Des peines de prison ferme et une interdiction définitive du territoire français ont été prononcés, hier, à l’encontre de onze jeunes Kurdes, proches du "Parti des travailleurs du Kurdistan" (PKK), pour avoir jeté des cocktails Molotov à Bordeaux contre une association culturelle et deux cafés fréquentés par la communauté turque, au printemps 2007. Selon le parquet, c’est la première fois qu’un tribunal français condamne des proches du PKK pour des faits de terrorisme. En effet, le PKK bénéficie d’une certaine impunité en France disposant de bureaux et d’associations paravent qui servent à récolter l’ "impôt révolutionnaire". Ces fonds extorqués aux commerçants turcs et kurdes de France servent à l’achat d’armes et d’explosifs utilisés dans les attentats commis par le PKK en Turquie.
La 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris a été plus sévère que le procureur, qui avait requis, le 16 décembre dernier, entre six mois de prison avec sursis et quatre ans ferme. Reconnus coupables d’« association de malfaiteurs à visée terroriste » et de « financement du terrorisme » pour huit d’entre eux, les prévenus ont écopé hier de peines allant de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis à cinq ans de prison ferme accompagnés d’interdiction du territoire français. « Le PKK est bien une organisation terroriste » et « les Jeunesses apoïstes - dont faisaient partie les onze Kurdes - en sont une déclinaison », avait affirmé à l’audience le procureur. Pour lui, tous avaient « une parfaite connaissance des enjeux idéologiques » de leurs actes et avaient « conscience d’agir conformément aux visées du PKK ».
Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la communauté internationale. Les attentats de l’organisation séparatiste ont causé la mort de quelque 40.000 personnes depuis 1984, début des attentats du groupe terroriste qui vise à instaurer un Etat indépendant kurde dans le sud-est de la Turquie.
