jeudi 8 décembre 2022

Turcophobie & Nationalisme arménien

Le gouvernement d’Erevan revendique des terres à la Turquie

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Le gouvernement d'Erevan revendique des terres à la Turquie

Turquie News vous propose de découvrir une analyse parue sur le site belge L’Actuel déchifrant les prises de position du très nationaliste éditorialiste américano-arménien Harout Sassounian.

Les éditoriaux d’Harout Sassounian, caractérisés par un fil conducteur systématiquement anti-turc à tendance raciste parfois sont traduits et diffusés en langue française par les "Nouvelles d’Arménie Magazine"(sic !) (Armenews, où vous aurez le plaisir de lire beaucoup plus d’articles de propagande anti-turcs ou anti-Turquie que des articles sur l’Arménie), le Collectif Van ou bien la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et le Développement. Ces trois organisations de propagande nationaliste sont téléguidées par le parti nationale-socialiste arménien FRA-Dashnaktsoutioun.

Nous vous souhaitons bonne lecture.


Tansu Peker (tansupeker @ lactuel.be)

“L’objectif final des Arméniens est la reconnaissance de leurs allégations et l’obtention d’indemnités et de territoires de la Turquie ; et à cette fin une nouvelle stratégie doit être suivie. Depuis des dizaines d’années l’objectif final des Arméniens est la ‘ reconnaissance’, l’ ‘indemnité’ et les ‘territoires’. Il est désormais nécessaire de passer aux étapes au-delà de la reconnaissance. Dans ce cadre les Arméniens doivent exprimer leurs revendications ‘ auprès des tribunaux nationaux et internationaux conformes’. »

Ces paroles proviennent de l’article paru dans le journal internet arménien AZG Daily, de Harut Sassounian, une des personnalités éminentes de la communauté arménienne, propriétaire et rédacteur en chef de l’édition California Courier.

Nos lecteurs doivent se rappeler très rapidement Sassounian, grâce à notre article publié au mois d’octobre intitulé « L’important ; ce n’est pas le Génocide, c’est de faire un show sur la scène politique ».

Dans ce texte nous avions relaté les paroles de Sassounian ayant affirmé que le principal objectif du projet sur le « génocide arménien » adopté par le Comité américain des relations extérieures de la Chambre des représentants n’était pas la reconnaissance du « génocide arménien ». Mais que le véritable problème était la lutte pour prouver laquelle des parties a le plus de capital politique à Washington. Quant à présent Sasunian révèle la véritable raison des accusations de « génocide » faites depuis des dizaines d’années par les Arméniens à l’encontre des Turcs : ce sont leurs revendications territoriales et d’indemnités.

En fait, nous félicitons la franchise de Sassounian qui aurait des liens familiaux avec Hampig Sasounian, un membre des Commandos de Justice du Génocide Arménien (JSAG), qui, selon certaines allégations, aurait massacré avec son complice le 28 janvier 1982 Kemal Arýkan, Consul général de la Turquie à Los Angeles. On ne sait pas si ceci est dû à son désir de s’excuser des Turcs au nom de Hampig Sasounian, membre de sa famille, mais quand même cet individu ne se cache pas derrière les affirmations telles que « seul un pardon suffirait » ; au moins il explique franchement ce qu’il demande, à savoir du territoire et de l’argent.

Pourtant il y a des personnes qui sont bien plus franches que lui. Nous assistons maintenant à l’émergence des « Arméniens de l’ouest » qui ne cachent pas leurs demandes d’indemnité et de territoire auprès des Turcs. Ces personnes-là parlent d’un endroit dénommé l’Arménie de l’ouest. Mais il ne faut pas se tromper. Il ne s’agit pas d’une région située à l’ouest de l’Arménie. Ces personnes-là parlent explicitement de l’est de la Turquie.

Ils organisent des congrès dès qu’ils veulent et informent le Président arménien Robert Kotcharian ainsi que le Premier ministre Serge Sarkissian des activités du comité d’organisation tout en leur présentant les procès-verbaux des congrès. En revanche, Kotcharian et Sarkissian, quant à eux, affirment soutenir les travaux du comité et donnent les instructions nécessaires pour que les préparatifs soient menés entre les communautés arméniennes afin de créer « l’Assemblée Nationale des Arméniens de l’Ouest » ; ces deux derniers affirment également qu’il est nécessaire que tous les Arméniens accordent leur soutien dans ce cadre.

Le nom complet du comité dont nous avons parlé est « Le Comité d’organisation pour la préparation et l’organisation de l’Assemblé générale des représentants des héritiers des Arméniens de l’Ouest ayant survécu au génocide et étant décédés lors du soi-disant génocide arménien ». Ce soi-disant comité que l’on dirait qu’il s’est rassemblé afin de protéger les droits des héritiers des Arméniens de l’Ouest (la Turquie/l’Est de l’Anatolie) cherche d’abord à se rassembler sous le toit d’une soi-disant Assemblée nationale des Arméniens de l’Ouest et créer le Conseil national permanent. Et à la tête de cette bizarre organisation se trouve un certain Karen Zalibekoviç Mikaelyan. Monsieur Mikaelyan, lors des réunions auxquelles il participe, demande du territoire de la Turquie au nom des Arméniens de l’Ouest et il impose l’idée de la formation du « soi-disant gouvernement exilé des Arméniens de l’Ouest.

Le premier congrès des Arméniens de l’Ouest (la Turquie/l’Est de l’Anatolie) qu’on envisage de réaliser en 2007 en France/Sèvre a été réalisé en 1917 à Erevan, le seconde en 1919 à Erevan, le troisième et le quatrième en 1919 et en 1920 à Paris. Le but de cinquième congrès étant envisagé de réaliser à Sèvre s’est présenté sur le site d’internet du quotidien Golos Armenii du 31 octobre 2006 comme ci-dessous :

 la reconnaissance du soi-disant génocide arménien par la Turquie et la compensation des dégâts,

 la récupération des territoires de l’Arménie de l’ouest qui sont sous la soi-disant occupation de la Turquie et assurer le retour en sécurité des Arméniens de l’ouest à leur patrie,

 la préservation de l’héritage et des œuvres architecturaux et culturels arméniens en Arménie de l’ouest (la Turquie/Anatolie de l’est) ;

 le renforcement de la conscience nationale des Arméniens de l’ouest ;

 Apporter soutien aux Arméniens de l’est (l’Arménie) ;

 la mise à jour des pertes et des gains dans l’Empire ottoman, la Russie et la diaspora en analysant l’histoire politique arménienne et ainsi la formation d’une doctrine nationale de l’État de l’Arménie.

Tout cela n’est pas un secret. Les sites d’internet en Russie et Arménie les divulguent de façon claire et nette.

En fait, « l’idéologie de Haïdad » exprimant « l’ambition de fonder la Grande Arménie en récupérant des territoires de la Turquie » sert de base aux prétentions infondées de la diaspora arménienne envers la Turquie. Donc, ces prétentions formulées par le lobby arménien avec le soutien obtenu des parlements de divers pays afin de mettre la Turquie sous un pression internationale ne sont pas un objectif en soi-même, mais qu’un moyen pour mettre « l’idéologie de Haïdad » en vigueur. Et ces personnes-ci qui se nomment « Arméniens de l’ouest » sont une partie de cette idéologie.

Les déclarations faites par Hrant Markarian, qui était le président du Conseil Supérieur exécutif du parti Dachnak en 2000, coïncident avec ce constat : « l’effort de faire reconnaitre le génocide n’est pas un objectif en soi-même ; c’est une étape de la lutte menée pour sauver l’Arménie de l’ouest » (Armenian Forum 2, no : 4, 2003, p. 107-120).

En fait, le terme de « l’Arménie de l’ouest » n’est pas un terme nouvel pour les Arméniens, bien que son contenu nous surprenne chaque fois que nous l’entendons. Ce terme de « l’Arménie de l’ouest » comprenant les régions de l’ouest et même de sud-ouest de la Turquie ainsi que certaines villes de l’ouest de la Mer Noire et la région de l’est de la Méditerranée est toujours présent dans les documents officiels de l’Arménie.

Vous trouverez ci-dessous les trois documents officiels qui mettent en évidence les intentions de l’Arménie sur les territoires de l’Est de l’Anatolie de la Turquie :

1-« La république de l’Arménie soutient les démarches pour la reconnaissance sur le plan international du génocide perpétré en Turquie ottomane de 1915 et en Arménie de l’Ouest » (le 11ème article du communiqué d’indépendance du 23 aout 1990 du Soviet Suprême de la République de l’Arménie soviétique socialiste)

2-« L’Arménie restera fidèle au communiqué d’indépendance » (l’arrêt d’indépendance prise le 23 septembre 1991 par le parlement arménien).

3-« L’Arménie restera fidèle aux objectifs nationaux du communiqué d’indépendance » (disposition de la Constitution de l’Arménie adoptée en 1995)

Donc ces trois documents officiels à savoir « le communiqué d’indépendance », l’arrêt d’indépendance » et « la Constitution arménienne » ont d’une part mis à jour la stratégie de l’Arménie à l’égard de la Turquie, semble d’autre part démontrer que les intentions d’un pays voisin à l’égard de la Turquie n’ont pas changé dans la mesure où aucunes rectifications ou modifications n’ont pas encore été faites.

Dans ce même cadre, l’Arménie ayant annoncé dans son parlement au mois de février de 1991 qu’elle n’a pas reconnu les frontières établies pas le traité de Kars, ne change pas son actuelle attitude à ce sujet. De plus, elle soutient en tant qu’Etat et oriente un milieu qui tente d’obtenir de territoires et d’indemnisations de la part de Turquie en se nommant « Arméniens de l’ouest ». Autrement dit le gouvernement d’Erevan revendique manifestement de territoires et de l’argent de la Turquie.

Dans la mesure où cette mentalité du pouvoir d’Erevan ne changera pas, est-il possible d’être optimiste concernant les approches de l’Arménie sur l’établissement de dialogue avec la Turquie ? Il est difficile de le dire.

Tansu PEKER
tansupeker@lactuel.be

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