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L’Autrichien Stephan Steiner : un suivi journalistique de la reconquête ottomane à l’Est (1918)

vendredi 16 avril 2021 | par SibiryaKurdu


"L’expansion vers l’Est", Bulletin périodique de la presse allemande, n° 81, 10 juin 1918, p. 3 :

"Les voisins Sud de l’Ukraine , riverains de la Mer Noire, en sont maintenant, eux aussi, à la phase de « consolidation » ou s’en rapprochent. On va, maintenant, faire un sort à la Crimée et au Caucase. Dans le Nordd. Allgemeine Ztg., 15.5, le professeur Albrecht Wirth décrit les ressources de toute nature et fait un sommaire historique de la péninsule entre mer Noire et mer d’Azow. Il en attribue la renaissance aux progrès des colons allemands qui y détiennent déjà plus de la moitié du sol. — Le comte Mirbach ayant déclaré que Sébastopol avait été occupée à la suite des attaques de la flotte de la mer Noire entre Cherson et Nikolaïev, Tchitcherine se contente de répondre que la flotte russe a agi sans instructions (Lokal Anzeiger, 16.5). Wirth revient à la charge dans le Tag rouge du 19. Il insiste sur l’importance stratégique exceptionnelle de la Crimée et conclut sa dissertation sur les bienfaits de la colonisation germanique par cette sentence : « Quelle erreur fatale que la décision du 12 avril, où le Congrès des colons demandait le rapatriement. Non ! C’est la solution contraire qu’il faut adopter. Nos colons sont là-bas les meilleurs pionniers imaginables. Au lieu de les y éliminer, il faut les y renforcer. Non pas en arrière, mais en avant ! » Toute une campagne s’amorce en ce sens (cf. Rheinisch Westfälische Ztg., 21.5, et Frankfurter Ztg., 25.5). — Au Caucase, la « mainmise » s’affirme déjà. « Les Turcs paraissent avoir occupé, entre les Arméniens et les Géorgiens, les territoires à eux attribués par le traité de Brest-Litovsk » (Hamb. Fremdenblatt, 15.5).

Par la Transcaucasie passe le chemin continental de la Mer Noire à la Perse, à l’Afghanistan et l’Asie Centrale. Il faut la rattacher à la zone d’influence de la Moyenne-Europe. Le moment est venu de régler la question d’Arménie et de fixer les rapports entre la Turquie et la Transcaucasie (Köln. Volksztg., 18.5). Dans le Lokal-Anzeiger des 21 et du 24, Stephan Steiner célèbre l’entrée des Turcs à Batoum et flétrit les atrocités arméniennes. — Les Musulmans viennent, faute de munitions, de se laisser enlever Bakou par les Bolcheviks. « Mais l’avenir de Bakou et du Caucase sera réglé de façon à rendre vains les sacrifices des avides Britanniques. Nous avons déjà souligné, dans ce journal, que la Quadruplice est décidée à ne pas se laisser barrer le chemin. ... En attendant, les Anglais ont remplacé les Turcs en Perse et tendent vers la Caspienne » (Köln. Volkszeitung, 22.5)."

"Questions militaires", Bulletin quotidien de presse étrangère, n° 817, 27 mai 1918, p. 1 :

"Les Turcs à Batoum. — De Constantinople le 20 mai.— On considère à Batoum le retour des Turcs victorieux comme une délivrance. Un fait qui donne bien une idée de la situation actuelle en Russie, c’est que 800 officiers russes et environ 4 000 soldats, à qui on avait laissé la latitude de rentrer chez eux, ont préféré rester et attendre l’arrivée de l’armée turque. Ils ont déclaré la peur qu’ils avaient d’être massacrés à leur retour en Russie. Les forts, de construction tout à fait moderne, ont été abandonnés aux Turcs avec tout leur armement, leurs parfaites installations techniques et une énorme quantité de munitions. Il n’a pas encore été possible de faire l’inventaire de tous les abris pour canons, dissimulés dans les différents forts et dans les casemates. Nous avons compté jusqu’ici plus de 200 canons, presque tous de très gros calibre. Tous les réservoirs de pétrole sont pleins. Il y a de grandes quantités d’huile à graisser, et, dans le port de commerce, beaucoup de manganèse. La situation politique s’éclaircit par suite de la rapidité de l’avance turque vers le Caucase. Les bandes arméniennes ainsi que les Géorgiens, qui, à l’instigation d’agents et d’officiers anglais , résistaient aux troupes turques, voient l’inutilité de nouvelles effusions de sang ; ils sont complètement coupés et leur situation stratégique est intenable. Aussitôt que l’ordre sera rétabli dans la nouvelle république du Caucase, et il le sera prochainement, rien ne s’opposera plus à la signature de la paix avec la Turquie. Le front du Caucase, difficile à tenir, cesserait d’exister pour la Turquie. — (Dr Stephan Steiner) Tag, 21.5."

"Revendications ethniques", Bulletin quotidien de presse étrangère, n° 826, 5 juin 1918, p. 4 :

" « Les atrocités arméniennes contre les Turcs » [sous ce titre]. — Partout dans le Kurdistan et en Arménie on suit pas a pas la trace des cruautés commises par les bandes arméniennes après la retraite russe. Tout le pays de Trébizonde à Erzindjan et à Erzeroum est en ruines. Les ruines sont remplies de cadavres turcs mutilés avec une cruauté sans exemple. Ce qui reste de la population turque dut son salut à la fuite dans les montagnes. Les Russes avaient bien traité les habitants et les avaient protégés contre les attaques des bandes arméniennes , mais lorsque celles-ci devinrent maîtresses du pays, l’extermination commença. Les Arméniens disaient ouvertement, qu’ils voulaient nettoyer les territoires kurdes et arméniens et régler une fois pour toutes la question des races. Il y eut à Kars des rencontres sanglantes entre les Arméniens et les officiers russes qui voulaient sauver les prisonniers turcs. Erzeroum est remplie de cadavres. On prétend, jusqu’ici sans preuves, que les Arméniens auraient également mutilé des prisonniers allemands et autrichiens. — (Dr Steiner) Tag, 24.5."

Sur ces théâtres d’opérations : Première Guerre mondiale : l’occupation russe de l’Anatolie orientale

Le général Vehip Paşa (Vehib Pacha) et les Arméniens Chrysanthos Filippidhis : un pilier de la communauté grecque de Trabzon face aux Turcs, aux Russes et aux Arméniens

Les combattants arméniens à Erzurum (1918) : lâcheté et massacres de civils

Transcaucasie (1918) : les tueries de populations azéries par les forces dachnako-bolchevistes

L’occupation-annexion ottomane de Batoum (1918)

Les populations musulmanes et chrétiennes de Kars, au gré des fluctuations militaires et géopolitiques

Les enquêtes diligentées par le gouvernement américain en Anatolie orientale (1919-1920)

Le conflit entre la République dachnake et les populations non-arméniennes

Sur les sources allemandes : Les Arméniens et la pénétration allemande en Orient (époque wilhelmienne)

Atrocités arméniennes : une réalité admise par les Allemands contemporains (en public et en privé)

Cemal Azmi Bey et les Arméniens

Tahsin Bey : protecteur des Arméniens, homme de confiance de Talat Paşa et membre de l’Organisation Spéciale

Ali Fuat Erden et Hüseyin Hüsnü Erkilet : d’une guerre mondiale à l’autre

Première Guerre mondiale : les efforts pour ravitailler et aider les déportés arméniens

Ernst Jäckh et les Arméniens

Le point de vue du publiciste allemand Ernst Jäckh sur les massacres d’Arméniens

Le général Friedrich Bronsart von Schellendorf et les Arméniens

Le comte Johann Heinrich von Bernstorff et les Arméniens

Mémoires de guerre : les contradictions entre le général Ludendorff et le maréchal Hindenburg


Voir en ligne : http://armenologie.blogspot.com/202...