dimanche 4 décembre 2022

Des cartes en couleur pour économiser le gaz

Turquie

Publié le | par Sophie C. | Nombre de visite : 315 |

En 2007, l’Union européenne a lancé en Turquie un appel d’offres dont
l’objet était la promotion du « dialogue de la société civile ».
Concrètement, 16 millions d’euros devaient financer des projets contribuant à cet objectif, des projets concernant notamment les municipalités. « Dans le cadre d’un jumelage avec la Turquie sur l’efficacité énergétique, notre équipe a saisi cette occasion pour monter une proposition, commente Bernard Cornut, expert de
l’ADEME aujourd’hui détaché à Ankara auprès du ministère turc de l’Environnement et de la Forêt. En partenariat avec la ville d’Istanbul et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), le projet concerne Sivas, ville
d’Anatolie où vivent 340000 habitants à 1300 mètres d’altitude. Il associe les compagnies de gaz de Sivas et d’Istanbul, l’ADEME, l’Union des Municipalités de Turquie et la Direction générale turque
chargée de l’efficacité énergétique. »

Après négociations, la municipalité de Sivas a signé son contrat européen fin mai 2008. « Son objet est d’intégrer, dans le système d’information géographique (SIG) municipal, la base de données des consommations de gaz des clients résidentiels de la ville anatolienne, où ce combustible est arrivé il y a deux ans. Cela fournira des indicateurs de consommations des logements et des immeubles de la ville, par m² de logement, par m2 et par degré jour de chauffage, et en % par rapport à la moyenne de la ville. Sur les cartes, on repérera facilement ceux qui gaspillent le moins d’énergie, et surtout, ceux qui
méritent une réhabilitation thermique. »

UN ENJEU POUR LA TURQUIE MAIS AUSSI POUR L’ADEME

Il est vrai que les enjeux sont importants, car les conclusions des cartes thermiques monde serviront de support pour encourager la population, les banques, les opérateurs et les différents acteurs prêts
à s’engager ensuite dans des actions correctrices. « À Sivas, le chauffage est un poste de dépenses particulièrement lourd pour les habitants. Une meilleure isolation et la rénovation du système de chauffage peuvent diminuer de 40 à 70% la consommation de gaz pour se chauffer.

L’intérêt du projet est donc indéniable.

Une banque turque est déjà venue à Sivas et cherche à créer un produit financier adapté aux copropriétés. » Plus avancée en matière de SIG et de gestion de gaz, la ville d’Istanbul teste la procédure dans
un quartier pilote.

Déjà impliquées dans la genèse du projet, l’ADEME et l’ambassade de France sont partenaires de ce projet de 250 000 euros (dont 182 000 pris en charge par l’Europe).

« Ce projet est une première sur le secteur du gaz qui sera présentée au congrès international du gaz à Istanbul en juin, conclut Bernard Cornut. Lorsqu’il aura abouti, la Turquie aura une longueur d’avance sur une méthode exemplaire et innovante pour aider à la lutte contre le changement climatique. »

 [1]


[1Un conseiller sans frontière

Diplômé de l’École polytechnique et de l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, Bernard Cornut a très vite été passionné par le monde méditerranéen et le travail sur le terrain.

Depuis 1973, les missions se succèdent : Libye, Liban, Syrie, Irak… Engagé par l’Agence française de la maîtrise de l’énergie (AFME) en 1982 comme responsable de la région Asie et Moyen-Orient, puis conseiller détaché auprès du ministère égyptien de l’Agriculture, chef du Service agriculture bois biomasse en 1991-1992, il coordonne ensuite différentes actions de l’ADEME dans les pays émergents… et occupe le poste de conseiller résident dans le cadre du jumelage avec la Turquie qui se termine, l’un des onze jumelages institutionnels auxquels participe l’Agence.


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