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Un Strasbourgeois à la recherche de soldats azéris disparus


Ecrit par Hakan, 2020-09-20 13:26:12


Un Strasbourgeois né en Azerbaïdjan s’est lancé dans une vaste enquête à la recherche des tombes de soldats azéris inhumés en France. Ils seraient plusieurs centaines y compris en Alsace. Enquête sur un chapitre un peu oublié de la Seconde Guerre mondiale.

Nijat Kazimov est Strasbourgeois. Âgé de 27 ans, il est arrivé en France en 2013 pour ses études. Depuis, il a fondé dans la capitale alsacienne les Éditions Kapaz, une maison d’édition spécialisée dans la littérature du Caucase.

Au mois d’août dernier, il apprend de façon fortuite que dix soldats azéris apparaissent à l’état civil de la commune de Soultz-les-Bains. Il se renseigne auprès de la mairie, obtient les dix noms. Ils sont tous les dix décédés pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1944. Il en publie la liste sur Facebook. Son post est partagé des centaines de fois, notamment en Azerbaïdjan. Il reçoit en retour des messages provenant de familles à la recherche de la tombe d’un disparu.

Il poursuit ses recherches et découvre que les dix soldats azéris font partie de 394 soldats soviétiques détenus au fort de Mutzig pendant la Seconde Guerre mondiale. Certains ont été jugés et passés par les armes. « Les Allemands voulaient les incorporer à la légion Caucase. Ces dix soldats ont refusé, ils ont été exécutés. Ce sont des héros. » Il se met à la recherche des tombes et trouve deux des noms dans le carré soviétique du cimetière sud à Strasbourg. Il s’agit des soldats Molla Goussïenov et Muckhlis Mamed-Zade.

Nijat Kazimov se dit particulièrement touché, non seulement parce que ces soldats oubliés sont originaires du même pays que lui. Mais aussi parce qu’il s’est aperçu que pour les familles, la destinée des disparus reste un immense point d’interrogation et l’absence d’information est une souffrance. « J’ai eu des familles au téléphone raconte-t-il. Par exemple, un homme de cinquante ans environ aujourd’hui. Il a commencé à pleurer au téléphone parce qu’il a longtemps cherché des informations sur ce qui était arrivé à son grand-père. » Un autre contact lui explique que le frère du soldat disparu avait longtemps cherché lui aussi à savoir ce qui était advenu de son frère et qu’arrivé au bout de sa vie, il avait demandé que la photo du disparu soit posée sur sa propre tombe.

C’est pourquoi Nijat Kazimov a décidé de localiser les tombes des soldats azéris inhumés en France. Pour cela, il entend prendre pour point de départ les lieux d’inhumation de soldats soviétiques et ensuite, identifier les Azéris parmi les citoyens soviétiques répertoriés. « Il y a 9 661 soldats soviétiques enterrés en France dans 518 lieux. » Selon les historiens, il y avait sur le territoire français plus de 200 camps de prisonniers soviétiques pendant la guerre. Dans les cimetières, il y a des tombes individuelles ou des fosses communes de soldats qui étaient soit des prisonniers de guerre morts en détention, soit des supplétifs de la Wehrmacht tués au combat, ou encore des soldats évadés des stalags, morts en combattant dans les rangs de la résistance française. De nombreux civils avaient également été déplacés et obligés de travailler sur le territoire français.

Nijat Kazimov poursuit sa longue quête. Il imagine en faire un livre d’histoire. Et aussi peut-être un documentaire.

Contact : [email protected]

Source : DNA

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