Guerre en Ukraine : et si la Turquie détenait la clé ? - Turquie News
lundi 26 septembre 2022

Guerre en Ukraine : et si la Turquie détenait la clé ?

Publié le | par Engin | Nombre de visite : 177 |
Guerre en Ukraine : et si la Turquie détenait la clé ?

Guerre en Ukraine : et si la Turquie détenait la clé ?

Par Michel Klekowicki

Article original ; https://www.republicain-lorrain.fr/defense-guerre-conflit/2022/08/20/guerre-en-ukraine-et-si-la-turquie-detenait-la-cle

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à plusieurs reprises depuis le début du conflit ukrainien. Photo Vyacheslav Prokofyev/TASS/Sipa

Occupés que nous sommes à guetter les réactions de Bruxelles et des capitales occidentales, nous croyons, un peu fautivement, que Paris, Berlin ou Washington détiennent seules les clés du conflit en Ukraine. Alors que la Russie et l’Otan sont front contre front, il est un troisième homme qui joue la partie très finement : il s’agit du président turc. À Kiev jeudi, Recep Tayyip Erdogan a démontré une fois de plus son habileté : celle qui lui permet d’affirmer son soutien à l’Ukraine sans forcément s’attirer les foudres de Moscou. Il y aurait de quoi pourtant fâcher Poutine. Ne serait-ce que sur le terrain militaire, les drones turcs Bayraktar sont le cauchemar des tankistes frappés du « Z » depuis le début du conflit. Qui plus est, en fermant le verrou du Bosphore et des Dardanelles, Ankara a privé la marine russe de renforts depuis le début du mois de mars. D’autres auraient été considérés comme cobelligérant pour moins que ça. Pourtant, MM. Poutine et Erdogan continuent à se voir, à discuter, à négocier. La première fois c’était à Téhéran, et, plus récemment, à Sotchi, célèbre cité balnéaire de la mer Noire. Preuve que le fil n’est pas coupé entre deux hommes qui s’apprécient et qui ont tous deux, doux euphémisme, une conception assez autoritaire du pouvoir. En somme, Ankara a gagné en quelques mois le statut d’arbitre dans un conflit où elle a beaucoup à gagner – le prestige diplomatique - et énormément à perdre - gaz, blé, orge, huile de tournesol, engrais, missiles importés de Russie… Certes, ce numéro d’équilibriste ne permettra pas à Erdogan de se refaire une virginité aux yeux des Occidentaux. Mais la géopolitique étant ce qu’elle est, la Turquie réintègre petit à petit le camp des pays avec lesquels il faut compter après une période de quasi-bannissement. Guerres, alliances, fâcheries, calculs et retours en grâce : entre l’Europe, la Turquie et la Russie, ce jeu de pouvoir a fait l’histoire des siècles précédents. Et pèse, visiblement, de son tout son poids aujourd’hui encore.

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