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lundi 16 mai 2022

Elections cantonales au Conseil d’Etat et au Grand Conseil Vaudois – 20 mars 2022 (1er tour)

Publié le | par Engin |

Elections cantonales au Conseil d'Etat et au Grand Conseil Vaudois – 20 mars 2022 (1er tour)

Turquie News met en ligne un article de nos confrères www.fatsr.org, nous pensons qu’il est très utile de connaitre ce que pensent les gens qui vont nous diriger pour les années avenir

Elections cantonales au Conseil d’Etat et au Grand Conseil Vaudois – 20 mars 2022 (1er tour)

Elections cantonales au Conseil d’Etat et au Grand Conseil Vaudois – 20 mars 2022 (1er tour)

Le 20 mars 2022, les Vaudois élisent leurs autorités pour une nouvelle législature de cinq ans, soit jusqu’en juin 2027 ; les citoyennes et citoyens sont appelés à renouveler les 150 sièges du Grand Conseil vaudois – à la représentation proportionnelle – ainsi que les 7 membres du pouvoir exécutif, le Conseil d’Etat. Pour ce dernier, le mode d’élection se fait par le biais d’un système majoritaire à deux tours. Le deuxième tour de l’élection du Conseil d’Etat aura lieu le 10 avril 2022.

Cette échéance électorale, qui coïncide avec des élections similaires dans le canton de Berne, sont très attendues par les analystes car elle se déroule dans deux des plus grandes régions du pays. A un an et demi des élections fédérales de 2023, entre union de gauche et alliance de droite, les résultats ne manqueront pas d’imprimer la tendance politique à venir. La vague verte qui ne cesse – au détriment de leurs « cousins » socialistes – de progresser depuis plusieurs années, va-t-elle perdurer ? Au niveau de l’exécutif, une alliance au deuxième tour entre le Centre, le PLR et l’UDC permettra-t-elle de défaire la majorité de gauche au pouvoir depuis plus de dix ans ? Dans la perspective des tendances qui se révéleront pour les élections fédérales de 2023, le résultat des vert’libéraux sera également sujet à examen.

Au-delà des sensibilités politiques de nos membres et amis, notre devoir d’information

En marge des thématiques qui ont été abordées lors de la campagne – telles que le marché du travail, les coûts de la santé ou encore l’éducation – et par-delà les sensibilités politiques qui peuvent exister entre ses membres, notre communauté est traversée par des préoccupations convergentes. Les membres et amis de notre Fédération étant fermement décidés à soutenir les candidats qui ont un profil correspondant à leurs sensibilités, nous avons – comme nous le faisons depuis 2009 – envoyé un questionnaire aux partis et aux candidat(e)s.

Une des questions posées fait référence aux commémorations que nous souhaitons mettre sur pied, l’an prochain, à l’occasion du centenaire du Traité de Paix de Lausanne signé en 1923 qui entérine la reconnaissance internationale de la République de Turquie fondée par Atatürk. C’est une des raisons qui fait que le canton de Vaud et Lausanne en particulier occupent une place à part dans l’esprit et le cœur des Turcs.

Les autres sujets abordés, sont en lien avec une possible « reconnaissance d’intérêt publique » de la communauté musulmane du canton de Vaud, la manipulation de l’Histoire par des politiques qui se substituent au Droit au travers de motions, postulats, etc., par exemple, en qualifiant les événements de 1915 survenu dans l’Empire ottoman de « génocide », une demande de mettre officiellement le « Partiya Karkerên Kurdistanle », soit le PKK, sur la liste des groupes terroristes, et, in fine, un soutien supplémentaire pour le secteur de la gastronomie qui a souffert de la pandémie liée au Covid.

Les Vaudois d’origine turque ont questionné les candidat(e)s. Voici leurs réponses :

Malgré les contraintes de la campagne, un certain nombre de postulant(e)s ont aimablement répondu à notre questionnaire. Nous les en remercions et vous proposons de découvrir les contributions (par ordre d’arrivée) de celles et ceux que nous vous demandons de soutenir par votre vote :

Liechti Christophe, candidat PS (liste N° 6) du district Broye-Vully au Grand Conseil, Chef circulation des trains, a toutes les raisons de bénéficier de notre confiance au vu de sa contribution à notre sollicitation (voir ses réponses à notre questionnaire).

Latha Heiniger, candidate PS (liste N° 7) de Lausanne au Grand Conseil, experte en politiques sociales, nous a répondu en détail à notre questionnaire ; ses arguments nous ont satisfaits (voir ses réponses à notre questionnaire). Dans son message, elle nous rappelle également que « la politique cantonale et tout particulièrement le PS se préoccupe de ces problématiques à travers l’égalité des chances et la justice sociale. »

Julien-Clément Waeber, candidat PS (liste N° 1) de l’Ouest lausannois au Grand Conseil, Assistant ingénieur du son et Conseiller communal de Chavannes-près-Renens, soutient le fait de commémorer le centenaire du Traité de Paix de Lausanne et relève la complexité de la thématique liée au fait que les politiciens devraient, ou pas, s’abstenir de se substituer en un tribunal. Il pense, sans équivoque, qu’il faudrait incorporer le PKK dans la liste de organisations terroristes. Quant à l’aide pour soutenir le secteur de la restauration, impacté par la pandémie, M. Waeber estime qu’elle est restée insuffisante (voir ses réponses à notre questionnaire).

Françoise Piron, candidate PLR (liste N° 8) de Lausanne au Grand Conseil, actuellement Conseillère communale – Lausanne, a répondu avec chaleur à notre questionnaire. Elle privilégie toutes actions qui pourraient contribuer à une meilleure connaissance des différentes cultures qui enrichissent une nation. Mme Piron sait aussi faire preuve d’humilité quant il s’agit de sujets qu’elle estime ne pas maîtriser : c’est tout à son honneur (voir ses réponses à notre questionnaire). Connue et appréciée par des membres de notre Comité directeur, Françoise Piron mérite notre confiance.

Il est à noter qu’historiquement le PLR, que ce soit au niveau cantonal ou fédéral, a toujours eu une écoute bienveillante quant aux préoccupations des personnes originaire de Turquie. En cela, nous lui sommes redevables.

Claude-Alain Gebhard, candidat Vert’libéral (liste N° 6)au Grand Conseil du district de Morges, Député et agronome de métier, répond favorablement à notre désir de commémorer le centenaire du Traité de paix de Lausanne. Dans cette optique, Il encourage un engagement fort du Canton de Vaud et soutient « un jumelage de Lausanne avec Istanbul qui est la porte qui garde le Bosphore vers la Mer noire : un verrou stratégique entre l’Est en Ouest ! ». D’autre part, il appuie la « reconnaissance d’intérêt public » de la communauté musulmane du canton de Vaud et soutient le principe selon lequel, dans un état libre, il n’appartient pas aux politiques, même animés des meilleures intentions, d’écrire l’Histoire, ni de se substituer à un tribunal par le biais de motions, postulats ou autres lois (voir ses réponses à notre questionnaire).

Jean Maurice Henzer, candidat Vert’libéral (liste N° 4) du district Broye-Vully, est expert en matière de vente, de management, de communication et de technique de conférences. Il est partenaire de la société Henzer & Partenaires Sàrl. M. Henzer soutient un jumelage de la Ville de Lausanne avec Istanbul ou Ankara vu que cela « ne revêt pas de portée politique ».

Concernant la “reconnaissance d’intérêt public” de la communauté musulmane du canton de Vaud, il estime que la définition « d’intérêt public » est « un peu forte » mais souscrit à l’idée d’une vraie reconnaissance. Néanmoins, M. Henzer préconise un engagement plus marqué de la communauté musulmane pour un rejet clair “l’islamisme” radical et pour un respect des lois de notre pays et des droits des femmes. Nous y souscrivons.

Il reconnait que les politiciens n’ont pas a se substituer à un tribunal du moment où celui-ci est compétent et neutre et estime que, s’agit du PKK, « les personnes d’origine turque doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que tous autres citoyens suisses se sentant menacés » (voir ses réponses à notre questionnaire).

Taha Djamel Eddine Medjitna, candidat des Vert.e.s (liste N° 5) de Lausanne-Ville au Grand Conseil, Dr. vétérinaire-biologiste et Dr. ès Science, directeur de PME, nous a gratifié de réponses complètes et détaillées (voir ses réponses à notre questionnaire).

En résumé, M. Medjitna — qui défend ardemment l’idée de célébrations d’un événement aussi important que le centenaire du Traité de Paix de Lausanne et d’un possible jumelage de Lausanne avec Istanbul ou Ankara — doute que les autorités vaudoises puissent penser à une commémoration digne de ce nom, car, dit-il, « il y a une forme d’ethnocentrisme et de racisme systémique et ordinaire, parfois conscient et souvent inconscient, qui font que tout ce qui vient d’ailleurs, qu’autre que d’Europe ».

Concernant la “reconnaissance d’intérêt public” de la communauté musulmane du canton de Vaud, il dit vouloir s’y engager mais souligne, entre autres, une autre problématique qui découle de ce processus de reconnaissance : c’est celui des conditions et des exigences. Sur la problématique de l’ingérence du politique dans des considérations d’ordre historique, M. Medjitna dénonce « le négationnisme [celui des politiciens] pour eux même et dénonciateurs et donneurs de leçon pour autrui ». Quant aux événements survenus dans l’Empire ottoman en 1915 — que certains politiciens acquis à une certaine forme de communautarisme ethnocentrique qualifient de « génocide », le candidat des Vert.e.s appelle à en parler, à en débattre, sans passion mais avec une démarche de réconciliation avec les descendants des victimes (arméniennes). C’est justement une de nos préoccupations et c’est, depuis notre création en 2007, que nous nous y attelons.

Luisier Brodard Christelle, Conseillère d’Etat sortante PLR et candidate au Conseil d’Etat (liste N° 5), nous a très aimablement envoyée un message pour nous signifier que pour des raisons de collégialité liées à la campagne — le gouvernement ayant recommandé aux candidat-e-s aux élection cantonales qui sont membres du Conseil d’Etat — elle avait renoncé à répondre aux sondages. Nous respectons cette position.

Ceci dit, nous rappelons à nos électeurs que c’est Mme Christelle qui, dans son département, est en charge du dossier de la reconnaissance des communautés religieuses. De ce fait, elle travaille en étroite relation avec l’UVAM.

Candidate à biffer : Isabelle Moret (PLR) – Liste N° 5

Le système électoral suisse est ainsi fait qu’il permet aux votants de biffer (ou de rajouter) — sur des listes communes — ceux et celles qui se présentent à la législature.

Pour les élections au Grand Conseil, il convient de faire usage de ce privilège : nous avions, par le passé soutenu à plusieurs reprises Isabelle Moret, acuellement candidate PLR au Conseil d’Etat.

Il ya plusieurs années, une délégation de notre Fédération avait même eu une entrevue dans son étude sur une possible révision de la norme pénale antiraciste de l’article 261bis du Code pénal dans le cadre de l’affaire du Dr. Perinçek c. Suisse, affaire dans laquelle nous étions intervenus au titre de « tiers intervenant » auprès de la Grande Chambre à la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg. La Cour nous avait d’ailleurs donné raison en condamnant par trois fois la Suisse et l’Association Suisse-Arménie !

Or, il se fait qu’entre temps, Isabelle Moret a rejoint, en tant que co-présidente, le groupe parlementaire d’amitié Suisse-Arménie qui est connu pour ses positions ouvertement turcophobes. En octobre 2020, en plein conflit du Haut-Karabagh entre Erevan et Bakou, elle avait, via un communiqué de presse fallacieux, demandé l’intervention de la Confédération. Cette « Guerre des 44 jours » aura eu comme conséquence la restauration de la souveraineté territoriale de l’Azerbaïdjan après 30 ans d’occupation illégitime par les forces militaires arméniennes.

Devant son attitude partisane, nous lui avions adressé une lettre — resté sans réponse à ce jour — , et avions également décidé d’envoyer une missive dûment argumentée et référencée à chacun(e) des membres du Parlement fédéral.

Nous demandons donc instamment à nos membres et amis de rayer le nom d’Isabelle Moret de la liste N° 5 (« Alliance vaudoise », comprenant le PLR, l’UDC et le Centre) pour ce premier tour de l’élection au Conseil d’Etat.

En Conclusion
N’oubliez pas de voter, c’est l’acte fondamental en démocratie.

Ne pas voter, c’est laisser les autres décider pour nous. C’est se priver du moyen le plus simple de peser sur notre destin.


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