vendredi 9 décembre 2022

Jean-Paul Bret ou le thuriféraire de « la cause arménienne »

Publié le | par Turquie News | Nombre de visite : 918 |
Jean-Paul Bret ou le thuriféraire de « la cause arménienne »

« Ce mardi 3 novembre 2009 à 14 heures au Nouveau Palais de Justice de Lyon (rue servient 69003) se tiendra le procès intenté par Sirma Oran-Martz, la fille de Baskin Oran à l’encontre du maire de Villeurbanne Jean Paul BRET, pour "discrimination", car il lui a demandé sa position quant au génocide arménien. VENEZ NOMBREUX POUR LE PROCÈS » [1]
C’est en ces termes que le site communautaire arménien : « Nouvelles d’Arménie Magazine » appelait depuis le 30 octobre à la mobilisation militante afin de soutenir le premier magistrat de Villeurbanne cité à comparaître par Sirma Oran-Martz, jeune femme d’origine turque.

L’appel avait été entendu par les Arméniens puisque la salle d’audience de la 6ème chambre du Tribunal correctionnel de Lyon était noire de monde. Une petite centaine de personnes à l’intérieur auxquelles venait s’ajouter un groupe d’une trentaine à l’extérieur de cette petite salle devenue trop exiguë pour l’occasion. Alors que les militants arméniens constituaient la très grande majorité du public, le nombre de Franco-Turcs et d’amis de la Turquie ainsi que les quelques rares journalistes et autres curieux se comptaient sur les doigts.

Etaient également visibles dans l’assistance des figures du militantisme arménien comme Ara Toranian ou Movsès Nissanian, conseiller municipal de Villeurbanne particulièrement virulent dans cette affaire visant à congédier cette « Turque » vue comme un danger pour « la cause arménienne » si elle obtenait un mandat électoral.

Les extrémistes arméniens, particulièrement bruyants par leurs vociférations, leurs commentaires orientés, leurs railleries et autres persiflages acerbes, obligeaient Maître Charles Morel, avocat de Sirma Oran-Martz à s’interrompre régulièrement pour réclamer le silence.
D’ailleurs, le Président a également dû intervenir pour exiger le calme « au nom de la cause » ! Ses cinq derniers mots étaient pour le moins incongrus s’agissant d’un juge.

Pour mémoire, en janvier 2008, alors que la stratégie d’une liste d’union de la Gauche avait été convenue, la tête de liste, Jean-Paul Bret, avait exigé que Sirma Oran-Martz, candidate des Verts, « soit claire vis-à-vis de la reconnaissance du génocide arménien » en raison de ses origines turques. Après le délit de faciès, nous voilà confrontés au délit d’origine.

L’édile de Villeurbanne, loin de battre à Niort, a expliqué au Tribunal que : « Poser la question à une personne d’origine turque et appartenant à une association franco-turque est la moindre des choses. Et cela aurait été une faute de ne pas le faire » argumentant qu’il en aurait été de même avec un éventuel candidat qui aurait eu dans le passé des accointances avec le « Front national » ! Et voilà que Sirma Oran-Martz était, dans un élan insoutenable d’élégance typiquement ‘Bretesque’, associée au Front national. Sans doute la jobardise imbécile en vogue chez les fanatiques arméniens qui se plaisent à amalgamer le Turc et le Nazi a-t-elle déteint sur Monsieur Bret.

Par ailleurs, le Maire de Villeurbanne n’a pas hésité à accuser : «  les associations franco-turques sont le bras armé du consulat turc qui pratique un lobbying acharné pour contrer la reconnaissance du génocide arménien ». Edifiant ! Heureusement pour lui que le ridicule ne tue pas.

Il s’est également vanté d’être « l’un des artisans de la loi déclarative de janvier 2001 : ‘La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915’ » et a poursuivi en affirmant que que son combat « en faveur de la reconnaissance du génocide arménien était probablement sa plus grande fierté dans sa vie politique ». L’obédience sans faille aux Arméniens de cet élu constitue un terreau très fertile au communautarisme qu’il a pourtant décrié lui-même. Les militants et électeurs arméniens par leur présence massive ont honoré leur fervent et zélé vassal.

Alors même qu’elle était appelée par Sirma Oran-Martz, Béatrice Vessiller, 2ème adjointe de Jean-Paul Bret et à l’époque chef de file des Verts, a jugé « légitimes » les soupçons de Jean-Paul Bret. Madame Oran-Martz en sentant le yatagan de la trahison la transpercer froidement a dû penser que les méandres de la politique étaient bien nauséabonds.

Malgré le climat d’agressivité que faisaient régner les trublions arméniens, Sirma Oran-Martz a dignement relaté sa stigmatisation par ses origines à travers une question purement politique qui n’avait été posée qu’à elle seule parmi les 54 colistiers. Elle a indiqué avoir jeté l’éponge après les « multiples pressions » et notamment l’humiliation vécue lors de la photo de groupe dont elle a été perfidement exclue par le clan Bret : « J’ai été traitée comme une pestiférée », a-t-elle révélée et a conclu : «  Je suis sortie de six mois de dépression le jour où j’ai déposé plainte  ».

Précisons également qu’à la sortie du procès, l’un des amis de Mme Oran-Martz était poussé puis invectivé. D’autres injures anti-turques ont fusé de l’imposant groupe arménien.

Que dire de plus ? Peut-être citer l’artiste égyptienne Ghada Amer : « S’il est difficile d’éradiquer la faim dans le monde, est-il plus facile de soigner le racisme en France ? » et ajouter : « surtout s’il est le fruit de la vengeance arménienne ».
Sirma Oran-Martz a confessé avoir vaincu sa dépression en portant plainte, peut-être les Arméniens devraient-ils suivre son exemple et porter leur différend avec la Turquie devant une cour internationale ; ainsi, se libèreraient-ils de la haine qui les détruit. Mais cela exige honnêteté et courage intellectuels. A eux de nous prouver qu’ils n’en manquent pas.

En attendant, le jugement a été mis en délibéré au 5 janvier 2010 date à laquelle aura lieu le procès qu’intente un étudiant en Histoire à l’encontre de Movsès Nissanian, conseiller municipal de Villeurbanne. La salle devrait encore être surchargée puisque le courageux Movsès appelle d’ores et déjà les moutons de Panurge à la « solidarité » [2].

A.A.

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