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BERÇ KERESTECIYAN, UN PATRIOTE « VALEUREUX »

jeudi 29 août 2019 | par Özcan Türk (Facebook)


BERÇ KERESTECIYAN, UN PATRIOTE « VALEUREUX »

BERÇ KERESTECIYAN, UN PATRIOTE « VALEUREUX »

Dans le cadre de la semaine de célébration de la « Grande Victoire du 30 août de la Guerre d’Indépendance turque » (Zafer Bayramı), après Ali Çetinkaya et Reşat Çiğiltepe, je rends hommage aujourd’hui à Berç Keresteciyan.

Berç (prononcez Berch) Keresteciyan, turc d’origine arménienne, a joué un rôle absolument décisif lors de l’affrontement entre la Résistance nationale turque et l’armée d’invasion grecque.

Voici un extrait de l’article signé du journaliste Tufan Türenç et publié par Hürriyet le 1er juin 2001, –« Berç Keresteciyan Efendi’nin öyküsü » :

« Mustafa Kemal et ses compagnons bataillaient dans des conditions très difficiles et de grandes privations, ils tentaient d’enrayer l’avancée des troupes grecques vers Ankara.
L’ennemi fut arrêté à côté du fleuve Sakarya, à 100 km d’Ankara. Chaque armée se préparait à cette bataille décisive qui allait déterminer l’avenir du pays.
En effet, si les troupes kémalistes venaient à perdre la bataille, les Turcs seraient contraints de signer le traité de Sèvres c’est-à-dire leur acte de décès.
En outre, 24 divisions de l’armée russe attendaient patiemment dans le Caucase l’issue de cet affrontement.
Malheureusement, un effrayant problème surgit inopinément du côté turc. Les mécanismes de mise à feu des canons ramenés sur le champ de bataille étaient manquants. Une partie essentielle de l’artillerie devenait donc inutilisable et la victoire improbable.
Ces mécanismes étaient vendus clandestinement à Istanbul mais il fallait trouver 15 000 livres pour les acheter, une fortune en 1920. Personne ne savait où se procurer une telle somme d’argent. Alors, Mustafa Kemal envoya une épistole à Berç Keresteciyan Efendi pour solliciter des fonds. Sans hésiter, Berç Keresteciyan demanda aux porteurs de la lettre de venir le rejoindre dans la nuit. Il vida son compte en banque personnel et remit l’argent aux émissaires du Pacha. Ainsi, les mécanismes de mise à feu furent achetés et envoyés en Anatolie.
Après l’adoption de la réforme des patronymes par l’Assemblée nationale turque, Atatürk, n’ayant pas oublié les services précieux rendus par Berç Keresteciyan, lui attribua le nom de famille, « Türker » qui signifie : le Turc valeureux.
Ensuite, en 1935, Atatürk le fit élire député dans la province d’Afyon (ma province d’origine 😁) d’où il avait lancé une contre-attaque décisive contre l’armée hellène en août 1922. Ainsi, Berç Keresteciyan Türker fut le premier Arménien à siéger à la Grande Assemblée Nationale de la République de Turquie… »
Vous pouvez lire son récit en français sur le site d’informations : Turquie-News.com.

Pour compléter l’histoire de ce héros turc d’ascendance arménienne, sachez qu’en 1919, lorsqu’Istanbul était envahi par les alliés, Berç Keresteciyan travaillait alors comme directeur de la banque ottomane. Mustafa Kemal avait fait sa connaissance à l’époque où il dirigeait l’agence de Salonique, sa ville natale.
Berç Keresteciyan officiait également en qualité de vice-président du Kızılay, le Croissant-Rouge turc.
Lorsque la guerre d’indépendance éclata en Anatolie, Berç Keresteciyan, en sa qualité de vice-président du Croissant-Rouge, supervisa personnellement l’expédition des caisses de médicaments dans des barques au départ d’Istanbul. Ces caisses ne contenaient pas uniquement des médicaments mais aussi des armes que le Teşkilat-ı Mahsusa (les services secrets turcs de l’époque) avait fournies clandestinement.

Début 1923, Berç Keresteciyan fut président d’honneur de la Société pour l’amitié turco-arménienne à sa fondation.
Peu après les élections de 1946, il fit un dernier retour dans la vie publique, pour prononcer la réprobation la plus catégorique contre les revendications territoriales de l’URSS, au nom de la République soviétique d’Arménie, sur Kars et Ardahan, (d’abord formulées en 1945, elles avaient été réitérées via un comité créé à Paris l’année suivante, et où les communistes dominaient).

Pour terminer, sachez que selon Levon Panos Dabağyan, compagnon de combat de Alparslan Türkes (le fondateur du MHP), Berç Keresteciyan est le fils de Bedros Keresteciyan, linguiste et lexicographe turc et est né en 1870 à Afyon et non Istanbul. Berç Keresteciyan était un polyglotte accompli maîtrisant le turc, l’arménien, le français, l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol et le grec. (Source : Levon Panos Dabağyan, journal Vatan du 29 mai 2013).

Hommage à ce grand patriote valeureux : Berç Keresteciyan !

Vive l’indépendance ! Ya Istiklâl Ya Ölüm !



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