Chypre : une question sur les promesses non tenues de l’Union européenne embarrasse la Commission

Lors d’un point de presse de la Commission européenne, la journaliste de l’Agence Anadolu Şerife Çetin a relancé le débat sur Chypre en interrogeant Bruxelles sur deux points sensibles : les promesses faites aux Chypriotes turcs après le référendum de 2004 et l’absence de consultation de leur partie avant la nomination d’un Représentant spécial de l’Union européenne pour Chypre.

Elle a demandé comment les Chypriotes turcs pouvaient considérer l’UE comme un facilitateur crédible et impartial alors que, selon elle, les engagements pris après le plan Annan restent non tenus. La Commission n’aurait pas apporté de réponse directe à ces critiques.

Le souvenir du référendum de 2004

Le 24 avril 2004, les deux communautés de l’île avaient voté sur le plan Annan, élaboré sous l’égide des Nations unies pour réunifier Chypre. Les Chypriotes turcs l’avaient approuvé à près de 65 %, tandis que les Chypriotes grecs l’avaient rejeté à près de 76 %. Malgré cet échec, la République de Chypre est entrée dans l’Union européenne quelques jours plus tard, représentant l’ensemble de l’île, alors que l’acquis communautaire reste suspendu dans le nord.

À la suite du référendum, l’UE avait promis de mettre fin à l’isolement économique des Chypriotes turcs et de soutenir leur développement. Plus de vingt ans après, de nombreux responsables chypriotes turcs estiment que ces engagements n’ont jamais été pleinement respectés.

Une crédibilité européenne contestée

La récente nomination d’un Représentant spécial de l’UE pour Chypre, décidée sans consultation officielle de la partie chypriote turque selon ses représentants, alimente aussi les doutes sur l’impartialité de Bruxelles dans ce dossier.

Pour la République turque de Chypre du Nord (RTCN), cette situation confirme le manque de considération accordé aux attentes de la communauté chypriote turque depuis 2004. Le débat relancé par cette intervention rappelle que la question chypriote reste marquée par des promesses européennes jugées inachevées et par une confiance toujours fragile entre Bruxelles et les Chypriotes turcs.