EURTRY:

Accueil > Nos rubriques > Actualité > Point sur l’actualité du conflit dans le (...)

Point sur l’actualité du conflit dans le Haut-Karabakh en Azerbaïdjan


Ecrit par Engin, 2020-10-16 11:47:23


Point sur l’actualité du conflit dans le Haut-Karabakh en Azerbaïdjan

Avec Azerbaïdjan TODAY

Depuis le 27 septembre dernier, l’attaque de l’Arménie sur les frontières azerbaidjanaises a ravivé un conflit ancestral concernant le territoire du Haut-Karabakh. Il est important d’apporter un éclairage historique et culturel pour mieux comprendre les enjeux de ce conflit.

Le Haut-Karabakh : une terre en Azerbaïdjan depuis le Moyen Âge

Depuis des millénaires, le Karabakh (signifiant le jardin noir en langue azéri), est une terre sacrée appartenant à l’Azerbaïdjan.

Cette région du sud-ouest de l’Azerbaïdjan est subdivisée en 3 sous-régions : le Haut-Karabagh, le bas-Karabakh et le Syunik.
Malgré son attitude culminant à 2 700 mètres, le Karabakh est connu pour ses jardins fertiles et la richesse de la nature. Riche en matières premières (mines d’or), cette région joua un rôle historique, comme véritable pont entre l’Occident et l’Orient par la richesse de sa culture.

Déjà au Moyen Âge, après l’invasion arabe, le Karabakh faisait partie des royaumes féodaux azerbaïdjanais regroupant de nombreux peuples comme les Sajids, Ravvadids, Eldegises, Karakoyunlu, Akkoyunlu, Séfévides, mais aussi les khanats du Karabakh qualifiés « d’Azerbaïjani » de confession musulmane chiite.

Pendant la période de l’Empire mongol au XIIIe siècle, le territoire du Karabakh appartenait toujours au royaume azerbaïdjanais avec sa capitale Tabriz.
A la fin du XVe siècle, le Shah perse Ismaïl 1er conquiert la Transcaucasie et après une guerre contre les Ottomans, son fils repousse les Turcs.
En 1738, Nader Shah de Perse, appelé aussi le « Napoléon iranien » va conquérir des terres à l’est de son royaume jusqu’en Inde et en Afghanistan.

Sous son règne, de nombreuses entités comme les Khanats aspirent à leur indépendance. Toutefois, à partir de 1796, le tsar Pierre le Grand et ses troupes envahissent le Caucase de l’Est.
Ils occupent le Karabakh en 1805 et la ville de Bakou devient la capitale d’un gouvernement russe au terme du traité de Turkmantchaï en 1828 annonçant la fin de la guerre russo-persanne.
A partir de ce traité, le tsar invite les Arméniens à quitter la Perse et la Turquie pour s’installer dans son empire, afin d’augmenter l’influence chrétienne dans la région.
C’est seulement à partir de cette époque que les Arméniens s’installèrent au Haut-Karabakh.
Lors de l’effondrement du bloc soviétique en 1991, les Arméniens du Haut-Karabakh, soutenus par l’Arménie, profitent pour revendiquer leur indépendance en occupant le territoire et en chassant les Azerbaïdjanais hors de cette enclave.

Le 2 septembre 1991, ils déclarent leur indépendance, alors qu’elle n’est reconnue à ce jour par aucun État membre de l’ONU.

Malgré la trêve humanitaire négociée le vendredi 9 octobre à Moscou entre les ministres des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, l’armée arménienne a violé cette trêve.
Dès samedi dernier, ils ont tiré à partir du territoire de l’Arménie des obus d’artillerie sur certains complexes résidentiels dans les régions du Tartar et de Jabrayil, villes limitrophes de la région du conflit.

Depuis le début des nouveaux conflits le 27 septembre 2020, la trêve humanitaire est bafouée par l’Arménie.

Encore plus grave, la ville de Gandja a été bombardée à partir de Vardenis en Arménie qui se trouve à 200 km de Gandja et loin de la zone de conflit du Haut-Karabakh.

En pleine nuit du dimanche 11 octobre, ils ont détruit le centre ville historique de la deuxième plus grande ville d’Azerbaïdjan avec ses 500 000 habitants.

Ces obus, tirés directement sur les habitations, ont tué 9 civils (dont 4 femmes) et ont blessé 34 autres (dont 16 femmes et 6 enfants). En outre, 10 immeubles d’habitation et plus de 100 autres infrastructures civiles ont été gravement endommages.

L’ambassadeur d’Azerbaïdjan en France, Rahman Mustafayev, précise que « Ces tirs délibérés de l’Arménie sur des civils, des maisons, des biens civils de l’Azerbaïdjan sont une provocation politico-militaire qui démontre une fois de plus le mépris du pays pour les normes et principes fondamentaux du droit international ».

Le patrimoine culturel azerbaïdjanais détruit par les bombes arméniennes

En plus du drame humanitaire, cette attaque a ravagé le centre historique de Gandja causant des pertes irrémédiables pour le Patrimoine de l’Humanité.

L’Unesco avait dernièrement rendu hommage à cette ville de culture en évoquant le poète et philosophe azerbaïdjanais Nizami Ganjavi et la poétesse et féministe du XIIe siècle, Mahsati Ganjavi,

Dans la région de Fuzuli au sud de l’Azerbaïdjan, le Mausolée Sheykh Babi du 13e siècle a été également détruit par des tirs de roquettes laissant fortement croire que les Arméniens souhaitent s’attaquer à des symboles historiques du patrimoine culturel de l’Azerbaïdjan.
D’ailleurs, déjà après l’occupation de la ville d’Aghdam par les forces armées arméniennes en 1993, la Mosquée Joumah, comme d’autres monuments historiques, a été incendiée et transformée volontairement en porcherie en guise de provocation.

L’Azerbaïdjan : un peuple laïc qui souhaite avoir le respect de son intégrité territoriale en accord avec l’ONU

Rappelons qu’en 2018, l’Azerbaïdjan avait célébré le centenaire de sa République démocratique.
Dès 1918, les gouvernants avaient une vision moderne pour leur pays en souhaitant constituer une république laïque et démocratique.
Avec la création d’un parlement national, des principes constitutionnels sont adoptés comme le droit de vote des femmes faisant preuve d’une grande modernité (bien avant la France en 1944). Cette république ne dure que 2 ans avec l’arrivée de l’Armée rouge et l’intégration de l’Azerbaïdjan dans l’Union Soviétique en 1920.

Toutefois, le principe laïc a toujours été de mise. Dès son indépendance vis-à-vis de l’Union Soviétique en 1991, l’Azerbaïdjan a su maintenir des relations de tolérance religieuse des Azéris avec plus de 20 minorités ethniques sur son territoire (Lezguins, Georgiens, Russes, Talych, Tats, Avars…).

Encore aujourd’hui, l’Azerbaïdjan est l’un des rares Etats de la région du Caucase à assumer pleinement son caractère multi-confessionnel et multi-ethnique, qui le met à l’abri du fondamentalisme religieux.

Depuis l’auto-proclamation des Arméniens dans le Haut-Karabakh (en 1991), le conseil de sécurité des Nations Unies a mis en place en 1993, quatre résolutions demandant à l’Arménie de retirer ses troupes d’occupation.

Les négociations pour la résolution finale de se conflit est organisé par le Groupe de Minsk, co-présidé par la Russie, les Etats-Unis et la France.

Aujourd’hui, avec la déclaration de guerre de l’Arménie, l’Azerbaïdjan demande le respect de son intégrité territoriale et donc aux membres du Groupe de Minsk d’user de leur pouvoir pour être en accord avec les résolutions de l’ONU.

Journaliste Alexandra Dumas

Mot-clé :
Haine Haut-Karabagh Terrorisme arménien
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank