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jeudi 18 août 2022

L’État français fait la sourde oreille aux demandes d’enseignement de la langue turque en France

Publié le | par Sophie C. | Nombre de visite : 842 |
L'État français fait la sourde oreille aux demandes d'enseignement de la langue turque en France

« Porte entre l’Occident et l’Orient, la Turquie est un marché depuis longtemps ouvert au tourisme, français en particulier. Cependant c’est aussi un marché économique au sens plein essor qui commence à sortir de ses incertitudes et mérite qu’on s’y intéresse. »

Dans le monde, des cours de langue turque sont offerts dans plusieurs pays, sans compter les nombreux étudiants étrangers qui apprennent le turc en Turquie.

[*Pourquoi apprendre le turc ?*]

Le Turc : une ouverture de l’Europe jusqu’à la Chine
Les langues turques regroupent une trentaine de langues et font parti du groupe linguistique ouralo-altaïque. Il y a au total plus de 120 millions de personnes qui parlent une langue proche du turc. La Turquie bien que non-membre de l’Union Européenne offre des possibilités d’échanges scolaires et universitaires : ERASMUS, LEONARDO, COMENIUS, année d’étude sur place, …

Apprendre le Turc, c’est facile
Basé sur l’alphabet latin depuis 1928, le turc est tout à fait phonétique. Il comporte 29 lettres. On écrit comme on prononce ! Il n’y a pas de lettre superflue, ni de lettre qui manque.
Exemple : bisiklet, taksi, otobüs, radyo, televizyon, kalem (crayon)…

Par conséquent, on ne fait pratiquement pas de dictée en turc !

De plus, il fonctionne totalement différemment des langues européennes.
L’apprentissage de cette langue est donc un dépaysement garanti pour les élèves. C’est aussi un vrai entraînement intellectuel et mental.

[*Le turc, un atout sur le marché de l’emploi ?*]

Les époux de Gardon, qui habitent dans le 6e arrondissement à Paris, sont des ingénieurs réputés. M. Gardon a son propre cabinet de consultant, et il est consultant dans une université. Quand leur fille a atteint l’âge d’aller au collège, ils ont décidé de déménagé et de choisir le collège de Rennes, pas très loin de leur domicile. « Il donne des cours de turc dès la 6ème. Avec mes collègues, je viens de participer à un colloque à Istanbul. Le développement de la Turquie est incroyable. J’estime que le futur appartient à ce pays aussi. Ma femme et moi, nous parlons le français, l’anglais et l’espagnol, mais ça ne suffit pas. Je voudrais que ma fille apprenne le turc, parce que cette langue sera très utile dans le futur  », a déclaré M. Gandon. Il poursuit en indiquant : « Mais il faut constater qu’en France il n’y a pas beaucoup de possibilités pour apprendre cette langue et qu’il se développe en parallèle des réseaux communautaires qu’il faut à mon sens stopper. L’éducation nationale devrait officialiser des cours de turc enseignés par des professionnels. De plus, pourquoi aujourd’hui il n’y a toujours pas un CAPES dans cette langue en France, c’est une question qui m’a été posée par l’enseignante en anglais de ma fille ? Ce n’est pas normal. »

En effet, les quelques écoles ou organismes obscures offrent des cours de turc jusqu’au niveau pré-universitaire ; mais il faudrait que des enseignants qualifiés du monde de l’éducation nationale et disposant de toutes les compétences de professeurs de langue exercent dans ce domaine plutôt que de laisser cela à des pseudos formateurs ou associations qui n’adhérent pas toujours aux valeurs de la France.

Ces dernières années, en France, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de personnes qui souhaiteraient apprendre le turc, l’offre de formation en langue turque ne satisfait pas la demande d’une grande majorité. En raison du dynamisme de l’économie turque et de la montée de la Turquie dans le monde, la demande de formation dans cette langue connaît aussi une augmentation en France et que cela soit en primaire, au collège, au lycée ou à l’université. Auparavant, c’était à cause de leur intérêt pour la Turquie et de la culture turque que les élèves désiraient apprendre le turc ; aujourd’hui, ils considèrent la maîtrise du turc comme un atout sur le marché de l’emploi.

Antoine, un étudiant à l’INALCO, parle couramment le turc. Il déclare « J’étudie le turc pour aller travailler en Turquie comme avocat international. Je suis allé dans ce pays il y a 5 ans. J’aime la culture turque. Mes parents appuient mon choix parce qu’ils pensent que l’économie turque se développe rapidement et que quelqu’un qui travaille en Turquie peut avoir de bonnes perspectives de carrière. Mais c’est vrai que j’aurai aimé être initié dès mon plus jeune âge, au lieu de choisir obligatoirement entre l’allemand, l’espagnol, le latin  » plaisante-t-il.

En Allemagne, les départements d’études en turc étaient peu fréquentés dans le passé. Aujourd’hui, le nombre d’étudiants y est beaucoup plus élevé. En même temps, s’il faut faire des affaires avec la Turquie, il faut employer des personnes qui comprennent le turc.

En Grande-Bretagne, le ministère de l’Éducation a même élaboré un programme d’enseignement du turc pour les écoles secondaires.

Comme ils le font pour le français, l’espagnol et l’allemand, les États-Unis ont pour leur part annoncé l’établissement d’un programme d’enseignement où le turc figure sur la liste des cours en option.

[*Des attentes en matière de culture ?*]

À l’apogée de l’histoire de la Turquie, la langue turque est répandue dans les pays voisins. Ces pays ont utilisé et utilisent encore le turc. L’enseignement du turc est aussi en plein essor ces dernières années, après avoir connu une période de régression, puis de stagnation et de lent développement.

Un étudiant singapourien vient d’obtenir un diplôme en relations internationales à l’université de de la Sorbonne. Il révèle : « Dans les années 1970, tout le monde voulait apprendre l’anglais. À cette époque, l’anglais était considéré comme la langue la plus importante du monde. Maintenant, si on ne parle pas couramment le chinois, le turc ou l’arabe, c’est un désavantage.  »

[*Que font les politiques de la France face à cette nouvelle demande d’apprentissage en langue turque ?*]

La popularité de la langue turque connaît une nette recrudescence, mais les motivations à l’étudier ont changé. Les différents gouvernements français ont confié l’étude de cette langue à des amateurs qui risquent à terme de nuire à la France.

Il laisse quelques associations obscures se charger de former à cette langue les plus téméraires.

En conclusion, au lieu d’aller vers un terrain glissant qui n’est ni de son ressort ni de ses compétences, l’Etat français pourrait intervenir de manière plus réaliste et plus efficace, en permettant à la culture turque une entrée par la grande porte.

La population turcophile est à la recherche d’une reconnaissance de la part de la France, elle est également en quête de son identité d’origine, depuis qu’elle est la cible d’une politique politicienne.

Au lieu de céder la place a des prêcheurs de tout bord qui ne bénéficient pas de subventions publiques, l’État peut éclairer cette communauté et notamment la jeune génération au rôle primordial qu’a joué cette civilisation dans l’évolution du monde occidental, pour créer une charnière entre ces deux cultures qui ne sont pas si étrangères l’une a l’autre, comme on voudrait le faire croire aujourd’hui. La littérature, la philosophie, l’art, l’architecture,... et tant d’autres domaines, qui peuvent faire l’objet de manifestations culturelles...

L’école aussi peut jouer un grand rôle dès le primaire, apprendre la langue turque à ceux qui le désirent, peut créer une sorte d’autonomie chez ceux qui veulent découvrir une autre culture.

Le vivre ensemble ne peut être construit sur le déni ou le mépris de l’autre, le vivre ensemble est une reconnaissance, et un respect mutuel !

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