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Le général Friedrich Bronsart von Schellendorf et les Arméniens

dimanche 4 avril 2021 | par SibiryaKurdu


Le général Friedrich Bronsart von Schellendorf et les Arméniens

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Donald Bloxham, The Great Game of Genocide : Imperialism, Nationalism, and the Destruction of the Ottoman Armenians, Oxford-New York, Oxford University Press, 2005, p. 122-123 :

"La rhétorique anti-arménienne extrême et totalement antipathique [et celle du fanatique Lepsius contre les Turcs ?] de [Otto von] Feldmann, [Felix] Guse et Bronsart peut être interprétée (comme elle l’est par les partisans de la complicité directe allemande) comme une reconnaissance de la culpabilité allemande, par une justification fallacieuse des déportations. On pourrait alors ajouter du poids à ces conclusions avec le fait que, directement à côté de ces assertions, ces trois officiers se sont associés de manière coupable à l’agenda turc d’après-guerre de déni de la survenue de massacres [Bronsart n’a pas nié les massacres d’Arméniens : les militants arméniens et arménophiles ont rarement eu la même objectivité concernant les massacres de musulmans]. Cependant, cela suggère une sorte d’auto-contradiction dans ce qui est une approbation éhontée de la déportation. Une interprétation, avec plus de cohérence interne, concernant les trois hommes consisterait à les prendre au pied de la lettre : qu’ils considéraient les déportations comme justifiées en soi et ne voulaient pas les concevoir comme génocidaires, et préféraient (également sous l’influence de la perspective propagandiste ottomane dans laquelle ils avaient initialement opéré, et qui était en fait parrainée par le gouvernement allemand pour le grand public) [1) sauf que Bronsart a été confronté, en tant que chef d’état-major de l’armée ottomane (1914-1917), à un flux continu de renseignements militaires sur la situation de l’Empire ottoman, et notamment sur les nombreuses atrocités perpétrées par les insurgés arméniens (printemps 1915) ; 2) il n’a donc pas eu besoin d’inventer des justifications a posteriori ou de s’aligner sur celles-ci ; 3) il y a d’ailleurs une forte concordance entre ce qu’il écrivait secrètement en 1915 et ce qu’il expliquait publiquement après la guerre, d’après ce qui est connu des archives allemandes et ottomanes ; 4) Berlin n’a pas soutenu inconditionnellement le gouvernement ottoman sur la question arménienne (comme sur d’autres), en raison des équivoques autour des tentatives de paix séparée (d’où la marge de manoeuvre dont a bénéficié Lepsius pour sa campagne de propagande)] minimiser les massacres qui ont suivi et en blâmer les forces irrégulières échappant au contrôle central [Bloxham occulte le fait que Bronsart a mis en cause certains fonctionnaires civils, gendarmes et officiers de l’armée ottomane : nous pourrons le vérifier en allant à la source].

Le rôle de ces hommes ne peut pas être extrapolé pour prouver l’implication "allemande’’ en tant que telle dans le génocide, ce que Dadrian prétend être "une politique allemande ferme, forgée au plus haut niveau du gouvernement, pour permettre et, chaque fois que nécessaire, aider ... dans la mise en œuvre d’un programme turc visant à éliminer les Arméniens en Turquie". Feldmann, Guse et Bronsart ont servi dans le chaudron des théâtres du Caucase et ont joué un rôle important dans l’offensive ratée de l’hiver 1914-15 , qui a échoué en partie à cause de l’importante contribution du quatrième bataillon de volontaires arméniens russes [au sujet de cette "contribution" : les volontaires arméniens massacrèrent de manière très récurrente les diverses populations musulmanes (turques, lazes, kurdes) de la région, et ce dès le début des hostilités ; Bronsart était évidemment au courant]."

Edward J. Erickson, Ottomans and Armenians : A Study in Counterinsurgency, New York, Palgrave Macmillan, 2013, p. 141-142 :

"Lors de l’évaluation de l’efficacité opérationnelle des plans opérationnels ottomans, la dispersion des forces ottomanes est apparue comme le facteur le plus critique de l’échec. En tentant de mener des offensives simultanées sur des fronts largement séparés, l’état-major ottoman n’a pas réussi à obtenir une concentration décisive de ses forces en quelque théâtre que ce soit. Le mauvais état des voies de communication ottomanes a encore compliqué cette dispersion et les Ottomans n’ont pas été en mesure de tirer pleinement parti de leur position géographique favorable à l’intérieur. En conséquence, l’état-major ottoman s’est retrouvé avec des résultats peu concluants sur trois fronts actifs.

Comme ce chapitre l’a démontré, les plans de guerre ottomans, tant d’avant-guerre qu’adaptés aux circonstances, étaient basés sur des appréciations conventionnelles de la situation militaire vis-à-vis des voisins de l’empire et des puissances européennes. C’est un fait qu’Enver et Bronsart von Schellendorf ont déplacé toute la puissance de combat mobile de l’armée ottomane vers des zones de concentration à la périphérie et aux frontières de l’empire. Ces déploiements n’ont laissé aucune formation de combat à l’intérieur du cœur de l’empire, à l’exception des régiments et des dépôts d’entraînement des recrues et d’une poignée de formations se rendant sur les fronts. Chaque partie de la puissance de combat de l’armée ottomane était concentrée vers les ennemis extérieurs. Il est évident que jusqu’au début de 1915, les processus de planification de l’état-major ottoman ne considéraient pas la probabilité d’une insurrection interne comme une possibilité sérieuse. En conséquence, les planificateurs militaires de l’empire étaient presque complètement non préparés lorsque "l’ennemi intérieur" s’est métastasé au printemps de 1915. "

Şinasi Orel et Sürreya Yuca, Les "Télégrammes" de Talât Pacha. Fait historique ou fiction ?, chapitre III : "Les documents d’archives ottomanes", Paris, Triangle, 1986 :

"DOCUMENT AUTHENTIQUE NO XVII

Télégramme circulaire chiffré numéroté 885 du général Bronsart [général allemand en fonction dans l’état-major général ottoman] au nom du commandant en chef par intérim.

« Un petit détachement de gendarmerie ayant subi l’attaque d’une bande arménienne de 30 personnes entre Maraş et Zeytun , 6 gendarmes ayant été assassinés, et les nouvelles recrues qui venaient à Zeytun sous la garde de deux gendarmes ayant été emprisonnées dans une église par la population [arménienne] de Zeytun , les auteurs de ces agressions ont été sévèrement punis.

« Les détachements qui auront à passer par les zones où se trouvent les Arméniens doivent être fortement renforcés.

Le 5 mars 1331 (18 mars 1915) » "

Jörg Berlin, Völkermord oder Umsiedlung ? Das Schicksal der Armenier im Osmanischen Reich. Darstellung und Dokumente, Cologne, PapyRossa, 2006, p. 64-65 :

"L’officier responsable du système ferroviaire à l’état-major turc était le lieutenant-colonel allemand Böttrich, en raison de l’expérience requise dans ce domaine. Bien que ses compatriotes responsables de la construction du chemin de fer lui aient à maintes reprises fait part très précisément des conséquences de ses actes, il a ordonné, en dépit de leur résistance obstinée, le rappel des Arméniens des équipes de construction et les a ainsi remis pour être déportés et tués [1) le gouvernement central ottoman avait ordonné de ne pas déporter les employés arméniens du Bagdadbahn (ordre de Talat, le 17 août 1915), cette exemption n’a pas été respectée par les autorités locales dans certains endroits (en particulier Adana), mais on ne peut pas parler de politique générale de déportation de ces employés ; 2) il n’y a eu ni déportation systématique (des milliers d’Arméniens ont résidé à Ankara et Konya durant toute la guerre), ni extermination organisée des populations arméniennes vivant dans les régions traversées par les chemins de fer : cf. le témoignage de la missionnaire Elizabeth S. Webb et les conclusions de l’historien Ara Sarafian au sujet des Arméniens d’Adana ; 3) par conséquent, prétendre que Sylvester Böttrich aurait été le complice d’une "extermination" (qui aurait "même" frappé ces employés "privilégiés"), c’est une relecture spécieuse de l’histoire et cela relève de la calomnie posthume].

Depuis que les dossiers militaires allemands de cette époque ont été détruits [par les bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale], toute l’étendue de la coopération entre les officiers allemands, principalement à des postes clés, dans les opérations contre la population civile ne peut plus être clarifiée avec précision. Les indications selon lesquelles l’initiative de la déportation de la population civile arménienne dans la zone frontalière avec la Russie provenait du général allemand Bronsart von Schellendorff n’ont pas été clarifiées. Peut-être que Talaat voulait essayer de se blanchir avec la référence appropriée dans ses mémoires. Du colonel allemand Otto von Feldmann, conseiller du ministre turc de la Guerre Enver Pacha, la déclaration a été transmise que les officiers allemands, lui compris, ont conseillé aux Turcs de "nettoyer certaines zones des Arméniens". De telles indications sont confirmées par la communication du consul impérial et royal de Trébizonde , le 22 octobre 1915, selon laquelle une source allemande fiable l’avait informé "que la première suggestion de neutraliser les Arméniens — mais pas de la manière effectivement appliquée — venait du côté allemand"."

Sean McMeekin, The Berlin-Baghdad Express : The Ottoman Empire and Germany’s Bid for World Power, Cambridge, Belknap Press of Harvard University Press, 2010, p. 292 :

"Hussein jouait un jeu très délicat. Bien que les Jeunes-Turcs n’avaient, pour l’instant, aucune preuve écrite de trahison, ils savaient parfaitement que Hussein intriguait avec les officiers arabes conspirateurs, et les Britanniques en plus. C’était, sans aucun doute, avec la déloyauté du chérif à l’esprit qu’Enver, accompagné d’un cortège comprenant les attachés militaires allemands et autrichiens Bronsart, Humann [qui dirigera la Deutsche Allgemeine Zeitung après la guerre], Lossow et Pomiankowski, entreprit une tournée d’inspection de la Syrie , de la Palestine et du Hedjaz en février 1916. Soigneusement divertis par Enver et Djemal à Beyrouth et Damas, les officiers chrétiens [Bronsart ne rompra avec l’Eglise luthérienne que sous Weimar] ont eu droit à une visite de Jérusalem, Bethléem et Beersheeba, avant d’être abandonnés alors qu’Enver [qui avait alors rendu visite aux divers clergés chrétiens de Jérusalem ] et Djemal se rendaient à Médine (sur le sol islamique sacré sur lequel les infidèles n’étaient pas autorisés à marcher ). Ici, le 29 février 1916, Dans la deuxième ville la plus sainte de l’Islam, le chérif de La Mecque a assuré Enver et Djemal en personne de sa loyauté envers le sultan ottoman. Le fils de Hussein, Feisal, a passé la majeure partie de l’hiver et du printemps 1916 à Damas, rencontrant Djemal et le consul allemand Loytved-Hardegg presque quotidiennement pour rassurer les Turcs et les Allemands sur les intentions des Hachémites."

Alp Yenen, The Young Turk Aftermath : Making Sense of Transnational Contentious Politics at the End of the Ottoman Empire, 1918-1922 (thèse de doctorat), Université de Bâle, 2016, p. 69-71 :

"Le 27 octobre, de l’ambassade allemande à Constantinople, Bernstorff a rapporté à Berlin que les dirigeants du CUP avaient annoncé le souhait de quitter le pays et demandé l’aide des Allemands. Selon Bernstorff, le grand vizir İzzet Pacha était impliqué dans ces négociations, bien qu’il avait aussi des doutes en raison de possibles retours de flamme contre son gouvernement. Pour être rassuré, İzzet Pacha a exigé une déclaration selon laquelle les émigrés devraient être extradés vers la Turquie ottomane par l’Allemagne au cas où le gouvernement ottoman présenterait une telle demande à l’avenir. Il s’agissait d’une requête sans lendemain. Dans ses mémoires, İzzet Pacha écrit qu’il n’a pas aidé les dirigeants du CUP à quitter le pays et qu’il a même fait "tout ce qui était en son pouvoir pour l’empêcher". Néanmoins, les rapports allemands disent que le Grand Vizir a travaillé en coulisse pour faciliter l’exfiltration des dirigeants du CUP. Les responsables allemands ont autorisé Enver et Talat à se réfugier en Allemagne :

Notre pays est ouvert à Enver Pacha et Talaat Pacha, qui ont conclu l’alliance avec nous et l’ont assumée loyalement à nos côtés. S’ils croient qu’ils doivent fuir la Turquie à cause de la persécution politique, Votre Excellence souhaite être utile par tous les moyens.

Pourquoi l’Allemagne aiderait-elle Enver et Talat à échapper aux conséquences de l’armistice et leur donnerait refuge en Allemagne ? En fin de compte, ces hommes laissaient présager des ennuis. Certains historiens turcs estiment qu’en aidant les dirigeants du CUP à s’échapper, les responsables militaires allemands espéraient cacher des secrets de guerre à l’Entente. Le genocide scholar Vahakh Dadrian va plus loin et perçoit la raison du soutien allemand comme une mesure décisive du général von Seeckt et de Bronsart von Schellendorf pour couvrir la complicité allemande dans le génocide arménien. Une explication un peu plus nuancée est que le soutien allemand visant à leur accorder l’asile reposait uniquement sur l’idée qu’Enver et Talat étaient des partenaires loyaux de l’Allemagne et qu’ils se sentaient redevables à l’égard de ces hommes. C’était une question d’honneur. Le capitaine de corvette de la marine allemande et historien naval Hermann Lorey voit aussi la motivation derrière le soutien allemand comme une question de loyauté envers ces amis de l’Allemagne :

Sur instruction de l’Auswartiges Amt, les dirigeants germanophiles de la Turquie reçurent, de manière dissimulée, l’opportunité, par l’intermédiaire de la Mittelmeerdivision, de quitter le pays sans opposition. Pour le Reich allemand, c’était un devoir manifeste que de retourner la même loyauté à ces hommes qui, pendant les longues années d’une guerre pénible, restaient indéfectiblement attachés à leur allié, et de les aider à continuer à travailler pour leur patrie depuis l’étranger.

La guerre et la défaite avaient provoqué une atmosphère fortement anti-allemande en Turquie ottomane. Même les rapports officiels allemands ont admis à la fin de la guerre que toute cette propagande n’avait pas réussi à créer de sentiments pro-allemands en Turquie ottomane. Par conséquent, l’engagement de Talat et Enver au nom de l’effort de guerre collectif était précieux et leurs collègues allemands se sont sentis redevables à leur égard.

Néanmoins, la question arménienne a joué un rôle essentiel dans le soutien allemand, mais tout à fait opposé à ce que certains suggèrent. En ce qui concerne la sélection du groupe de fugitifs, l’Auswärtiges Amt était strictement contre l’octroi de l’asile à ceux, "qui ne désirent pas fuir la responsabilité de la persécution des Arméniens en s’enfuyant". Il est en outre argué que

Au moment critique, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour empêcher les horreurs (Greuel), et nous ne nous rendrons pas fautifs, par la suite, en libérant les coupables de leur châtiment.

Curieusement, Enver et Talat n’étaient pas considérés comme des "coupables". Cela ne veut pas dire que l’Auswärtiges Amt croyait qu’Enver et Talat avaient un dossier sans tache en ce qui concerne les souffrances des Arméniens (bien au contraire en fait). Cette immunité politique a été principalement accordée à Enver et Talat en raison de leur précieuse loyauté envers l’Allemagne, en tant qu’alliés en temps de guerre."

Rafael de Nogales Méndez (officier vénézuélien engagé dans l’armée ottomane), Cuatro años bajo la media luna, Caracas, Fundación Editorial el perro y la rana, 2006, p. 50 :

"Enver était plutôt de taille moyenne, mais mince, avec des yeux et des cheveux noirs ou bruns foncés, des joues roses et des traits extrêmement beaux. Il portait une moustache "à la Kaiser", et était au premier abord sympathique à cause de son extrême modestie , ce qui a conduit, à plusieurs reprises, des responsables étrangers qui ne le connaissaient pas à le prendre pour son assistant.

Et malgré les nombreuses peines qu’il m’a fait subir plus tard, je me souviendrai toujours de lui avec cette même et sincère estime que j’ai professée dès le premier jour où je l’ai rencontré, car je comprends que sa protection m’a servi de bouclier, à plus d’une occasion, contre la colère de ceux qui ne pouvaient me pardonner d’avoir vu des choses qu’un chrétien n’aurait jamais dû voir [Rafael de Nogales a été un témoin direct de l’âpreté des combats , entre forces ottomanes et insurgés arméniens, à Van].

Bronsart von Schellendorf Pacha était l’officier d’état-major allemand typique, de race pure [comme son nom le laissait penser, Bronsart avait des origines huguenotes ...].

Grand, élancé, avec une moustache taillée, et des manières affables et aristocratiques, von Bronsart séduisait par sa franchise de vrai militaire et sa sagacité extraordinaire.

Il était le bon génie d’Enver Pacha et, au fil du temps, il avait réussi à exercer son poste de chef du grand état-major général, avec un tel succès, que lorsqu’il se retira de ce poste à la fin de 1917, les officiers ottomans ont montré leur chagrin en adoptant une attitude froide et presque indifférente envers son successeur, le général von Seekt.

Pour moi, le général von Bronsart était, pendant son séjour en Turquie, non seulement un protecteur généreux, mais aussi un excellent ami, dont je me souviendrai toujours avec une sincère et vraie gratitude."

Friedrich Bronsart von Schellendorf, "Ein Zeugniss für Talat Pasha", Deutsche Allgemeine Zeitung, 24 juillet 1921 :

"Au cours du procès de Tehlirian , des témoins ont été appelés alors qu’ils n’ont pas été en mesure de faire de véritables dépositions, ou qu’ils n’ont pu que raconter ce qu’ils avaient entendu sur la situation. Les témoins oculaires, qui ont vu la vérité, n’ont pas été appelés. Pourquoi n’a-t-on pas pris les dépositions d’officiers allemands en service sur les lieux des événements au moment des atrocités arméniennes, qui ont joué un rôle si décisif dans le procès ?

Certains d’entre nous avaient été avisés d’être prêts à témoigner, mais nous n’avons jamais été appelés. Je saisis donc cette occasion pour honorer mon devoir de témoin, que j’ai négligé sans que ce soit de ma faute, afin de rétablir la vérité. La raison pour laquelle cela arrive si tardivement, étant que j’ai dû rassembler progressivement tout le matériel.

Afin de comprendre comment il est possible de rejeter la responsabilité des atrocités arméniennes, il est nécessaire de revenir brièvement en arrière. Les atrocités arméniennes sont anciennes ! Elles se sont produites encore et encore depuis que les Arméniens et les Kurdes vivaient étroitement à proximité des uns et des autres, dans les régions frontalières de la Russie, de la Perse et de la Turquie. Le Kurde est nomade et propriétaire de bétail , l’Arménien est agriculteur, artisan ou commerçant. Le Kurde n’a pas d’éducation scolaire , ne connaît pas vraiment l’argent et la valeur de l’argent et sait que le Coran interdit la prise d’intérêts. En tant que commerçant, l’Arménien exploite sans scrupule l’inexpérience du Kurde et profite de lui. Le Kurde se sent trompé, se venge de l’usurier et — les "atrocités arméniennes" sont prêtes ! [la dachnake Anahide Ter Minassian a admis que les usuriers arméniens posaient problème en Anatolie orientale] Il faut souligner expressément que les antagonismes religieux n’y ont jamais joué de rôle.

La querelle séculaire a été attisée lorsque les Arméniens ont lancé un soulèvement dangereux dans les provinces frontalières orientales de la Turquie pendant la grande guerre ; il n’y avait pas de raison particulière à cela, car les réformes imposées par les "puissances" à la Turquie commençaient à peine à prendre effet. Les Arméniens avaient des sièges et des voix dans le nouveau parlement et ont même fourni un temps un ministre des Affaires étrangères. Ils avaient les mêmes droits sociaux et politiques que le reste des peuples de l’Etat. La paix dans leur pays était maintenue par la gendarmerie formée par le général français Baumann [Tahsin Bey (gouverneur) et Halil (oncle d’Enver et commandant de la gendarmerie) assuraient efficacement le maintien de l’ordre à Van en 1913-1914 : ce qui était constaté par les diplomates et missionnaires occidentaux sur place].

Le soulèvement était préparé depuis longtemps, comme le montrent les nombreuses découvertes d’appels imprimés, de brochures incitatives, d’armes, de munitions, d’explosifs, etc., dans toutes les zones habitées par les Arméniens [le rapport du consul russe Adamov et les documents ottomans établissent le haut degré d’armement des Arméniens d’Anatolie orientale : Scheubner-Richter (possiblement désinformé par les nationalistes arméniens locaux) avait mal évalué la situation à Erzurum] ; il a certainement été instigué, soutenu et financé par la Russie. Une conspiration arménienne à Constantinople , dirigée contre des hauts fonctionnaires et officiers de l’Etat, a été découverte à temps.

Puisque tous les hommes mahométans aptes au combat étaient à l’armée, il était facile pour les Arméniens de faire un massacre horrible parmi la population sans défense, car ils ne se limitaient pas à une action purement militaire contre le flanc et l’arrière de l’armée turque de l’Est immobilisée au front par les Russes, mais ils ont simplement exterminé la population musulmane dans ces régions [sur les massacres de masse dont ont été victimes les musulmans d’Anatolie orientale, voir les travaux récents des historiens américains Michael A. Reynolds et Sean McMeekin ]. Ce faisant, ils ont commis des atrocités dont, en tant que témoin oculaire, je déclare sincèrement qu’elles étaient pires que les atrocités dont les Turcs ont été ensuite accusés sur les Arméniens [Edward W. C. Noel (officier du renseignement britannique) pensait que les Arméniens et Assyriens avaient davantage massacré que les musulmans en Anatolie orientale, après enquête sur place].

D’abord l’armée de l’Est est intervenue pour maintenir ses connexions avec l’arrière-pays ; mais comme ils avaient besoin de toutes les forces au front contre la supériorité russe et que le soulèvement continuait à s’étendre, même dans les régions les plus éloignées de l’Empire turc, la gendarmerie fut appelée pour freiner le soulèvement. Comme dans tout Etat régulier, elle était subordonnée au ministère de l’Intérieur. Le ministre de l’Intérieur était Talaat et, à ce titre, il devait donner les instructions nécessaires. Il fallait se dépêcher, car l’armée était sérieusement menacée dans ses connections très sensibles à l’arrière , et la population musulmane fuyait désespérément , par milliers, les atrocités des Arméniens. Dans cette situation critique, le ministère dans son ensemble a pris la difficile décision de déclarer les Arméniens dangereux pour l’Etat et de les expulser des zones frontalières pour le moment. Ils devaient être transférés dans une région peu peuplée mais fertile , épargnée par la guerre, dans le nord de la Mésopotamie. Le ministre de l’Intérieur et la gendarmerie qui lui était subordonnée, spécialement formée par le général français Baumann pour le métier, n’avaient qu’à exécuter cette décision.

Talaat n’était pas un meurtrier fou et vindicatif, mais un homme d’Etat clairvoyant. Il voyait dans les Arméniens (bien qu’ils étaient désormais sous l’influence des Russes et de leurs coreligionnaires russo-arméniens) des concitoyens très utiles par temps calmes [d’où ses ordres secrets exemptant diverses catégories d’Arméniens , dont les artisans et commerçants : il y avait environ 500.000 Arméniens en Anatolie et à Istanbul en 1917 (après la cessation de toutes les déportations), si on se base sur les "Carnets" de Talat ], et espérait qu’ils réussiraient dans leurs nouveaux lieux de résidence fertiles, loin des influences russes et des querelles kurdes, à faire fructifier cette région prometteuse grâce à leur assiduité et leur intelligence.

Talaat prévoyait également que la presse de l’Entente utiliserait la déportation des Arméniens pour organiser une propagande hypocrite contre la "persécution des chrétiens" par les Turcs, et pour cette raison aurait voulu éviter toute sévérité. Il avait raison ! La propagande se mit en place et connut des succès, faisant croire cette incroyable absurdité partout à l’étranger. Persécution des chrétiens ! Qu’on y songe : précisément dans un pays étroitement allié aux grandes puissances chrétiennes et qui comptait un grand nombre d’officiers et de soldats chrétiens dans son armée comme combattants.

J’en viens maintenant à la mise en œuvre du plan de réinstallation des Arméniens. Dans un pays aussi grand que l’Empire turc, mais qui a des connections si médiocres , les provinces sont plus ou moins indépendantes du Centre. Les gouverneurs (valis) ont plus de droits que nos hauts présidents, par exemple. Sur cette base, ils affirmaient souvent pouvoir juger la situation sur place plus correctement qu’il n’était possible à Constantinople. Les ordres du ministère ont donc parfois été exécutés différemment de ce qui était prévu. En fait, au bas de l’échelle de la fonction publique, la perspicacité faisait défaut dans de nombreux cas [Bronsart rejoint ici les réflexions du général Liman von Sanders (qui avait, lui, de mauvaises relations avec Enver), du journaliste germano-américain George Abel Schreiner , ainsi que celles des Français Léon Ostroróg (juriste), Henry Nivet (socialiste guesdiste) et Auguste Sarrou (officier)].

La tâche exceptionnellement difficile consistant à conduire des milliers de réfugiés musulmans, ainsi qu’un nombre équivalent d’Arméniens, sur les bonnes routes de marche, pour les nourrir et les accueillir, allait au-delà de la force du nombre insuffisant de fonctionnaires existants et, de surcroît, non formés. Ici, Talaat est intervenu avec la plus grande énergie et par tous les moyens. Les instructions appropriées qu’il a données aux valis et à la gendarmerie devaient être appliquées. De nombreuses lettres du ministère de l’Intérieur au ministère de la Guerre, dont j’ai eu connaissance grâce à ma position, exigeaient d’urgence l’aide de l’armée ; elle était accordée dans la mesure où la situation de guerre le permettait : la nourriture et les transports, le logement, les médecins et les médicaments étaient fournis, bien que l’armée elle-même souffrait de graves pénuries [ces efforts et cette bonne disposition des autorités ottomanes, en faveur des déportés, sont confirmés par les sources ottomanes, allemandes et américaines (notamment les témoignages d’humanitaires américains)]. Malheureusement, malgré tous les efforts déployés pour faciliter leur sort, des milliers de réfugiés musulmans et de déplacés arméniens ont succombé aux marches.

Ici se pose la question de savoir si de telles conditions n’auraient pas pu être prévues et si la réinstallation n’aurait pas pu être évitée. Outre le fait qu’il n’y avait aucun moyen de stopper les réfugiés turcs dans leur crainte justifiée des atrocités arméniennes , la nécessité étatique de l’émigration arménienne des zones de révolte doit également être soulignée ! Il fallait en tirer les conséquences !

Prenons l’exemple de notre situation actuelle en Allemagne. Si un ministère était en mesure d’avoir le pouvoir et le droit d’ordonner : "Tous les rebelles polonais [la Polska Organizacja Wojskowa terrorisait les Allemands ethniques de Haute-Silésie (1919-1921)] seront expulsés de la Haute-Silésie et emmenés dans des camps de prisonniers !" — ou : "Tous les communistes violents sont embarqués et débarqués sur les côtes de la Russie soviétique !", Une tempête d’applaudissements ne gronderait-elle pas dans toute l’Allemagne ? — Peut-être que les juges du procès Teilirian se poseront de telles questions. — Vous acquerriez alors un nouveau point de vue sur la dure mesure de l’évacuation des Arméniens !

Talaat s’est opposé à la demande militaire d’expulser tous les Grecs de la côte méditerranéenne , car "seul l’espionnage" y était pratiqué. Une révolte dangereuse, comme en Arménie, n’a pas eu lieu, même si l’idée était tentante. Talaat était un homme d’Etat , mais pas un meurtrier ! [Bronsart souligne un point pertinent, illustrant clairement que Talat était mû par des préoccupations sécuritaires, et non par une volonté principielle de "purifier" ethniquement l’Anatolie]

Maintenant, les atrocités qui ont été délibérément commises contre les Arméniens. Elles sont si largement attestées qu’il n’y a pas de doute sur leur réalité.

Je commence par les Kurdes. Il va sans dire que cette tribu a profité de l’occasion inespérée pour piller les Arméniens détestés (qui, en outre, avaient commis des actes aussi néfastes contre les mahométans ), durant leur marche et, le cas échéant, pour les tuer. Les Arméniens ont souffert en traversant le Kurdistan pendant de nombreux jours et semaines ! — Il n’y avait pas d’autre chemin pour aller en Mésopotamie.

Les jugements diffèrent quant au comportement des gendarmes turcs qui ont été ajoutés aux convois arméniens. Dans certains endroits, ils ont vaillamment défendu leurs protégés contre les bandes kurdes [et arabes, cf. le témoignage d’Aram Guréghian (originaire de Sivas)] : dans d’autres endroits, ils auraient fui. Ils sont également accusés d’avoir fait cause commune avec les Kurdes, ou d’avoir volé et tué eux-mêmes des Arméniens ; la preuve qu’ils ont agi sur des ordres supérieurs n’a pas été produite. Talaat ne peut en être tenu responsable ; les événements se sont déroulés à 2 000 km de lui et, comme déjà mentionné, la gendarmerie n’avait reçu qu’une formation française jusqu’au déclenchement de la guerre.

On ne peut pas non plus nier que des officiers turcs se sont enrichis et s’en sont pris aux Arméniens, mais là où une telle pratique a été portée à la connaissance des supérieurs, ils sont intervenus de manière immédiate et drastique. Vehib Pacha , commandant en chef de l’armée orientale turque, a fait exécuter deux officiers par une cour martiale pour un tel motif [une information considérée comme véridique par Vahakn Dadrian] ; Enver Pacha a puni le gouverneur [militaire] d’Alep, un général turc qui s’était enrichi aux dépens des Arméniens, avec une révocation immédiate et une longue peine de prison [cette information vraisemblable (Alep relevant par ailleurs de l’autorité de Cemal ) pourrait compléter des faits avérés sur Enver : ordre confirmant l’exemption de déportation pour les familles des soldats et officiers arméniens de l’armée ottomane (16 août 1915), présence continuelle d’Arméniens au sein de l’armée ottomane (front palestinien en 1917, Batoum en 1918), implication du ministère de la Guerre dans les enquêtes au sujet des infractions dont étaient victimes les Arméniens, relations étroites et durables entre Enver et Vehip, absence de politique d’extermination dans le Caucase (situation des divers chrétiens de Batoum sous l’occupation ottomane , approbation du principe d’une Arménie autonome, puis indépendante )]. Je pense que ces exemples sont suffisants pour prouver que les atrocités arméniennes n’étaient pas voulues ! [Hilmar Kaiser a admis l’existence (pendant la guerre) de jugements et condamnations contre des criminels qui s’en sont pris à des Arméniens, Yusuf Sarınay a montré (sur la base des archives ottomanes) qu’il y avait même des agents de l’Organisation Spéciale/Teşkilat-ı Mahsusa (organisation chargée d’exécuter le "génocide arménien" selon Dadrian) parmi les inculpés] Mais c’était la guerre et les coutumes étaient sauvages. Je me souviens des atrocités que les Français ont commises sur nos blessés et prisonniers. Le reste du monde a-t-il eu connaissance de ces atrocités ?

En plus du Grand Vizir assassiné, j’ai entendu dire qu’Enver Pacha avait également été attaqué devant le tribunal allemand. Enver aime ardemment son pays ; c’est un soldat honorable, d’un grand talent et d’une bravoure sans pareil, ce dont j’ai été témoin à maintes reprises. Grâce à sa seule énergie et à son esprit, l’armée de campagne turque a été créée, elle a combattu pendant des années face à une supériorité écrasante — et se bat toujours pour la patrie aujourd’hui ! Aucun officier allemand n’est plus qualifié pour le juger, lui et son ami Talaat Pascha, que moi qui, de 1914 à la fin de 1917, en tant que chef d’état-major de l’armée turque, avais les relations les plus étroites avec ces deux hommes.

Talaat Pacha s’est sacrifié par amour pour son pays ! Puisse Enver Pacha réussir à hisser sa patrie vers une nouvelle grandeur, le moment venu ! [Enver menait alors des tractations avec la Russie soviétique (1919-1921) : cette attitude compréhensive de Bronsart suggérerait qu’il n’était pas tout à fait sur la même ligne que son ami Ludendorff (alors membre de l’Aufbau Vereinigung , basée à Munich et fondée par l’arménophile germano-balte Scheubner-Richter ), relativement à la croisade contre le "judéo-bolchevisme" à l’Est] C’est pour moi un fier souvenir que ces deux hommes m’aient accordé leur pleine confiance , je peux dire leur amitié , en des temps difficiles."

Source : https://docplayer.org/52098709-Pressespiegel-der-mord-an-talaat-pascha-1921.html

(p. 55-58)

Quelques remarques sur l’article de Bronsart :

1) il ne recourt pas à des théories racistes (les aryanistes arméniens n’avaient pas ces pudeurs à l’époque) ou complotistes (contrairement au nationaliste kurde Mevlanzade Rıfat dans ses ouvrages), ni au darwinisme social (c’est-à-dire l’idée de "supériorité" d’éléments "productifs" sur des "bouches inutiles" : on retrouve ce genre de conceptions dans le "rapport" de Lepsius et dans la littérature nationaliste arménienne ) ;

2) bien au contraire, Bronsart a présenté une analyse rigoureuse, circonstanciée, globale et multi-factorielle (à comparer au "rapport", bourré de contrevérités, d’inexactitudes et d’a priori sectaires , de Lepsius) : arrière-plan sociologique de l’antagonisme arméno-kurde (sans trace d’idéalisation des musulmans), insuffisances administratives et logistiques, gravité des activités insurrectionnelles arméniennes sur les arrières de l’armée ottomane, caractère interethnique des massacres de civils en Anatolie orientale, absence de haine essentialiste chez Talat, efforts effectifs du gouvernement unioniste pour soulager le sort des Arméniens déplacés et punir les auteurs de méfaits ;

3) il s’est exprimé avant tout comme un témoin pour l’histoire et un spécialiste de l’"art militaire" : signes de crédibilité et de fiabilité, on ne décèle pas de feuille de route visant à "blanchir" à tout prix l’Allemagne (ce que l’arménophile René Pinon trouvait suspect chez Lepsius), et il ne prétend pas avoir "sauvé" ou "aidé" à titre personnel des Arméniens (ce qui est en cohérence avec la documentation diplomatique publiée par Wolfgang Gust sur le site Armenocide) ;

4) ses relations amicales avec Talat et Enver font songer à celles entre Napoléon Bonaparte et Augustin Robespierre : en s’appuyant sur son expérience avec Augustin (siège de Toulon) et sur les confidences de Cambacérès (ancien député de la Plaine et non de la Montagne), Napoléon a tenu à démentir (devant Las Cases) certaines accusations thermidoriennes à l’encontre de Maximilien Robespierre, malgré tout ce qui les séparait idéologiquement.

Friedrich "Fritz" Bronsart von Schellendorf et Erich Ludendorff étaient des amis de jeunesse (il s’étaient connus à l’école des cadets). Bronsart continua de fréquenter Ludendorff après sa rupture avec Hitler (années 20) et après la chute de la République de Weimar : il présida à ce titre le Tannenbergbund (mouvement völkisch et néo-païen), qui fut interdit sous le IIIe Reich. Il y eut des incidents violents entre hitlériens et ludendorffiens en 1933. Le général Ludendorff, consterné par les crimes de la Nuit des longs couteaux (1934) , a discrètement montré sa sympathie à la veuve de Gregor Strasser. Et il ne voulait pas que ses funérailles (il est mort en 1937) donnent lieu à une récupération par le régime. Son épouse Mathilde Ludendorff resta une figure marginalisée, en dépit de son antisémitisme.

Huberta von Bronsart, fille du général Bronsart, était une biologiste spécialisée dans la botanique (formation et insertion professionnelle qui rejoignent le féminisme du couple Ludendorff). Elle fut exclue de l’Université de Hohenheim en 1933, pour d’obscures raisons politiques.

En dépit de la proximité entre les deux hommes, Bronsart n’a guère influencé Ludendorff, en ce qui concerne ses opinions sur la Turquie et les Arméniens, de toute évidence : Kemal Atatürk dans l’imaginaire d’Erich Ludendorff

Sur les généraux Bronsart et Seeckt : La bataille de Sarıkamış : les points forts et les faiblesses des deux armées en lice (ottomane et russe)

La précocité du nationalisme turc de Mustafa Kemal

Les relations entre Hans von Seeckt et Enver Paşa (Enver Pacha)

Sur les archives allemandes : Les Arméniens et la pénétration allemande en Orient (époque wilhelmienne)

Atrocités arméniennes : une réalité admise par les Allemands contemporains (en public et en privé)

Cemal Azmi Bey et les Arméniens

Tahsin Bey : protecteur des Arméniens, homme de confiance de Talat Paşa et membre de l’Organisation Spéciale

Ali Fuat Erden et Hüseyin Hüsnü Erkilet : d’une guerre mondiale à l’autre

Première Guerre mondiale : les efforts pour ravitailler et aider les déportés arméniens

Sur les sources russes : Les sources documentaires ottomanes et russes démentent les mensonges de Taner Akçam

Les volontaires arméniens de l’armée russe : des criminels de guerre

Première Guerre mondiale : l’occupation russe de l’Anatolie orientale

Sur le témoignage de l’officier suédois Gustav Hjalmar Pravitz : Le témoignage du major Gustav Hjalmar Pravitz (suédois)

Sur les sources américaines : Les témoignages américains sur la tragédie arménienne de 1915

L’installation des déportés arméniens à Deir ez-Zor (1915)

Les enquêtes diligentées par le gouvernement américain en Anatolie orientale (1919-1920)

Sur les sources britanniques : Les ravages des troupes russo-assyro-arméniennes pendant la Première Guerre mondiale : une réalité admise par les Britanniques contemporains

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l’armée russe durant la Première Guerre mondiale

Sur les témoignages français (le lieutenant Nicolas Gasfield et le docteur Paul Caujole) : Les massacres de musulmans persans à Ourmia (1918)

Sur Soghomon Tehlirian : Les assassinats de Talat Paşa (Talat Pacha) et de Simon Petlioura : la question de leur responsabilité personnelle dans les massacres dont ils ont été accusés

Le cas Soghomon Tehlirian : peut-on "lutter" pour la "justice" et la "vérité"... par le terrorisme et le mensonge ?

Le contexte de l’acquittement de Soghomon Tehlirian (1921) : conflit germano-polonais et volonté de rapprochement avec l’Angleterre de Lloyd George

Sur Vahakn Dadrian : La dimension politique de l’ascension de Vahakn N. Dadrian (mentor de Taner Akçam)

Rôle de l’Allemagne : les désaccords profonds de Hilmar Kaiser avec Vahakn Dadrian et Taner Akçam

Le rôle de l’Organisation Spéciale/Teşkilat-ı Mahsusa (dirigée par l’immigré tunisien Ali Bach-Hamba) pendant la Première Guerre mondiale


Voir en ligne : http://armenologie.blogspot.com/202...


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