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La filiation de Taner AKÇAM

Ecrit par Hakan Akgün, Pakize, 2020-01-06 20:43:53


Contrairement à son arrière-petit-fils Taner, leader communiste des années 70, l’Arménien Agop, riche propriétaire terrien, proche des Mencheviks et qui habite dans le village de Valei dans la région d’Ahalkeleki située à la frontière entre la Géorgie et l’Arménie ne croit ni au marxisme ni au communisme.
 
Agop, qui prendra le prénom musulman de Hasan pour fuir les persécutions Bolcheviques, mourra lors de pillages et exactions commis par ces derniers. Son fils, qui avait également pris un prénom musulman, celui d’Eyüp, trouve refuge à Ardahan avec sa femme d’origine géorgienne et ses enfants en se mêlant aux Turcs fuyant devant l’armée bolchevique.
 
Eyüp, surnommé le "Fou", choisit alors de servir de guide aux activistes des comités Dachnak et contribue ainsi aux massacres de milliers de Turcs et de Kurdes.
 
En 1928, n’ayant plus le soutien des irrédentistes arméniens, qui avaient fui après la proclamation de la nouvelle République turque, il sera exécuté pour traîtrise et participation aux massacres de Turcs par les armées étrangères.
De son fils Dursun Akçam, né en 1927, son petit-fils, Taner Akçam voit le jour en 1953 dans le village d’Ölçek en Turquie. Dursun Akçam et sa famille ayant migré à Ankara, Taner grandit dans le quartier de Demirlibahçe, où son père enseigne le turc au collège. Durant ces années, Dursun Akçam se lie d’amitié avec, Fakir Bayburt, instituteur à l’école de Şafaktepe. Effacé et sans caractère durant son enfance et son adolescence à Demirlibahçe, Taner devient le souffre-douleur de ses camarades qui le prennent souvent pour cible de leurs railleries. Plus tard, lors de ses années estudiantines à l’université ODTÜ d’Ankara, il adhère à l’association OTDÜDER où il adopte une posture antinationaliste et démocrate, tout en dissimulant ses origines ethniques qu’il considère être un handicap. 
 
De plus en plus actif au sein de mouvements révolutionnaires communistes comme ADYÖD, DEV-GENÇ ou encore DEV-YOL, il se fait le chantre de l’antinationalisme turc auprès des jeunes générations. Taner Akçam, qui a su séduire et tromper nombre de jeunes au sein du mouvement DEV-GENÇ, ne manque pas une occasion pour faire l’apologie de la Fierté A NE PAS ÊTRE TURC. En mars 1976, lorsqu’il devient l’un des cadres du mouvement d’extrême gauche DEV-YOL, il est arrêté et condamné à 9 ans de prison pour conflit ouvert avec la Nation et l’Etat turcs.

Néanmoins, avec l’aide de complices dont la malhonnêteté n’a d’égal que la trahison, il réussit à s’évader le 12 mars 1977 et demande l’asile politique en RFA (République Fédérale d’Allemagne) avec un faux passeport. Arrêté pour entrée illégale sur le territoire allemand, il est hébergé durant trois mois par les services secrets (Bundesnachrichtendienst, BND) de ce pays. Ici, Taner Akçam, le révolutionnaire, est formé aux dogmes des membres de la BND "experts" de la Turquie et des droits des minorités, ce qui ouvre la voie à sa carrière.

Après quelques mois passés en Allemagne, il obtient le statut de réfugié politique, puis la citoyenneté allemande à la suite d’une inscription dans une école de langue dans le land de Rhénanie-du-Nord - Westphalie. En décembre 1977, il est nommé à l’université Libre de Berlin comme assistant de Tessa Hofmann, un des experts connus pour l’analyse des conflits des minorités en Turquie et dans le Caucase et qui a fait une thèse sur les politiques expansionnistes allemandes dans la région du Caucase et particulièrement en Géorgie, pays familier à Taner Akçam puisque ses ancêtres arméniens en étaient originaires... L’assistant Akçam, assimilant avec ardeur l’endoctrinement allemand, reçoit en 1986 une bourse de recherche de l’Institut des Etudes Sociales de Hambourg. En même temps, le célèbre professeur Fischer, agent du BND et qui s’occupait des sujets comme ceux du Pont-Euxin, le Lazistan et Çamlıhemşin (ndlr : sur la côte méridionale de la mer Noire en Turquie), poussait les travailleurs clandestins turcs, originaires de l’Est de la Mer Noire, à travailler pour le compte de la BND en leur promettant des "visas de travailleur" en RFA. A cette période, Akçam, en collaboration avec Fischer, a contribué à l’agitation de cette région de la Turquie en faisant effectuer des activités d’espionnage à des Turcs contre leur propre pays.
 
En 1998, Akçam fut pris de panique, lorsque Fisher fut arrêté en possession de documents secrets dans le Nord-est de la Turquie. En représailles, il propose à la BND d’établir une liste d’académiciens d’origine turque résidant en Allemagne afin de les arrêter, ce que la BND accepte. En parallèle, les services secrets allemands commandent à Taner Akçam, contre rémunération sous le manteau, des "études" sur "la violence dans l’histoire turque", "la torture dans la culture turque" et le "génocide arménien". C’est Tessa Hofmann, membre également de la BND et une équipe de l’Institut de Hambourg qui étaient en charge d’établir les sujets de recherche. En cette année 1998, Taner Akçam, prouvant sa fidélité à la ligne allemande et ses capacités académiques avec sa thèse sur "la torture dans la culture turque", fut prestement salarié de l’Institut des Etudes Sociales de Hambourg.

Avec l’appui et les manœuvres de la BND, Akçam obtient aisément, et comme par miracle, le titre de Docteur à cet Institut pour son étude : "le problème arménien, les procès d’Istanbul et les mouvements nationaux turcs." En 2001, pendant qu’il prépare sa thèse de maître de conférences sur le sujet de "la Turquie et la question de l’Est" avec une bourse accordée par la soi-disant "Fondation de Hambourg" qui encourage la Science et la Culture, il acquiert une grande estime auprès des organisations de la diaspora arménienne et des services secrets allemands, en affirmant de façon péremptoire : "je prouverai que la Turquie est un Etat sans peuple".
 
Ce qu’il y a, également, d’intéressant et d’étonnant dans cette affaire, c’est la personnalité et les activités de Tessa Hofmann, professeur donc à l’université Libre de Berlin, agent de la BND et qui a forgé la pensée d’Akçam. En effet, elle a, d’une part, diffusé les erreurs connues que contenaient les recherches de Taner Akçam et d’autre part, parrainé ce dernier avec le soutien des services secrets allemands. Tessa Hofmann est membre d’honneur de l’Union des écrivains arméniens, à la manière du prêtre Lepsius qui est l’un des fondateurs de la diaspora arménienne à Berlin. Elle affirme que le massacre des Arméniens est le premier génocide systématique du XXe siècle qui a servi d’exemple pour le génocide des Juifs par les Nazis, ajoutant à ce réquisitoire que les chambres à gaz ont été créées, également pour la première fois, par les Turcs. L’origine de ces thèses farfelues est à chercher dans la profonde volonté allemande de se défaire du sentiment de culpabilité et faire diversion sur la question du génocide des Juifs, en braquant les projecteurs de l’opprobre sur les Turcs. Cette volonté est exprimée, de manière explicite ou implicite, par différents moyens. Ainsi, dans sa volonté de rétablir sa dignité, l’Allemagne prend pour cible les Turcs et la Turquie.
 
Selon les termes de Hofmann, les Unionistes formaient un groupe raciste et enragé (dans son livre intitulé "Les droits de l’homme et le problème arménien", Taner Akçam aborde ostensiblement et de manière partisane, les sujets relatifs au parti Union et Progrès et le Turquisme (pages 96 à 209). Mustafa Kemal y est présenté comme l’assassin de plus de deux millions d’Arméniens et de Grecs, quant aux rebelles arméniens, ils ne sont rien moins que des chefs de famille qui combattaient avec le courage du désespoir. Toujours selon Hofmann, les villes de Van, Erzurum, Bitlis, Trabzon, les régions du Karabakh et du Nakhchivan, feraient partie de la patrie arménienne. Dans les jours suivant la publication du livre obscur de Hofmann, la région du Karabakh était occupée par les Arméniens. Par ailleurs, après avoir défini les Musulmans parlant le turc comme des Tatars, elle affirme que ces derniers ont attaqué la minorité arménienne du Caucase, tuant et pillant ceux qui y vivaient. Abordant les massacres de Şuşa, Agda et Fizuli commis par les Arméniens, elle les justifient, déclarant : "les guerres ont leurs propres logiques sanglantes". C’est là, l’application du principe selon lequel "la meilleure défense est l’attaque", il était donc d’importance stratégique de s’emparer de Şuşa, qui était, naguère, une terre arménienne.

Tradcution (Dehors les Turcs) Dans les livres d’Akçam, hormis les références naturelles à Hofmann, le prêtre allemand Lepsius fait également partie des sources incontournables. Les livres de ce prêtre, comme ceux d’Andonian ou d’Hovanissian, exclusivement pro-arméniens, diffamant sans aucune modération les Turcs et leurs gouvernants, sont le produit de la rancune et de la haine, ils présentent même des charges calomnieuses inédites jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, dans le livre qui a pour titre "les droits de l’homme et le problème arménien" (pages 228 - 247), il est affirmé qu’un plan d’extermination des Arméniens était décidé le 2 août 1914, soit un jour après la signature de l’alliance avec l’Allemagne, mis en application par l’ "Organisation spéciale" la "Teşkilat-ı Mahsusa" d’Eşref Kuşçubaşı, sans mentionner aucunement les unités de destruction russes et arméniennes en Anatolie. Le livre prétend également (pages 248 et suivantes) que les Arméniens incorporés dans les régiments d’ouvriers étaient exterminés. Sans qu’il y ait de preuves matérielles, Talât Pacha est présenté (page 286) avec certitude comme l’architecte du "génocide". Est présente aussi l’affirmation (page 316) selon laquelle des documents importants ont été détruits et que les gens sont désinformés à ce sujet. Aussi, Taner Akçam peut légitimement être considéré comme le gratte-papier des calomnies et des mensonges des thèses arméniennes. Il fait mine, par exemple, d’ignorer que les migrations forcées sont des mesures de défense passive, dès lors, il les qualifie de massacres. C’est, d’ailleurs, la mission dont il a été chargé. S’il refusait de l’accomplir, il pourrait perdre tout soutien arménien. En outre, il affirme (page 544) qu’Atatürk lui-même admettait l’existence d’un "génocide arménien", mais sans fournir de référence, ni se reporter aux documents du Dossier Bristol. Selon Taner Akçam, Mustafa Kemal adopte une attitude particulièrement sensible et critique lors des discussions avec les représentants des pays occidentaux, concernant les massacres entre 1915-17. Ainsi, il aurait admis au Général Harbord la mort de 800 000 Arméniens.

L’unique raison d’insister autant sur le parcours, les relations, le style et les points de vue de Taner Akçam est de prévenir les prochaines tentatives, qui ne manqueront pas, de nuire aux Turcs de l’intérieur, à la manière du cheval de Troie, en instrumentalisant la question arménienne. L’auteur porte un nom turc, mais ne se considère pas, lui-même, comme Turc.

Néanmoins, l’Histoire répond, en ce 1er mars 1921, par la voix de Mustafa Kemal aux allégations d’Akçam et ses amis concernant les Turcs :

"Messieurs, je tiens à vous rappeler qu’afin de briser notre détermination et notre foi, alors que les événements tristes à l’intérieur du pays continuaient, à l’extérieur, nos ennemis ne cessaient un instant leurs pressions et leurs terribles provocations. A l’Ouest les Grecs, au Sud les Français qui armaient et poussaient les Arméniens contre nous, à l’Est dans les régions occupées, les Arméniens d’Arménie massacraient et commettaient des exactions contre la population musulmane... Le plus grand malheur que nous a infligé l’année qui vient de s’écouler est le Traité de Sèvres. Messieurs, malgré les efforts de nos ennemis depuis un an, aujourd’hui les décrets du Traité de Sèvres n’ont plus cours ni dans les faits, ni légalement. Messieurs, parmi les pays vaincus en 1918 seule la Turquie a pu parvenir à ce but, grâce à la force de ses armées et sa vision politique. Nos ennemis continuent, dans les régions qu’ils occupent, à tuer, à oppresser, à piller et à déporter nos citoyens privés de tout moyen de protection ; malgré ces injustices les non-Musulmans qui sont à l’intérieur des territoires sous l’autorité du Gouvernement de la Grande Assemblée turque vivent sans crainte et en sécurité sous la protection de nos lois et de nos forces. Quoique disent les propagandes françaises, américaines, arméniennes, grecques, allemandes ou du reste du monde occidental, les jeunes générations turques n’oublieront jamais ni ces vérités historiques, ni la trahison de ceux, à l’instar des intégristes musulmans, qui, financés et nourris par les forces impérialistes étrangères, sont devenus ennemis des Turcs, ceux-là se noieront dans vos mépris."

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