La déclaration du président de la société pétrolière azerbaïdjanaise sur la possibilité de livrer du gaz à l’Arménie, a divisé l’opinion publique.
Rovnaz Abdullaev, le président de la société pétrolière d’Etat de l’Azerbaïdjan (SOCAR) a déclaré que Bakou est prêt à livrer du gaz à l’Arménie si cette dernière en fait la demande. Une déclaration qui divise l’opinion publique du pays. Certains y sont farouchement opposés tandis que d’autres soutiennent cette initiative.
La Russie, principal fournisseur en gaz de l’Arménie a augmenté ses prix de 64%. Les Arméniens se sont réunis en masse devant l’ambassade russe à Bakou pour protester contre cette hausse.
C’est dans ce contexte que le président de la SOCAR, M. Abdullaev, a laissé entendre que son pays pourrait vendre du gaz à l’Arménie, si cette dernière en fait la demande.
« L’Azerbaïdjan est un pays humanitaire et est conscient de son rôle de leader dans la région. Si l’Arménie nous demande de l’aider en lui fournissant du gaz, naturellement nous l’aiderons », a-t-il déclaré à la chaîne télévisée ANS.
Une déclaration qui n’a pas tardé à enflammer la société civile qui s’oppose à la vente de gaz à l’Arménie qui occupe 20% du territoire azerbaïdjanais et nie toujours les massacres perpetrés par son armée à Khodjaly. Pour d’autres, il s’agit d’une stratégie diplomatique.
Haut-Karabagh
Le Haut-Karabagh est une région d’Azerbaïdjan occupée par l’armée arménienne depuis le début des années 1990. L’invasion arménienne s’est soldée par de violents massacres de civils azérbaïdjanais. Par la suite, l’Arménie a appliqué une politique de purification ethnique en déportant la totalité des survivants azérbaïdjanais de leurs terres.
Aujourd’hui, plus d’un million de réfugiés azerbaïdjanais vivent dans des conditions précaires en attendant de pouvoir éventuellement récupérer leur biens spoliés par l’Etat arménien.
Les terres et maison abandonnées sont "offertes" par l’Etat arménien aux colons (des volontaires ou bien d’anciens prisonniers) installés pour peupler artificiellement les territoires occupés.
Un nombre croissant de pays, d’Etats, de collectivités ou d’instances internationales condamnent les massacres, reconnaissent leur caractère génocidaire ou les qualifient de crime contre l’humanité. De plus en plus de voix demandant à l’Arménie de faire son travail de mémoire et de libérer les territoires qu’elle occupe illégalement (comme stipulé par plusieurs condamnations de l’ONU).
Les organisations nationalistes arméniennes nient les massacres et la déportation du million d’Azerbaïdjanais et se servent de leurs officines en Europe ou en Amérique pour faire pression sur les instances politiques afin de bloquer la résolution du conflit. Certaines campagnes arméniennes, notamment en France ou aux Etats-Unis, vont jusqu’à inverser les rôles et présenter les Azerbaïdjanais comme les agresseurs.
A l’origine peuplé de 150 000 habitants, entre Arménie et Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh ne comprend aujourd’hui plus que des colons arméniens. 30.000 Azerbaïdjanais ont été massacrés, deux millions d’entre eux ont été déportés du HK et des sept régions d’Azerbaïdjan attenantes, prises par les troupes arméniennes lors de l’invasion.
Voir également :
Imprescriptible, base documentaire sur le Génocide des Azérbaïdjanais
Nettoyage ethnique, liens sur les purifications ethniques contre le peuple Azerbaïdjanais (1991-1994 et 1918-1920) par les Arméniens
