique-t-elle. Et plus tard viendra la musique des mots.

Keziban Yildiz a toujours procédé ainsi, surtout depuis qu’elle est maman de Saïmenur (5 ans) et de ses deux fils Ceylan (3 ans) et Mehmet-Ali (7 mois). Entre « La Lettrivore » et « Le Pouls du monde Dünyanin Nabzi », il s’est donc écoulé dix années au cours desquelles « le style est resté le même, mais les thèmes ont changé ».

Le lecteur le relèvera sans doute à la lecture du recueil, la date de création de chacun des 49 poèmes n’étant pas indiquée. L’éditeur a fait « le choix d’une chronologie » dans laquelle l’auteur se reconnaît.

Le premier titre, « Je survis », parle de lui-même, mais quelques pages plus loin apparaissent des pensées d’une autre consistance.

« Faire réfléchir les gens »

Keziban Yildiz l’explique ainsi : « J’ai mûri. À un moment, j’ai éprouvé le besoin de regarder autre chose que mon nombril, d’exprimer d’autres sentiments que de la mélancolie. Faire de la poésie pour de la poésie ne m’intéresse pas, je cherche surtout à faire réfléchir les gens. » Sur des sujets d’actualité, tels le réchauffement de la planète, le racisme, l’intolérance, les guerres, etc.

La jeune femme souhaite vivre son temps, y compris « dans l’emploi de mots triviaux » dans ses poésies.

« Le Pouls du monde Dünyanin nabzi » est sans aucun doute un objet de satisfaction pour son auteur. Elle qui a possédé le français avant le turc, a travaillé beaucoup de son côté pour parvenir à maîtriser sa langue maternelle et ainsi proposer en face-à-face la version française et turque de ses poèmes. Des connaissances lui permettant d’être médiatrice interculturelle, interprète traductrice.

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(Source : Sud Ouest)

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