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Serkan Uzunay (Temsa France) : "Nos bus électriques seront prêts à être commandés au deuxième trimestre"

mercredi 17 mars 2021 | par Engin


Serkan Uzunay (Temsa France) : "Nos bus électriques seront prêts à être commandés au deuxième trimestre"

Article original ; https://www.lejournaldesentreprises.com/alsace/article/serkan-uzunay-temsa-france-nos-bus-electriques-seront-prets-etre-commandes-au-deuxieme-trimestre-452937

L’aventure Dietrich Carebus à Ingwiller a pris fin à l’automne 2019.
Le distributeur d’autobus a été placé en redressement judiciaire en juillet 2019 en raison notamment de problèmes de trésorerie et d’appels d’offre non remportés en Ile-de-France.
Depuis lors, la liquidation judiciaire a été prononcée. Serkan Uzunay, président de Temsa France, constructeur turc, distribué en France par Dietrich Carebus, qui a repris la société alsacienne.

Serkan Uzunay préside Temsa France après avoir travaillé dans le secteur automobile, notamment avec les marchés russe et allemand.

Temsa était un client de Dietrich Carebus depuis 20 ans, comment s’est décidée la reprise ?

Serkan Uzunay : Temsa dispose d’une usine de production de bus et autocars en Turquie et distribue ses véhicules dans 66 pays à travers ses filiales TNA aux États-Unis, Temsa Deutschland en Allemagne et maintenant TFR, Temsa France à Ingwiller.
Depuis 20 ans, 5 000 de nos véhicules, des bus de tourisme notamment, ont été distribués sur le marché français par Dietrich Carebus.
Quand nous avons appris que notre partenaire alsacien était placé en redressement judiciaire, nous voulions rester présents sur le marché français qui représente 10 % de notre activité.
Nous avons donc fait une offre de reprise de l’activité opérationnelle sans la dette. Notre offre s’élève à 2,7 millions d’euros.

Quelles sont vos premières actions ?

54 des 120 salariés ont été conservés à Ingwiller.
Nous avons repris l’opérationnel en novembre dernier. Les deux derniers mois de l’année ont été consacrés à un travail administratif avec les mandataires.
La liquidation de l’entreprise est en cours depuis janvier et depuis lors, nous sommes retournés sur le marché.
Dans un premier temps, nous voulons aller à la rencontre de nos clients pour mener une opération de confiance.
Nous en comptons environ 1 000 sur le marché français et nous devons les rassurer suite aux six derniers mois de flottement.
Le mandat de Temsa France consiste en la distribution de nos véhicules, en l’offre de services et de maintenance et en une activité de marché de l’occasion.
Nous comptons actuellement six équipes de « flying doctors » soit des équipes mobiles prêtes à intervenir en France et prochainement, elles seront huit. De plus, nous déployons des partenariats avec des stations-service.

Quelles sont vos perspectives de croissance ?

Dietrich Carebus était un distributeur multimarques et distribuait notamment la marque du constructeur chinois Yutong sur le marché français aux côtés de Temsa. Dorénavant, le site d’Ingwiller distribue exclusivement la marque Temsa et ce recentrage explique en partie la perte d’effectif.
Pour autant, nous souhaitons recréer de l’emploi à tous les postes dès que possible.
Pour 2020, notre prévision de chiffre d’affaires s’élève à 30 millions d’euros, chiffre que nous voulons faire croître de 25 % pour les cinq prochaines années (NDLR : en 2018, Dietrich Carebus réalisait un chiffre d’affaires de 95 M€). En projetant la vente de 200 nouveaux véhicules et de 100 véhicules d’occasion, ces 30 millions sont atteignables, puisque dans un premier temps, nous souhaitons nous concentrer davantage sur le service après-vente et la maintenance plutôt que sur les ventes.

Comment vous positionnez-vous face au développement des bus électriques ?

Les prévisions de croissance du marché des bus électriques misent sur un développement exponentiel.
Temsa produit des bus de ville électriques de 9 et de 12 mètres de long que nous devons faire homologuer pour le marché français.
Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère puisque les villes et les zones urbaines veulent développer des solutions zéro émission. Dans l’Union européenne, le gouvernement français est l’un des pionniers pour développer cette stratégie et nous pouvons annoncer que nos véhicules seront prêts à être commandés au deuxième trimestre.