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lundi 8 août 2022

Des dizaines de milliers manifestants à Paris contre la loi de censure arménienne

Publié le | par Turquie News | Nombre de visite : 730 |

Info Turquie News - www.turquie-news.com - Drapeaux français et turc à la main, au moins 30.000 personnes ont bravé la censure, la haine et la pluie pour défendre la liberté d’expression et le devoir de mémoire aujourd’hui à Paris.

Ils manifestaient pour dénoncer le vote prévu lundi au Sénat d’une loi pénalisant la contestation du "génocide arménien" (légiférée le 29 janvier 2001). Une loi rédigée à l’aide d’avocats proches des organisations de lobbying arméniennes et portées à l’Assemblée Nationale par la député UMP Valérie Boyer (Marseille, où les nationalistes arméniens sont très influents au sein de la communauté).

"Nous manifestons pour dénoncer ce harcèlement. Il se passe quelque chose de très grave", a déclaré Ahmet Ogras, président de l’Union des démocrates turcs européens.

"Les Arméniens font du lobbying auprès des sénateurs. Il y a une épée de Damoclès sur la tête des sénateurs qui veulent s’abstenir ou se prononcer contre cette loi", a-t-il ajouté.

"Halte aux lois électoralistes"

Les manifestants venaient de toute la France et ont été rejoints par d’autres originaires de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, d’Allemagne et du Royaume-Uni.

Les manifestants dont des enfants et de personnes âgées ont défilé de la place Denfert-Rochereau jusqu’au Sénat durant plus de quatre heures malgré la pluie et le froid.

"Les franco-turcs ne sont pas des objets politiques mais des citoyens", pouvait-on lire sur les pancartes devant le Sénat. Les manifestants, appartenant à de nombreuses associations, ont défilé au cri de "J’aime la France des libertés", "J’aime la France de l’égalité", "Halte aux lois électoralistes".

Une manifestation exemplaire

Démarrant aux alentours de 12h, le cortège est arrivée devant le Sénat à 16h environ. Après des discours prononcés par les responsables associatifs, les manifestants se sont dispersés dans le calme.

Pourtant, on a pu noter, parmi les manifestants et aux abords la présence de plusieurs groupes de jeunes extrémistes arméniens. Certains étaient là pour "surveiller" et photographier les manifestants et d’autres les interpelaient en essayant de les provoquer. Mais au grand dam des activistes arméniens, les manifestants ne sont pas tombés dans le piège. Cependant, un groupe de nationalistes arméniens a pris à parti un correspondant de Turquie News qui les photographiait.

Les raisons de la colère

Les sénateurs doivent se prononcer lundi sur la proposition de loi controversée et présentée sous la pression des organisations nationalistes arméniennes de France. Elle a déjà été approuvée par une poignée de députés (une cinquantaine à peine) fin décembre. De nombreux députés et sénateurs ont exprimé leur forte réticence au texte soulignant son caractère liberticide, clientéliste et anticonstitutionnel mais peu ont eu le courage de voter contre et donc de s’opposer au lobby arménien.

La commission des lois du Sénat a rejeté mercredi ce texte. Elle a voté une motion d’irrecevabilité, jugeant le texte "contraire à la Constitution". Mais ce texte devrait malgré tout être voté lundi en séance, une majorité semblant se dessiner en sa faveur notamment grâce à Nicolas Sarkozy et François Hollande qui, soucieux de faire plaisir au lobby arménien, pressent les membres de leur parti respectif de voter la loi.

Le texte prévoit de lourdes peines : un an de prison et 45.000 euros d’amende pour toute contestation mais aussi pour la minimisation d’un génocide reconnu par la loi française. A noter que seul le "génocide arménien" est reconnu par la loi (cf. loi du 29 janvier 2001, une loi mémorielle votée peu avant une autre période électorale).

Les historiens indépendants et spécialisés dans l’étude de l’Empire Ottoman réfutent le terme "génocide" pour les événements de 1915. Citons parmi ceux là feu Robert Mantran, Bernard Lewis, Gunter Lewy ou Gilles Veinstein. M. Veinstein avait d’ailleurs été la cible d’agressions de la part de nationalistes arméniens.

Le lobby arménien mène sa propagande

Les organisations de lobbying arméniennes de France, soutenues par l’Ambassadeur d’Arménie en Suisse, C. Aznavour, ont par ailleurs publié aujourd’hui dans la presse une pleine page de publicité.
Le "Conseil de coordination des organisations arméniennes de France" (dont la FRA Dashnaktsoutioun, le parti nationaliste-socialiste arménien, extrémiste et sa branche jeunesse la FRA Nor Seround sont les membres les plus influents) a publié dans Le Monde un "appel" au "respect pour les victimes du génocide arménien". Respect dont les victimes ne manquent pourtant pas, les Turcs et les historiens spécialisés en turcologie reconnaissent les massacres mais réfutent le terme "génocide".

Le contentieux des mots

On a pu lire lors de la manifestation le slogan "Les politiques font l’histoire. Laissons les historiens faire la politique" ou "Ce n’est pas aux historiens d’écrire l’histoire".

La Turquie a plusieurs fois proposé à l’Arménie la mise en place d’une commission mixte d’historiens dont elle s’est engagée d’avance à accepter les conclusions. L’Arménie l’avait envisagé mais avait finalement du faire marche arrière face aux pressions des ultra-nationalistes de la diaspora, notamment ceux de France. Le président arménien avait d’ailleurs été l’objet d’attaques d’activistes de la FRA Dashnaktsoutioun lors d’une visite à Paris. Les CRS avaient du intervenir pour garantir la sécurité du président.

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