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lundi 16 mai 2022

Ankara et Moscou s’entendent pour construire une centrale nucléaire en Turquie

Publié le | par Hakan |

Ankara et Moscou s'entendent pour construire une centrale nucléaire en Turquie

La Russie a signé mercredi à Ankara un accord avec la Turquie pour la construction de la première centrale nucléaire turque, un projet salué par le président russe Dmitri Medvedev comme le symbole des liens "stratégiques" qui unissent les deux pays.

"Cet accord ouvre une nouvelle page dans notre coopération", a déclaré après la signature de l’accord M. Medvedev, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nos discussions aujourd’hui ont montré que la Turquie et la Russie sont des partenaires pas seulement dans les mots, mais sérieusement", a-t-il poursuivi.

Le mémorandum sur la construction et l’exploitation d’une centrale nucléaire à Akkuyu, sur la côte méditerranéenne turque, était l’un des quelque 20 accords signés mercredi par les deux pays, pour un montant total d’investissements estimé par M. Medvedev à 25 milliards de dollars (19,7 milliards d’euros).

"Ca a l’air vraiment impressionnant", a-t-il commenté.

M. Erdogan a indiqué que la construction débuterait après la ratification de l’accord par les Parlements des deux pays et prendrait sept ans.

Un consortium mené par la société d’Etat russe Atomstroyexport avait déjà remporté un appel d’offre pour la construction d’une centrale de 4.800 mégawatts à Akkuyu, mais la procédure a été annulée l’an dernier à la suite d’une décision du Conseil d’Etat turc.

L’accord signé mercredi "est un très gros contrat", a déclaré à des journalistes Sergueï Kirienko, le directeur général du géant russe du nucléaire Rosatom. "Le prix approximatif d’un tel projet est d’environ 18 à 20 milliards de dollars".

M. Kirienko a indiqué que la Russie serait propriétaire de la centrale, en ne détenant "pas moins qu’une part assurant le contrôle".

"Il s’agit d’une situation nouvelle", a-t-il estimé. "La Russie n’avait jamais auparavant possédé de centrale nucléaire hors de son territoire (...) Pour nous, il s’agit d’un contrat extrêmement important".

M. Erdogan a souligné qu’il avait discuté avec M. Medvedev de la coopération dans le domaine énergétique, et notamment de l’approvisionnement en gaz et en pétrole des marchés européens via la Turquie.

Il a cité le projet russe de gazoduc South Stream, qui ambitionne d’alimenter l’Europe en contournant l’Ukraine, et la proposition turque de construire un oléoduc entre les ports turcs de Samsun, sur la mer Noire, et Ceyhan, en Méditerranée, pour désengorger le détroit du Bosphore.

"Nous sommes déterminés à faire ce pas", a dit M. Erdogan au sujet du Samsun-Ceyhan, ajoutant que le projet serait complété par la construction d’une raffinerie à Ceyhan.

Le coût du projet a été évalué à trois milliards de dollars par des responsables russes.

L’an dernier, la Turquie avait obtenu des assurances de la Russie concernant l’approvisionnement de cet oléoduc, en échange de l’autorisation pour les Russes d’effectuer des recherches dans les eaux territoriales turques en mer Noire, par lesquelles Moscou souhaite faire passer son gazoduc South Stream.

M. Erdogan a annoncé que la Turquie et la Russie se fixaient pour objectif un volume d’échanges annuels de 100 milliards de dollars d’ici cinq ans.

Un autre accord important, concernant la levée des visas entre les deux pays pour les séjours inférieurs à 30 jours a également été signé mercredi.

Les échanges russo-turcs ont explosé depuis la chute du communisme, pour atteindre 22,9 milliards de dollars en 2009. La Turquie achète 60% de son gaz à la Russie et accueille chaque année plus d’un million de vacanciers russes sur ses plages.

Source AFP


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