Par Sebahat EROL
L’air soucieuse, Sirma ORAN-MARTZ s’apprête à entendre, à la barre, la décision du Président. En ce jour du 5 janvier, alors que c’est elle la victime et que c’est elle qui a intenté ce procès pour discrimination, voilà que le tribunal retourne la situation contre elle…
En effet, le Tribunal correctionnel de Lyon a condamné Sirma Oran-Martz pour procédure abusive, et ce principalement au motif d’avoir participé à une manifestation. Une manifestation dont Jean-Paul Bret lui-même a reconnu s’être servi a posteriori pour se dédouanner de son acte.
Excusez-moi, Monsieur le Président, mais je n’ai pas très bien compris : sur quoi porte le verdict ? Le fait que M. Bret soit considéré comme un défenseur des droits de l’homme le disculpe-t-il d’emblée ? Est-il inconcevable qu’il soit accusé de discrimination ? C’est apparemment ce qu’a pourtant décidé le tribunal avec cette condamnation de Mme Oran pour « procédure abusive ».
Plus qu’au procès de Mme Sirma Oran contre M. Jean-Paul Bret, c’est à celui des Français d’origine turque qu’on a eu l’impression d’assister ici. Les juges ont approuvé sans sourciller que M. Bret se soit méfié de Sirma car elle appartenait à des associations culturelles franco-turques. Et ils ont entendu sans sourciller que les associations franco-turques soient traitées de « bras armé de l’Etat turc en France » et les Français d’origine turque eux-mêmes d’ennemis (le juge disant qu’ils mènent des « attaques adverses ») « pervers et sophistiqués ». Il leur a donc paru légitime que la seule candidate d’origine turque soit discriminée, car seuls les Turcs doivent répondre à la question de la reconnaissance du génocide, par l’affirmative bien entendu, le refus de répondre n’étant pas admis.
Une personne présumée se battre pour les droits de l’homme pourra donc désormais discriminer les Turcs sans crainte d’être condamnée. Mieux, c’est la victime qui sera condamnée. Ce point du jugement est ahurissant s’il fait jurisprudence, vue sa portée.
Et puis, avec ce verdict, dorénavant, chaque candidat de « souche non française » n’est réduit d’une part qu’à ses origines et d’autre part devra porter sur ses épaules ce que ses ancêtres auront pu commettre dans le passé.
« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », nous assène le dicton populaire. Les conclusions du tribunal noient les personnes d’origine turque dans cette société française et ne font qu’alourdir la pesante atmosphère lyonnaise. Dans cette affaire, on constate que les magistrats, en acceptant les attaques verbales de la partie adverse, voire en les reprenant eux-mêmes, sont allés contre les règles du bon sens, de l’amitié séculaire franco-turque et ont nui aux relations turco-arméniennes !
Source : turquieeuropeenne







