Info Turquie News - www.turquie-news.com - La commission des Lois du Sénat a rejeté mercredi la proposition de loi UMP pénalisant la contestation des génocides" [1] [reconnus par la loi française uniquement], en adoptant une motion d’irrecevabilité du texte. La motion d’exception d’irrecevabilité avait été présentée par le président de la commission des lois au Sénat, Jean-Pierre Sueur. Elle a été adoptée par 23 voix pour, 9 contre et 8 abstentions, mercredi 18 janvier.
Le vote, le 22 décembre, par l’Assemblée nationale, de cette proposition de loi, qui prévoit de punir d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende la contestation de la thèse arménienne de "génocide" pour qualifier les événements survenus en 1915 en Anatolie entre Turcs et Arménien. En janvier 2001, sous la pression des organisations de lobbying arméniennes, la France avait voté une loi déclarative "reconnaissant le génocide arménien", gravant ainsi dans l’Histoire Officielle la version arménienne des dits événements.
Cette motion de procédure devra toutefois être confirmée par le Sénat en séance lundi 23 janvier lors de l’examen du texte.
Des puissantes officines arméniennes dans 20 pays
Une poignée d’Etats où le lobby arménien dispose de puissantes officines sont également dans le même cas que la France. Sous la pression des nationalistes arméniens, les politiciens d’une vingtaine de pays ont dû légiferer sur un événement historique en inscrivant dans leur histoire officielle que les événements de 1915 constituaient un "génocide". Ces reconnaissances politique ont ouvert la voie à un déni total des victimes turques de la même époque massacrés par les milices arméniennes [2] en vue d’une purification éthnique de l’Anatolie, nécessaire pour la proclamation d’une Grande Arménie.
En France, un collectif de 700 historiens de renom se sont opposés à ces législations liberticides et motivées par un élan communautariste tout en imposant une "histoire officielle" dictée par des groupes de pression ultra-nationalistes. Une autre proposition de loi visant à rendre passible peines de prison toute contestation de cette "histoire officielle" française avait provoqué une vive réaction des historiens qui s’étaient inquiétés pour la liberté de parole et de recherche.
Les événements de 1914-1922
Des affrontements inter-ethniques et des déplacements forcés de populations en Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, ont fait plusieurs centaines de milliers de morts parmis les Turcs et les Arméniens. L’Empire ottoman était alors engagé dans la Première Guerre Mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Empire Austro-Hongrois. Dès 1914, des Arméniens ottomans ont massivement pris le parti des Russes, contre les Turcs, se livrant à des massacres de masse et à des pillages dans l’est de l’Anatolie. A la suite de ces événements, le gouvernement ottoman décida d’éloigner une partie de la population arménienne des zones de front et à risque. Ce transfert se solda par un lourd bilan humain.
La Turquie et de nombreux historiens rejettent catégoriquement la thèse controversée d’un "génocide" que le gouvernement ottoman aurait perpétré contre la population arménienne de l’Empire. Cette thèse, défendue par les nationalistes arméniens, est aujourd’hui instrumentalisée afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie, notamment pour entraver la perspective de son adhésion à l’Union Européenne.



