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HOMMAGE AUX TURCS D’AHISKA


Ecrit par Özcan Türk (Facebook), 2020-11-14 12:15:10


HOMMAGE AUX TURCS D’AHISKA

(les Meskhètes)

Cette population musulmane méconnue était installée dans la région montagneuse, la Meskhétie, zone au sud-ouest de la Géorgie qui s’étend jusqu’au port de Batoum et borde la frontière turque.
Bien que leur origine ethnique soit l’objet de débat entre historiens, les Meskhètes se définissent eux-mêmes comme des Turcs d’Ahıska (Ahiska Türkleri / Meshet Türkleri).
Ahiska est l’appellation turque de la capitale de la province géorgienne de Samtskhé-Djavakhétie (la Meskhétie).

Les Russes ont toujours eu, et ça dure toujours, des problèmes avec leurs minorités musulmanes qui ont souvent subi la déportation et le nettoyage ethnique.
Le 24 juillet 1944, Lavrenti Beria, chef du NKV (la police politique de l’Union soviétique), présenté par Staline comme « le chef de notre Gestapo » envoie une lettre répertoriée № 7896, s’adressant à Staline en ces termes :
« Au fil des années, une partie importante de cette population, attachée aux habitants des régions frontalières de la Turquie par des liens familiaux, par des liens sociaux, développe des idées d’émigration, s’occupe de contrebande, sert les organes turcs de recrutement d’espions, implante du banditisme. »

Un arrêté du 21 juillet 1944 ordonne la déportation de 86 000 Turcs-Ahiska, Kurdes et Khemchines (Arméniens musulmans) des régions frontalières de la Géorgie.

Dans la nuit du 14 au 15 novembre 1944, l’armée rouge vide 220 villages de Turcs d’Ahiska. Accusés d’être des traîtres à la nation sans explication, Staline fait déporter en quelques jours la totalité des Meskhètes, environ 100 000, dans des convois à bestiaux vers l’Asie centrale (principalement Kazakhstan, Ouzbékistan et Kirghizie).

Beria se flatte d’avoir transféré en 10 jours « 91 095 personnes ». Début décembre un rapport de l’adjoint de Béria, Tchernychov, fixe le nombre des déportés à 92 307 personnes. La majorité des victimes (53 163) sont installées en Ouzbékistan.

Staline pousse l’ignominie jusqu’à accorder des décorations militaires à 413 gradés russes pour ce nettoyage ethnique.

Un rescapé turc, Tchakho Tchitadzé se souvient : « On a mis deux mois à nous emmener en Asie Centrale dans le froid, sans nourriture chaude. Mon père est mort en chemin ».
Un document publié en 1968 dans le bulletin Samizdat, « La Chronique des événements » évalue à 50 600 le nombre des Turcs d’Ahiska morts dans le seul Kazakhstan.

Hommage à cette population oubliée… qui a subi le délire de Staline comme d’autres populations notamment dans le Caucase. Les musulmans de cette région en payent encore aujourd’hui le prix fort ; dans le sang et le malheur.
76 ans après ce traumatisme, ce peuple dispersé souffre toujours de l’exil…

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Turcs Meskhets
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