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vendredi 12 août 2022

Une rencontre inattendue au sein de l’OTAN : la France et la Turquie ?

Publié le | par Ilker TEKIN | Nombre de visite : 322 |
Une rencontre inattendue au sein de l'OTAN : la France et la Turquie ?

Deux postes importants, d’ores et déjà fournis ou à fournir, sont actuellement particulièrement importants à l’OTAN, non seulement pour leurs caractéristiques intrinsèques mais surtout pour leur éventuelle dimension politique. Ils concernent la Turquie et la France.

• Le premier de ces deux postes vient d’être créé. La décision avait été prise en avril dernier, pour donner à la Turquie un poste important et apaiser sa colère après la nomination du Danois Rasmussen comme Secrétaire Général, et la convaincre de soutenir cette nomination. (Référence au rôle de Rasmussen et du Danemark dans la polémique des “caricatures du prophète” qui avait rendu furieux le monde musulman en 2006.) La Turquie va donc prendre la direction de la cinquième des directions adjointes au secrétaire générale, cette direction créée pour l’occasion. (Les quatre autres directions concernant divers domaines – armements, logistiques, etc. – vont à quatre puissances de l’OTAN – USA, UK, France et Allemagne – marquant ainsi leur importance au sein de l’Alliance. La Turquie prend place à leur côté, ce qui donne indirectement à ce pays un statut important que son rôle nouveau – paradoxalement pas vraiment apprécié par les atlantistes – justifie amplement.) Cette cinquième direction est considérée en général comme “sexy”, c’est-à-dire s’occupant de matières particulièrement dans les préoccupations générales du temps, aussi bien bureaucratiques que médiatiques : les “nouvelles menaces”, le terrorisme, les possibilités de cyberguerres, les armes de destruction massives, etc.

• Le second de ces deux postes est militaire. C’est celui que détient depuis août, à Norfolk, le général français Stephane Abrial. Il s’agit du commandement portant sur les questions dites de “transformation”, c’est-à-dire les matières nouvelles de la guerre en évolution (le Supreme Allied Transformation Command, ou SACT). Abrial se concentre lui aussi sur les mêmes matières “sexy” mentionnées plus haut, explique une de nos sources, qui précise que le général français s’est acquis la considération générale, notamment des USA, pour la façon dont il mène son commandement. Il y a donc cette convergence d’intérêt vers les mêmes domaines qui vont occuper la cinquième direction créée pour la Turquie.

« …Cela signifie, explique notre source, qu’il va y avoir une coopération intensive entre Abrial et la nouvelle direction, puisque leur attention portent sur les mêmes sujets, du côté militaire pour Abrial et du côté politique de l’autre. Si le Turc qui va prendre la tête de la cinquième direction est une personnalité forte, comme Abrial l’est du côté militaire à la tête du SACT, on risque d’avoir une coopération particulièrement intéressante, et l’on parle ici non pas seulement de l’OTAN mais bien des relations entre les deux pays. » L’occasion serait en effet excellente de sortir de la “gêne” provoquée par les prises de position du président français sur l’entrée de la Turquie dans l’UE, par le biais d’une coopération dans une autre organisation, occidentale et notamment européenne, où les Français semblent accepter de côtoyer les Turcs sans problème.

Actuellement, la France et la Turquie s’opposent indirectement sur des dossiers (Israël, l’Iran) où s’exprime le pire côté de la politique sarkozyste. Pourtant, les analyses fondamentales de politique et de diplomatie des deux pays ne différents pas vraiment, et une chose importante les rapproche, leur volonté d’établir de très bonnes relations avec la Russie (avec des engagements français dans des complexes gaziers où Turcs et Russes sont déjà impliqués). Une coopération comme celle que pourrait susciter celle qu’on décrit comme potentielle à l’OTAN permettrait de faire évoluer les relations les deux pays en les raccordant à l’essentiel, où ils convergent.

Source : dedefensa.org

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