samedi 10 décembre 2022

ISSUE MALHEUREUSE DE L’ODYSSÉE D’UN FRANCO-ARMÉNIEN

Publié le | par Engin | Nombre de visite : 227 |
ISSUE MALHEUREUSE DE L'ODYSSÉE D'UN FRANCO-ARMÉNIEN

ISSUE MALHEUREUSE DE L’ODYSSÉE D’UN FRANCO-ARMÉNIEN

La fameuse sociabilité arménienne sur laquelle des Hays eux-mêmes répandent des contes de fées, s’attribuant d’innombrables vertus morales, n’est qu’un mythe ordinaire qui ne résiste pas à la critique.

Dans le passé comme à l’heure actuelle, des Arméniens qui vivent de par le monde ont été enclins aux contacts et à la communication, faisant ainsi preuve d’ouverture. Mais en même temps, ils ne renoncent pas à leur isolement, conservant leurs lignes de faille, qui sont souvent utilisées à des fins séparatistes.

Des Arméniens sont capables de nouer des relations, mais ils ne le font qu’avec une attente claire en retour à effet exponentiel. En premier lieu, ils visent toujours à tirer profit de leurs amitiés. Et par la suite, ils s’inclinent devant les élites locales pour faire de l’ombre aux autres en affichant leur appartenance à une « grande culture ». Enfin, le troisième calcul est également basé sur l’intérêt personnel, pour demander constamment de l’aide en faveur de la « patrie historique », recréée sur les anciens territoires turcs.

Ils n’ont donc guère le désir de s’intégrer pleinement à la communauté locale.

En France, des Arméniens sont presque de la sixième, voire de la septième génération. Il semblerait qu’il soit grand temps d’inculquer aux jeunes les traditions locales, afin qu’ils ne se vantent pas de leurs particularités nationales au détriment des autres.

Hélas non, cela les dépasse. Ils tentent de souligner le caractère exceptionnel de leur identité qui n’a pas grand-chose à voir avec les caractéristiques de la majorité absolue.

Pour des Arméniens de Marseille, c’est la période des revendications. Avec une conviction digne d’une meilleure cause, ils fabriquent un tapis roulant de mécontentement contre le parti du président du pays, Emmanuel Macron. Très bientôt, le reste des Français d’origine arménienne pourrait les rejoindre.

À la source de ce mécontentement, on citera les ambitions politiques irrépressibles d’un certain Pascal Chamassian qui, depuis plusieurs années, vise des positions hiérarchiques plus élevées dans la configuration actuelle du pouvoir.

Ses projets sont bien connus, en premier lieu, des Arméniens de la grande ville portuaire, mais pas que. L’image de cet aventurier politique est récemment devenue l’incarnation des fortes attentes de toute la communauté arménienne de la Cinquième République.

Il militait depuis plusieurs années au sein du parti du chef de l’État (Renaissance). Depuis le début, il nourrit l’objectif d’être à la pointe de l’organisation politique afin de regagner une bonne place au soleil.

Lors de la prochaine campagne électorale de juin, qui déterminera les vainqueurs de la course à la chambre basse de l’Assemblée nationale française (Parlement), il entendait obtenir le poste de représentant du peuple pour les 11 ou 12 districts de Marseille. C’est bien entendu dans ces divisions administratives que les Arméniens locaux, pour qui Chamassian était le candidat le plus désirable, font la pluie et le beau temps auprès des électeurs.
Mais, comme c’est généralement le cas avec le système électoral proportionnel, les mandats de député sont répartis entre les listes des candidats en fonction des votes exprimés pour les candidats. Le parti au pouvoir ne voulait pas voir Chamassian dans les listes finales de ses candidats dans la circonscription en question, et a placé sa colistière Sabrina Agresti-Roubache.

Il n’en fallait pas plus pour que l’échoué Chamassian sape les efforts du parti pour populariser l’image de l’organisation en crachant sans retenue sur le corporatisme. Dans de tels cas, les personnes à l’esprit idéologique sont guidées par les intérêts de l’entreprise plutôt que par les intérêts personnels, et en cas de retrait de leur propre candidature, sans réfléchir, elles entreprennent de faire de l’agitation pour les autres membres du parti, de sorte que l’organisation politique évite la mésentente dans ses rangs.
Mais Chamassian a suivi sa propre voie, et ... a adopté une déclaration de protestation faisant grand bruit, déclarant la guerre aux membres de son parti. Il a ainsi commencé à faire le jeu des rivaux du parti du président Macron.

Chamassian n’est pas le seul parmi les Arméniens locaux dans la campagne électorale actuelle. Sa compatriote Astrid Panosyan-Bouvet est également candidate à un siège à l’Assemblée dans la 4e circonscription de la capitale française. Elle est une personnalité assez connue, et est citée comme une figure importante du parti d’Emmanuel Macron.

Dans un communiqué de presse publié par le candidat sortant, Chamassian a énuméré tous les « services » qu’il a rendus pour faire de LREM (le parti du président Macron) l’avant-garde politique du pays. Il n’a eu aucune honte à rappeler aux électeurs et aux membres de son parti les efforts et le travail qui ont renforcé la position de l’organisation dans les districts à population arménienne.

Il a rappelé comment il avait travaillé dur en 2016 et 2017 pour assurer une position forte pour le parti dans les circonscriptions de Marseille (Bouches-du-Rhône), comment il avait été un militant parmi les fervents partisans de Macron et comment il avait assuré la victoire du chef de l’État lors de sa seconde campagne présidentielle.

À en croire Chamassian, la première et la deuxième campagnes présidentielles de Macron ont été remportées notamment par les voix des électeurs marseillais, qu’il avait mobilisés. En d’autres termes, une allusion est faite à l’importance des votes des électeurs de racines arméniennes, dont l’activité et la position sont attribuées par Chamassian lui-même à ses propres mérites.

Mais tout ce qui a été fait ne vaut pas grand chose, si au moment crucial pour la structure le candidat reproche à ses compagnons ce qu’ils ont fait. Il s’agit d’un type mercantile, pour qui les idées de lutte, les objectifs et les idéaux se sont avérés n’être qu’un écran pour couvrir des ambitions et des intérêts particuliers.

À la fin de son discours émouvant, Pascal Chamassian exprime sa gratitude envers ceux qui l’ont soutenu au cours des cinq dernières années. A-t-il compris le caractère honteux de sa démarche, se retournant contre l’organisation politique qui l’a réellement soutenu, et dont il a profité au fil des années ?

Le candidat lésé hésite à brûler les derniers ponts, non par gratitude ou par noblesse d’âme, mais par opportunisme. Et si tout revenait à la normale ?
Les Français connaissent bien les traditions arméniennes, mais ils ne semblent pas avoir bien saisi la sémantique du caractère national des Hays, qui sont capables de consolider sur la base d’une haine épidermique des autres, ceux qui ne partagent pas leur point de vue et leurs objectifs.

Telle est la philosophie des perpétuels offensés et mécontents, à qui tout le monde doit toujours quelque chose.

Tofik Abbassov, auteur de Minval.az

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