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Haut-Karabakh : La légitimité du recours aux armes


Ecrit par Engin, 2020-10-04 23:01:21


Haut-Karabakh : La légitimité du recours aux armes

Comme tout un chacun, je suis pour une vie pacifiste, et toute opération militaire est un drame.

Pendant que j’écris ces lignes, des soldats combattent, sont blessés ou meurent, des civils subissent les contre-coups…

Pourtant, sauf à perdre toute forme de raisonnement, je dois reconnaître que le recours aux armes est un droit et une nécessité quand il s’agit de défendre le territoire national.
C’est pour cela que dans tous les pays du monde, l’armée relève du « ministère de la défense » , et non pas du « ministère de l’attaque ».

Or, que fait ces jours-ci l’armée d’Azerbaïdjan ?

Elle protège son peuple, en agissant pour rétablir l’unité du territoire.

Le 30 août 1991, l’Azerbaïdjan a proclamé son indépendance à l’égard de l’Union soviétique, suivi par l’Arménie le 21 septembre 1991, et les deux états ont été admis l’ONU, avec une frontière bien établie : celle qui résulte de l’histoire, et que l’on trouve actuellement sur toutes les cartes de géographie.

Deux pays voisins, chacun dans ses frontières.

En 1991, l’Arménie a lancé son armée pour s’imposer au Haut-Karabakh, dans une guerre terrible qui a causé 30 000 morts et un million de déplacés.

En avril-novembre 1993, le Conseil de Sécurité a adopté 4 résolutions (n° 822 du 30 avril, n° 853 du 29 juillet, n° 874 du 14 octobre et n° 884 du 12 novembre) qui toutes confirment la souveraineté de l’Azerbaïdjan, son intégrité territoriale et l’inviolabilité de ses frontières internationales, réaffirment que le recours à la force pour acquérir un territoire est inadmissible, condamnent l’occupation des territoires et exigent le retrait immédiat, complet et inconditionnel des forces d’occupation de toutes les régions d’Azerbaïdjan.

Ignorant le droit international, avec ses soutiens occidentaux et russe, l’Arménie a implanté la « République du Haut-Karabagh », une illusion qui n’est reconnue par aucun État, mais avec pour conséquence l’occupation de plus de 15% des territoires de l’Azerbaïdjan, allant bien au-delà du Haut-Karabagh.

Et ensuite ?

Il s’est engagé un processus de soi-disant négociations, sous la direction du groupe de Minsk (États-Unis, France et Russie), qui en réalité, année après année, pas après pas, a cherché à conforter l’Arménie dans son illusion, comme si l’on pouvait demander à l’Azerbaïdjan de renoncer à la souveraineté sur son territoire.

Depuis maintenant 10 jours, c’est la guerre et nous devrons attendre pour savoir exactement ce qu’il en est.

Mais deux choses sont bien claires, dans la lumière du droit international.

D’abord, Bakou assume totalement cette opération se fondant sur le droit sacré d’un Etat à assurer la maîtrise de l’ordre sur l’ensemble de son territoire souverain. Et si l’on entend des critiques sur la conduite des opérations – on verra plus tard ce qu’il en est - l’Arménie doit faire le constat cruel qu’aucun Etat ne conteste le principe.
De fait, quel État accepterait qu’un État étranger installe sur son propre territoire une enclave fortement armée ?

Ensuite, les Etats qui ont conclu des accords militaires de défense avec l’Arménie ne font rien, comme la France ou l’Europe qui arrivent à peine à publier des communiqués.
Et pour quelle raison ?
La raison très simple que les pays alliés de l’Arménie répondraient à une demande de coopération militaire si le territoire arménien était attaqué, alors qu’ils commettraient violation considérable du droit international en se prêtant au moindre soutien militaire à l’Arménie sur le territoire souverain de l’Azerbaïdjan.

Je pense bien volontiers que résident au Haut-Karabakh des personnes de bonne foi qui ont cherché à construire leur vie, les enfants qui sont nés et qui ne comprennent pas.
Mais ils doivent se retourner contre les vrais responsables, c’est-à-dire les dirigeants politiques de l’Arménie qui en 1991 ont commis cette faute inacceptable d’envahir le territoire d’un autre État, et aussi la kyrielle des dirigeants – de Whansigton à Moscou, en passant par Paris et Bruxelles – qui ont laissé croire que cette illusion du Haut-Karabagh était une juste cause et pouvait avoir une issue politique.

C’est ainsi, la fin de trente ans d’illusion.

Mon souhait, ce soir, est que les dirigeants d’Arménie fassent le constat réaliste que leur action au Haut-Karabagh depuis 1991 est une impasse car elle viole les principes forts du droit international.
Et de manière réaliste, j’ajouterai : le plus tôt sera le mieux.

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