"𝟼𝟯 𝗡𝗜𝗩𝗔𝗡" : 𝗟𝗔 đ—™đ—˜Ì‚đ—§đ—˜ 𝗗𝗘 𝗟’𝗘𝗡𝗙𝗔𝗡𝗧 - Turquie News
lundi 26 septembre 2022

"𝟮𝟯 𝗡𝗜𝗦𝗔𝗡" : 𝗟𝗔 𝗙𝗘̂𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗟’𝗘𝗡𝗙𝗔𝗡𝗧

©𝑇𝑟𝑎𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑑𝑢 𝑡𝑢𝑟𝑐 𝑝𝑎𝑟 Özcan TĂŒrk

PubliĂ© le | par Özcan TĂŒrk (Facebook) | Nombre de visite : 99 |
"𝟮𝟯 𝗡𝗜𝗦𝗔𝗡" : 𝗟𝗔 𝗙𝗘̂𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗟'𝗘𝗡𝗙𝗔𝗡𝗧

Ce jour, 23 avril, les Turcs cĂ©lĂšbrent l’enfant. Ils sont l’unique peuple Ă  avoir dĂ©diĂ© une journĂ©e Ă  ces bouts de chou qui sont notre avenir.

Mustafa Kemal AtatĂŒrk qui a instituĂ© cette fĂȘte l’avait compris bien avant tout le monde, comme beaucoup de choses d’ailleurs.

Indiscutablement, le pĂšre fondateur de la RĂ©publique turque, grĂące Ă  sa vision avant-gardiste a fait faire lĂ , un pas de plus Ă  son pays, dans le progrĂšs en matiĂšre de droits, de reconnaissance et de protection des enfants.

Les enfants du monde entier sont invités chaque année à participer aux festivités organisées en Turquie.

Les associations turques de l’étranger cĂ©lĂšbrent joyeusement cette fĂȘte.

C’est aussi l’occasion pour tous de se retrouver afin de partager un condensĂ© chaleureux de culture, de plaisir et de bonheur autour du thĂšme de nos chĂ©rubins.

Je vous propose ci-dessous la traduction d’un article de Sinan Meydan, historien spĂ©cialiste de la RĂ©publique turque, qui nous explique le contexte et les enjeux autour de cette date emblĂ©matique.


𝑇𝑅𝐴𝐷𝑈𝐶𝑇𝐼𝑂𝑁

𝟮𝟯 𝗔𝗩𝗥𝗜𝗟 : 𝗟𝗘 𝗖𝗢𝗨𝗥𝗢𝗡𝗡𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗟’𝗘𝗡𝗙𝗔𝗡𝗧

En 1920, l’Empire ottoman comptait environ 4 millions d’enfants dont une grande partie avait besoin de protection. Alors que le taux de mortalitĂ© infantile en Europe occidentale variait entre 10 et 25‰, dans l’Empire ottoman, ce taux dĂ©passait tristement les 60%.

1/â–Ș LA PROTECTION ET LA SANTÉ INFANTILES

En 1920, le gouvernement d’AtatĂŒrk crĂ©e le MinistĂšre de la santĂ© et de l’aide sociale. Les orphelinats lui sont rattachĂ©s.

En 1921, AtatĂŒrk fonde la Direction gĂ©nĂ©rale des services Ă  l’enfance, Ă  Ankara, afin d’accueillir et protĂ©ger les enfants abandonnĂ©s, sans-abris ou orphelins, et en particulier les pupilles de la Nation, orphelins victimes de la guerre.

La mĂȘme annĂ©e, la loi interdisant le travail des enfants dans les mines est promulguĂ©e.
En 1925, le MinistĂšre de la santĂ© dĂ©cide d’ouvrir des dispensaires et des maisons de soin de la petite enfance. Jusqu’en 1930, le gouvernement d’AtatĂŒrk inaugure de tels Ă©tablissements en faveur des enfants dans les provinces d’Ankara, Konya, Balıkesir, Adana, Çorum, Malatya, Erzurum et Kars.

Durant 7 ans, ces maisons hĂ©bergent 7025 femmes et 1000 enfants ; et soignent 41483 femmes en ambulatoire. Elles prennent en charge le soin et la protection de 88200 enfants.
Toujours en 1925, le gouvernement inaugure, à Izmir, une école pour enfants handicapés disposant de 100 lits.

Un an plus tard, grĂące Ă  l’adoption du Code civil, la protection des enfants est inscrite dans la loi comme une responsabilitĂ© des pouvoirs publics.

En 1929, l’Institut mĂ©dical Refik Saydam regroupant des laboratoires de recherche et soin en chimie, bactĂ©riologie, immunobiologie et pharmacodynamie voit le jour. L’institut commence Ă  produire des vaccins. Non seulement, cette fabrication locale libĂšre, dĂšs 1932, le pays de l’importation de vaccins et sĂ©rums de l’étranger mais elle permet Ă  la Turquie de pourvoir aux besoins des pays voisins en vaccins et sĂ©rums ! DĂ©sormais, la Turquie exporte ses mĂ©dicaments et produits de santĂ©.

Avec la loi sur les municipalitĂ©s adoptĂ©e en 1930, les collectivitĂ©s locales endossent des responsabilitĂ©s sociales importantes comme accueillir, protĂ©ger et pouvoir aux soins mĂ©dicaux des enfants abandonnĂ©s, sans-abris ou issus de familles nĂ©cessiteuses. En outre, les autoritĂ©s locales se doivent, pour ces enfants et familles, de subvenir Ă  leur besoins en Ă©ducation scolaire et sportive, mais aussi en logement, nourriture et vĂȘtements. Elles se doivent Ă©galement de construire et gĂ©rer des dispensaires, des orphelinats, des maternitĂ©s et des centres d’allaitement. La loi turque prĂ©voit que tous ces services en faveur des nĂ©cessiteux soient fournis gratuitement.

La loi de 1930 sur la SantĂ© universelle dispose avec dĂ©tails la construction et la gestion, au service de la population, de dispensaires, d’hotĂȘls-Dieu, d’hospices, de centres mĂ©dicaux et d’allaitement, de maternitĂ© et de maisons de protection mĂšres-enfants. Par exemple, les naissances doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es, sans aucun frais, et les mamans doivent bĂ©nĂ©ficier de congĂ©s maternitĂ© 3 semaines avant et aprĂšs l’accouchement. Les villes de plus de 20 mille habitants s’obligent, en outre, Ă  ouvrir des Instituts mĂ©dicaux pour les soins et l’allaitement des enfants.

Sur le volet politique, le programme du parti CHP, de 1935, contient tout un paragraphe sur la protection de l’enfance. Par exemple, dans ses articles 56 et 57, il est prĂ©vu l’augmentation des dispensaires, une aide financiĂšre Ă  la naissance, l’éducation des mamans aprĂšs l’accouchement, l’augmentation des sages-femmes et pĂ©diatres, des centres de conseils et informations Ă  propos de la conception, la grossesse, la maternitĂ©, le bĂ©bĂ©,
 l’augmentation du nombre de crĂšches et de puĂ©ricultrices, de centres d’accueil et de protection des orphelins et enfants abandonnĂ©s.
Dans le cadre du projet « Enfant robuste » du CHP est fondĂ©e, dans plusieurs endroits, « l’Union des mamans » qui se donne pour but de venir en aide et de pourvoir gratuitement Ă  tous les besoins des jeunes mamans et des nourrissons.

En 1930, l’unitĂ© pour enfants de l’HĂŽpital ƞiƟli Etfal d’Istanbul est renforcĂ©e. Des services pour les nourrissons et enfants sont crĂ©Ă©s Ă  l’HĂŽpital Numune d’Ankara et Ă  l’HĂŽpital de la facultĂ© de mĂ©decine d’Istanbul.

La mĂȘme annĂ©e sont lancĂ©es de vastes campagnes d’information et de sensibilisation populaires Ă  propos de la maternitĂ© et des soins aux enfants dans les Maisons du Peuple (Halkevi).
En 1937 et 1938 sont inaugurées des écoles de sages-femmes à Balıkesir et Konya.

En 1940, non seulement les Instituts de village dispensent gratuitement une Ă©ducation aux enfants des familles modestes mais en plus forment des fonctionnaires de santĂ© publique ainsi que des sages-femmes Ă  destination des populations paysannes turques si mĂ©prisĂ©es durant certains siĂšcles dans l’Empire ottoman. Ce personnel mĂ©dical joue un rĂŽle trĂšs important en faveur des mĂšres et enfants dans les campagnes anatoliennes qui n’avaient jusque-lĂ  jamais vu de personnel soignant.

2/â–Ș UNE RÉVOLUTION DANS L’EDUCATION DES ENFANTS

Le plus gros problĂšme des enfants, outre la santĂ©, Ă©tait l’accĂšs Ă  l’éducation. En 1920, Ă  la fin de l’Empire ottoman, le taux d’alphabĂ©tisation n’était mĂȘme pas de 10%. En 1921, AtatĂŒrk convoque un CongrĂšs de l’Education qui Ă©tablit les principes directeurs de l’Education nationale.
L’annĂ©e 1924 signe le passage Ă  une Ă©ducation moderne, laĂŻque et nationale. L’article 87 de la constitution de 1924 rend obligatoire l’école primaire publique et gratuite pour tous les enfants, garçons comme filles.
A la crĂ©ation de la RĂ©publique, en 1923, la Turquie ne possĂ©dait que 4894 Ă©coles primaires. Dans ces Ă©coles Ă©taient inscrits 341 941 enfants dont 273 107 garçons et 62 954 filles. 64% des enfants devant aller Ă  l’école ne pouvaient y aller.
En 1938, grĂące aux rĂ©formes d’AtatĂŒrk, le nombre d’écoles primaires fait un bond de 217%. Entre 1923 et 1938, le nombre des Ă©lĂšves turcs du primaire passe de 341 mille Ă  950 mille, ceux du collĂšge de 5905 Ă  95 mille et ceux du lycĂ©e de 1241 Ă  25 mille ! L’augmentation spectaculaire des chiffres donne le tournis !
En 1926, le systÚme éducatif devient entiÚrement gratuit et un an plus tard, la mixité obligatoire.
Des écoles de village sont édifiées pour les enfants des milieux ruraux.
Afin de pourvoir Ă  l’éducation des filles, en 1930 sont fondĂ©s des Instituts pour filles.

En 1940, année qui voit naßtre les fameux Instituts de village, fer de lance du systÚme éducatif de la jeune République turque, on passe à un enseignement totalement mixte.

Les Ă©lĂšves, les plus mĂ©ritants, sont envoyĂ©s Ă  l’étranger dĂšs 1925 pour complĂ©ter ou parfaire leur formation.

Dans toutes ces Ă©coles, on accorde une place privilĂ©giĂ©e Ă  l’art et Ă  la culture.

En 1935, Muhsin Ertuğrul fonde le premier thĂ©Ăątre pour enfants au sein du ThĂ©Ăątre d’Istanbul et lance une revue sur le thĂ©Ăątre Ă  destination des plus petits.

En 1925, la premiĂšre bibliothĂšque pour enfants ouvre ses portes.

Comme l’éducation physique occupe une place centrale dans le systĂšme kĂ©maliste, AtatĂŒrk fonde, en 1930, l’Institut Gazi de l’Education Physique. Le sport est intĂ©grĂ© dans les programmes scolaires. Les autoritĂ©s locales, y compris les villages, reçoivent des instructions pour construire des centres de sport au profit de la population. Les premiers magazines de sport apparaissent dans les kiosques.

La mĂȘme annĂ©e, en 1930, les usines turques ouvrent des crĂšches et des jardins d’enfants avec des Ă©ducateurs au profit des enfants de leurs employĂ©s femmes.

En 20 ans, l’organisme de Protection infantile a rĂ©alisĂ© un travail colossal. Il a sauvĂ© 3 4969 990 enfants, a nourri 2 334 168 nourrissons, a Ă©duquĂ©, vĂȘtu, soignĂ© et guĂ©ri 1 135 822 enfants selon les chiffres de son prĂ©sident Fuat Umay citĂ©s lors de sa confĂ©rence en 1941 !

Et c’est le mĂȘme organe public, la Direction gĂ©nĂ©rale des services Ă  l’enfance qui a cĂ©lĂ©brĂ© la premiĂšre fois, avec le soutien d’AtatĂŒrk, la fĂȘte de l’Enfant du 23 Avril et a permis sa gĂ©nĂ©ralisation Ă  tout le pays.

AtatĂŒrk s’intĂ©ressait de prĂšs Ă  la cĂ©lĂ©bration de l’enfant et s’évertuait Ă  sa mise sur un piĂ©destal par l’Etat. Par exemple, lors des festivitĂ©s de 1927, il avait entiĂšrement consacrĂ© l’une des automobiles prĂ©sidentielles aux enfants, l’orchestre du palais prĂ©sidentiel avait Ă©tĂ© mis Ă  disposition des enfants, et il avait participĂ© au bal des enfants puis les avait tous invitĂ©s Ă  un grand banquet organisĂ© Ă  la ferme forĂȘt « Orman Çiftliği » Ă  Ankara.

J’essaie de dire, en fait, que ceux qui ont fondĂ© la RĂ©publique turque ne se sont pas contentĂ©s de sauver le pays de l’occupation ennemie, ni de sauver notre population de l’illettrisme, non, ils ont fait plus encore, ils ont tout mis en Ɠuvre pour sauver nos enfants, -tous les enfants turcs, y compris les exclus et les plus dĂ©munis- ils ont tout fait pour les sauver de la famine, de la misĂšre, de la maladie et de l’absence d’éducation. Et pour couronner cette Ɠuvre admirable, ils ont octroyĂ© une fĂȘte inĂ©dite Ă  nos enfants ! GrĂące Ă  AtatĂŒrk, les Turcs cĂ©lĂšbrent et rendent hommage aux enfants comme nulle part ailleurs.

𝑩𝒐𝒏𝒏𝒆 𝒇𝒆̂𝒕𝒆 𝒍𝒆𝒔 𝒆𝒏𝒇𝒂𝒏𝒕𝒔 !
Sinan Meydan
𝐻𝑖𝑠𝑡𝑜𝑟𝑖𝑒𝑛
23 avril 2018

©𝑇𝑟𝑎𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑑𝑢 𝑡𝑢𝑟𝑐 𝑝𝑎𝑟 Özcan TĂŒrk

À lire aussi