mercredi 30 novembre 2022

France : La polémique sur l’expulsion de Leonarda perdure

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France : La polémique sur l'expulsion de Leonarda perdure

France : La polémique sur l’expulsion de Leonarda perdure

Vendredi, des milliers de lycéens ont protesté l’expulsion de Leonarda Dibrani, d’origine kosovare et Katchik Kachatryan, d’origine arménienne, en organisant une marche à partir de la place de la Bastille à Paris.

Alors que les manifestants, réunis par les associations d’étudiants déferlaient sur la place, l’accès à plusieurs lycées parisiens a été bloqué.

Tandis que le président François Hollande garde le silence sur l’affaire, la Première dame Valérie Trierweiler a affirmé son soutien à la Kosovare Leonarda. « Les écoles ne sont pas lieu d’expulsion. Cette étudiante ne peut être tenue responsable des actes de son père » a-t-elle indiqué.

Entretemps, le ministre de l’Intérieur Manuel Vallas a décidé d’écourter sa visite aux Antilles françaises en raison des débats. "Malheureusement, je repars ce soir parce que le rapport de l’inspection générale de l’administration concernant les conditions d’éloignement de Leonarda me sera remis demain" avait-t-il relevé pour informer des causes de son retour précipité.

Samedi matin, Vals a reçu le rapport d’enquête concernant les conditions d’expulsion de Leonarda. Il devrait tenir un point de presse concernant l’affaire dans les heures qui suivent.

Hollande autorise le retour seul de Leonarda

Les manifestations des lycéens en France ont donné leurs fruits. Le président français François Hollande a indiqué que si Leonarda Dibrani, adolescente âgée de 15 ans, née en Italie et Rom d’origine kosovare, souhaitait poursuivre ses études, elle pourrait revenir en France mais que sa famille, elle, ne serait pas autorisée.

Le chef de l’Etat a par ailleurs indiqué qu’une instruction serait adressée aux préfets pour « prohiber » toute interpellation dans le cadre scolaire, dans les établissements comme à l’occasion de sorties pédagogiques.

L’adolescente, quant à elle, a refusé la proposition de Hollande en précisant qu’elle ne retournerait pas seule en France et qu’elle avait d’autres frères et sœurs qui allaient à l’école.

Le père de l’adolescente, Reşad Dibrani, a également affirmé qu’il n’autoriserait pas que sa famille se divise ainsi et qu’il reviendrait un jour ou l’autre en France, même si c’est par des voies clandestines.

Entretemps, le rapport de l’enquête a été dévoilé. Ainsi, le rapport précise que la décision d’expulsion est conforme au droit mais que la police aurait pu suivre une méthode plus délicate pour l’adolescente au lieu de la prendre de l’école.

La famille de Roms comptant huit membres avait déménagé du Kosovo en Italie pour un meilleur avenir et n’ayant pu recevoir de naturalisation ici, elle avait immigré en France. Dernièrement, en état clandestin, la famille avait été expulsée vers le Kosovo.

Les Roms qui vivent en banlieues, généralement dans des caravanes, se disent heureux de voir le soutien des étudiants.

Les Roms de France souhaitent « vivre comme tout le monde dans des maisons et envoyer leurs enfants à l’école ». Or les politiciens sont contre cette demande.

Les Français contre le retour de Leonarda

Les tollés de l’expulsion de Leonarda continuent dans l’ensemble de la France. Après les manifestations, le président François Hollande avait affirmé autoriser le retour de l’adolescente, mais seule, donc sans sa famille.

Toutefois, un sondage effectué par la firme BVA a révélé que le peuple français n’était pas d’accord avec le président et les lycéens manifestant pour le retour de la collégienne. Ainsi 65% des Français est contre l’annulation de la décision d’expulsion de Leonarda et de sa famille, et de leur retour en France. Toujours selon le même sondage, 74% des Français soutiennent les politiques d’immigration du ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Selon la presse française, la polémique autour de l’affaire Leonarda a causé des divergences de vues au sein du Parti socialiste. Certains appuient le ministre Valls qui a également réussi à gagner le soutien même des électeurs de droite ces derniers temps en raison de sa politique stricte concernant les Roms et les immigrés clandestins ; tandis que les politiciens de gauche sont contre cette politique qui selon eux, est « contraire aux valeurs et principes du socialisme ».



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