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ANDRÉ DE GRÈCE

dimanche 11 avril 2021 | par Özcan Türk (Facebook)


Une grande émotion a traversé les pays du Commonwealth mais aussi l’Europe à l’issue du décès du prince Philippe, époux de la reine du Royaume-Uni.

Le défunt prince était né prince Philippe de Grèce et de Danemark. Son grand-père était Guillaume de Danemark qui sans avoir de sang grec, avait été élu roi des Hellènes et devenu Georges Ier en 1863. Le père du prince Philippe était le prince André de Grèce.

Niemand, un Grec d’Allemagne, qualifie le prince André de « Figure sombre » et tweete que « Le prince André a été démis de ses fonctions de commandant du IIe corps d’armée dans les 3 mois en raison de son "incompétence et incapacité à commander de grandes unités de l’armée". Le prince était appelé par ses hommes le "καψοκαλύβας" (brûleur de domicile) en raison de son obsession pour la destruction des villages turcs. »

Dans son éditorial du 8 avril, le journaliste Yilmaz Özdil détaille la cruauté du prince André lors de la guerre turco-grecque, notamment quand celui-ci commandait 3 mille cavaliers qui se faisaient appeler le « Bataillon du diable ». A la tête de ce sinistre corps militaire, André s’est illustré par une cruauté impitoyable, ordonnant à ses hommes de détruire, ravager, anéantir, dévaster, violer, assassiner, incendier, pratiquer la terre brûlée, … Même les soldats sous ses ordres étaient terrifiés par la rage destructrice du prince André.

Mustafa Kemal Atatürk repousse l’envahisseur grec et l’armée hellène est écrasée à la bataille de Sakarya en 1921 où le prince André est engagé. Il fuit. De retour en Grèce, le prince est ensuite considéré comme l’un des responsables de la défaite contre les Turcs. Jugé pour désertion en 1922, il est condamné à la dégradation, au bannissement et à la déchéance de nationalité mais échappe à la peine de mort, contrairement aux personnalités victimes du « Procès des Six ».

Le prince André doit sa vie à l’intervention de la Grande-Bretagne, représentée à Athènes par un officier du nom de Gerald Talbot, qui accentue la pression sur le tribunal militaire. André quitte alors précipitamment Athènes à bord du croiseur britannique HMS Calypso, le 3 décembre 1922.