mercredi 30 novembre 2022

Difficile succession européenne à la tête du FMI

Publié le | par Hakan | Nombre de visite : 181 |
Difficile succession européenne à la tête du FMI

Depuis la démission de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, le poste de directeur général suscite toutes les convoitises. Traditionnellement dévolu à un Européen, il pourrait pour la première fois revenir à un pays émergent.

"Tout était si simple : aux Américains la présidence de la Banque mondiale, aux Européens celle du FMI. La même histoire depuis 1946, un arrangement à l’amiable, dont la France a largement profité : en 65 ans d’existence, le Fonds mondial a été dirigé par des Français pendant plus de 34 ans" rappelle Myeurop.

Mais cette tutelle de l’Europe se voit contestée par des pays comme la Chine ou le Brésil, qui plaident pour un candidat issu des pays émergents. "Quelques-uns notamment ont contesté en privé l’ampleur et la générosité des plans d’aide du FMI à l’Europe de l’Ouest, ainsi que le cofinancement par le FMI de prêts essentiellement mis au point par les autorités de la zone euro. A leurs yeux, cette souplesse contraste avec les conditions draconiennes imposées aux pays en voie de développement actuellement en difficulté" [Courrier International].

Certains ont déjà commencé à avancer leurs pions. "Le ministre mexicain du Budget, Ernesto Cordero, s’est prononcé jeudi en faveur du gouverneur de la Banque du Mexique, Agustin Carstens, comme candidat au poste de directeur général" rapporte l’AFP. La Communauté des Etats indépendants (ex-URSS moins les pays baltes et la Géorgie) a elle décidé de proposer le chef de la Banque centrale du Kazakhstan, Grigori Martchenko" [Le Figaro]. L’Afrique du Sud est également sur les rangs, soutenue par le Brésil.

En Chine, "le ’Quotidien du Peuple’ (voix officielle du Parti communiste) a estimé qu’il serait souhaitable que le futur patron du FMI soit chinois. ’Nous croyons comme toujours que le FMI doit poursuivre ses réformes structurelles et sélectionner le successeur sur la base du mérite, de manière transparente et impartiale’ a ainsi déclaré hier le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu" [AFP].

"Sauf que l’Europe, d’abord abasourdie, se ressaisit et n’entend rien lâcher. Surtout pas au moment où la zone euro est en crise, où la Grèce est empêtrée comme jamais dans les déficits" [Myeurop]. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, cité par Reuters, a déclaré aujourd’hui que l’Union européenne se prononcerait rapidement sur un candidat unique.

La candidature de Christine Lagarde est évoquée avec de plus en plus d’insistance, mais elle "se heurte à un obstacle de taille, l’enquête dont elle pourrait faire l’objet dans l’affaire Tapie" [La Croix]. D’autres noms circulent, dont celui de Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne, mais aussi Axel Weber, président de la Bundesbank. Peer Steinbruck, ex-ministre des Finances social-démocrate a été cité, mais aussi encore le Suisse Josef Ackermann, à la tête de Deutsche Bank.

Une possible candidature turque pourrait néanmoins être la seule à créer le consensus : "à cheval sur l’Europe et l’Asie, candidate à l’adhésion européenne, active au Moyen-Orient, elle pourrait bénéficier du soutien des pays émergents. Pour Mehmet Simsek, ministre turc des finances, ’il serait bon et également naturel de voir un turc à la tête du FMI’. Son candidat le plus sérieux, Kemal Dervis, ne s’est pas encore déclaré, mais il bénéficie déjà du soutien officieux du chef de l’Etat Abdullah Gül" d’après Myeurop.

Ce seront à nouveau les tractations entre nations qui feront la différence. Et de fait ce sont les Etats-Unis qui avec 17% des votes, soit l’équivalent d’un droit de veto, serviront d’arbitre.

Source : Toute l’Europe



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