L’Allemagne continuera de soutenir les négociations d’adhésion de la Turquie, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, le 2 juillet. Mais elle n’écarte pas, l’idée du partenariat privilégié comme étant une "bonne alternative" à l’adhésion.

« Vous connaissez notre position et elle n’a pas changé », a dit Mme Merkel lors d’une conférence de presse. Durant sa campagne législative en 2005, Mme Merkel et ses collègues du parti de l’Union des Chrétiens démocrates (CDU) ont, de la même manière que Nicolas Sarkozy, misé sur la montée de la turcophobie en demandant l’établissement d’un « partenariat privilégié » entre l’UE et la Turquie plutôt qu’une pleine intégration.

« Nous voulons une relation étroite entre la Turquie et l’UE. Nous sommes favorables à l’idée du partenariat privilégié ; nous respectons les accords et participons donc aux négociations d’adhésion », a expliqué Mme Merkel.

Suite à sa nomination à la tête de la « grande coalition » entre le CDU et le parti des démocrates sociaux de centre gauche (SPD), qui soutient l’adhésion de la Turquie, elle a adopté une position plus ambigue sur le sujet : soutenir les négociations afin d’obtenir des concessions de la part des Turcs sans pour autant les accueillir dans l’Union au final.

La position de Mme Merkel est partagée par le président français, Nicolas Sarkozy. Mais ce dernier va plus loin et demande l’interruption des négociations d’adhésion avec la Turquie.

Le Premier ministre portugais, Jose Socrates, dont le pays a succédé à l’Allemagne à la présidence de l’UE le 1er juillet, a dit vouloir la poursuite des négociations d’adhésion et a laissé entendre que le moment était mal choisi pour lancer un débat alors que le nouveau traité n’est pas encore finalisé.

Le manque d’enthousiasme des membres de l’UE à accueillir la Turquie mais le maintien de positions visant à renforcer l’influence de l’UE en Turquie sans aucune contrepartie pour les Turcs a fortement favorisé la montée du "NON" à l’UE en Turquie. A l’heure actuelle, plus de la moitié de la population turque est opposée à l’adhésion de la Turquie à l’UE et préfèreraient que les négociations cessent.

Les positions ultra-libérales de l’AKP, parti d’origines islamistes, au pouvoir en Turquie a également renforcé le camp Républicain, attaché à la laïcité et préférant des négociations d’adhésion où la Turquie et les Turcs serait traitée dignement plutôt que des "retournements de veste" consécutifs.

avec Europolitique