Accueil | Nos rubriques | Histoire

L'exode massif des musulmans est-anatoliens pendant la Première Guerre mondiale : une réalité admise par les dachnaks et hintchaks

mardi 27 avril 2021 | par SibiryaKurdu


https://1.bp.blogspot.com/-nFirJJ-Q... <https://1.bp.blogspot.com/-nFirJJ-Q...>

Mikaël Varandian (idéologue de la FRA-Dachnak), L’Arménie et la question arménienne, Laval, G. Kavanagh & Cie, 1917, p. 102 :

"L’Arménie autonome , selon le voeu unanime de tous les Arméniens, engloberait les six vilayets d’Erzeroum, Van, Bitlis, Sivas, Kharpout, Diarbékir et la Cilicie.

Cette vaste région dont le territoire est à peu près égal à la moitié de celui de la France, est aujourd’hui presque déserte. Un grand nombre de Musulmans, Kurdes et Turcs, se sont retirés à la suite des progrès russes [et surtout à la suite des exactions massives de la part des Arméniens, nous y reviendrons], vers le Kurdistan et l’Anatolie, tandis que la population arménienne fut en partie exterminée , en partie déportée en Mésopotamie , ou évacuée au Caucase. Les centaines de milliers d’Arméniens qui se sont réfugiés en Arménie russe, vont rentrer dans leurs foyers [sic : la moitié sont morts à l’occasion de cette évacuation par l’armée russe et les dachnaks], maintenant qu’avec le régime de liberté il n’y a plus d’obstacle à leur rapatriement. D’autres centaines de mille vivent en ce moment à Constantinople , à Smyrne , en Anatolie et dans les déserts arabiques. Il y a enfin la vaste Diaspora (dans la seule Amérique du Nord, il y a plus de 100.000 Arméniens), qui n’attend que la libération de la Patrie pour y rejeter une grande partie de sa population."

K. Tahmazian (militant du parti Hintchak), Turcs et Arméniens. Plaidoyer et réquisitoire, Paris, H. Turabian, 1919, p. 36-39 :

"Quel sera le nombre probable des Turcs, en particulier, et des musulmans, en général, dans la nouvelle Arménie , au seuil de son existence autonome ? Voilà ce qu’il faut établir en prenant en considération les pertes turques, comme nous l’avons fait pour les Arméniens. Il ne faut pas, évidemment, prendre au sérieux l’affirmation d’un grand nombre de nos ennemis [pas seulement les "ennemis", comme on va le voir] qui prétendent que les Arméniens ont massacré autant de Turcs que ceux-ci d’Arméniens. (...)

Entendons-nous. Nous concédons volontiers que les crimes des dirigeants turcs ont causé « la mort de plus de Turcs que d’Arméniens » [sic] ; mais quant à la trahison et aux représailles des Arméniens, c’est matière à prouver.

Sans doute, dans les endroits où les Arméniens se sont défendus les armes en mains, il y eut des « victimes » turques. C’est le cas, par exemple, de Van, de Chabin-Karahissar, du Mont Moussa, d’Ourfa... Mais, de là à prétendre qu’il y eut des massacres turcs ou de vraies représailles organisés par les Arméniens, il y a loin [cette attitude de déni ne change strictement rien aux faits historiques : tant les archives russes que les observations de Britanniques et d’Américains sur place attestent que ces massacres furent massifs et récurrents].

Aussi, ne mettrons-nous pas sur le compte des « atrocités arméniennes » 600.000, et même 1.000.000 de Turcs massacrés, comme le prétend le mémoire de la Sublime-Porte , en date du 12 février 1919 [il est possible que les décès consécutifs à l’exode soient compris dans ce chiffre].

Une chose est certaine. Ces quatre années de guerre ont coûté terriblement cher aux Turcs en vies humaines, personne ne cherche à nier cette évidence. Nos ennemis trouvent que c’est nous, Arméniens, qui sommes coupables, en grande partie , de cette situation. (...) Et si nous comptons les pertes de la population civile turque causées par la famine et les multiples épidémies , nous tomberons d’accord avec le memorandum arménien qui déclare : « Leur (Turcs) nombre a diminué en Arménie dans une proportion plus grande qu’on ne le suppose généralement. » ( p. 18). Le fait suivant illustre assez cette déduction.

A la fin de 1917, les trois vilayets de l’Arménie turque : Erzeroum, Van, Bitlis, qui ont été envahis par les Russes victorieux, ne comptaient que 46.000 Turcs et 50.000 Kurdes, tandis qu ’avant la guerre, ces trois vilayets réunissaient : Turcs, 330.000 (soit une diminution de 284.000) ; Kurdes, 224.000 (soit une diminution de 174.000). D’après les déclarations officielles turques, plus de 700.000 musulmans s’enfuirent devant l’envahisseur moscovite (1). (...)

(1) Le Journal Officiel turc, page 567, compte rendu sur la 42e séance du Sénat (cité par. Réponse à la Sublime-Porte, p. 10)."

Voir également : La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale

Réparations : une question insoluble

Les nationalistes arméniens, des idiots-utiles de l’expansionnisme russo-tsariste

Les volontaires arméniens de l’armée russe : des criminels de guerre

Première Guerre mondiale : l’occupation russe de l’Anatolie orientale

Les atrocités des insurgés arméniens en Anatolie orientale (avant les déportations de 1915)

Atrocités arméniennes : une réalité admise par les Allemands contemporains (en public et en privé)

Le général Friedrich Bronsart von Schellendorf et les Arméniens

L’émir Chekib Arslan et les Arméniens

Les témoignages américains sur la tragédie arménienne de 1915

Les enquêtes diligentées par le gouvernement américain en Anatolie orientale (1919-1920)

Les ravages des troupes russo-assyro-arméniennes pendant la Première Guerre mondiale : une réalité admise par les Britanniques contemporains

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l’armée russe durant la Première Guerre mondiale

Les Arméniens pendant la Première Guerre mondiale : les réflexions rétrospectives de Clair Price et Arnold J. Toynbee

Le général Vehip Paşa (Vehib Pacha) et les Arméniens

Les combattants arméniens à Erzurum (1918) : lâcheté et massacres de civils


Voir en ligne : http://armenologie.blogspot.com/202...