Arménie : Sarkissian réélu président, son principal rival conteste - Turquie News
samedi 1er octobre 2022

Arménie : Sarkissian réélu président, son principal rival conteste

Publié le | par Hakan | Nombre de visite : 130 |
Arménie : Sarkissian réélu président, son principal rival conteste

Le président sortant Serge Sarkissian a remporté une nette victoire à la présidentielle en Arménie, que son principal rival refusait cependant de reconnaître mardi, l’OSCE regrettant de son côté un manque de concurrence.

M. Sarkissian, 59 ans, a obtenu 58,64% des suffrages contre 36,75% pour son principal adversaire, l’ex-ministre des Affaires étrangères Raffi Hovannissian, 54 ans, selon des résultats complets diffusés par la Commission électorale centrale, qui a annoncé un taux de participation de 60%.

Mais M. Hovannissian a clamé sa victoire devant plusieurs centaines de ses partisans réunis dans le centre d’Erevan mardi pour protester contre un scrutin qu’ils jugent frauduleux.

"Je suis le président élu de l’Arménie. Je serai heureux de rencontrer Serge Sarkissian et de discuter avec lui du transfert du pouvoir", a lancé M. Hovannissian.

Les cinq autres candidats en lice, parmi lesquels un ex-Premier ministre, Hrant Bagratian, et l’ancien dissident soviétique Parouïr Haïrikian, étaient très loin derrière MM. Sarkissian et Hovannissian.

L’élection était un scrutin-test pour la démocratie dans cette ex-république soviétique du Caucase. En 2008, la victoire de M. Sarkissian à la présidentielle, également contestée par l’opposition, avait déclenché des manifestations qui avaient dégénéré en affrontements après l’intervention de la police, faisant 10 morts.

Mardi, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a estimé que le scrutin avait été marqué par des progrès, tout en dénonçant cependant un manque de concurrence.

"Cette élection a montré des améliorations, mais a manqué de véritable concurrence", a indiqué mardi Tonino Picula, chef de la mission d’observation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE dans un communiqué.

Les trois principales forces d’opposition, qui disposent de 48 des 131 sièges au Parlement — le parti Arménie Prospère, dirigé par Gaguik Tsaroukian, le mouvement Congrès national arménien de l’ancien président Levon Ter-Petrossian et la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutun (nationaliste) — ont en effet refusé de participer à cette élection.

Les observateurs de l’OSCE ont également noté, au niveau local, "des pressions sur les employés du service public pour participer à l’élection et aux évènements de la campagne".

Dans la soirée de lundi, le porte-parole de M. Hovannissian, Hovser Hourchoudian, a affirmé qu’il s’agissait d’un scrutin "honteux marqué par une quantité énorme de fraudes".

Les partisans de l’ancien ministre des Affaires étrangères ont fait état d’usage d’"encre sympathique" pour permettre des votes multiples et de "caravanes" de taxis et de cars pour emmener aux urnes des électeurs favorables au gouvernement.

"Nous avons reçu (...) des centaines de messages concernant les violations massives du code électoral comme le bourrage d’urnes, l’intimidation et l’achat de votes", a indiqué l’état-major électoral de M. Hovannissian.

De son côté, le président sortant a salué le scrutin.

"Ces élections ont encore une fois montré que le peuple arménien, dans les moments les plus importants, peut s’unir et prendre les bonnes décisions", a-t-il déclaré mardi.

La campagne électorale pour la présidentielle de 2013 a été assombrie par une attaque contre l’ex-dissident soviétique Haïrikian, blessé par balle à l’épaule le 31 janvier, et par la grève de la faim d’un autre candidat.

Les autorités espèrent que le calme prévaudra, afin de pouvoir améliorer les perspectives d’intégration européenne de ce petit pays enclavé du Caucase du Sud, peuplé de trois millions d’habitants, et qui ne dispose pas de ressources en hydrocarbures contrairement à ses voisins.

Le nouveau président devra s’attaquer en premier lieu aux problèmes économiques du pays, confronté à un important chômage et à la corruption.

Selon la Banque mondiale, 36% des Arméniens vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Ces deux dernières décennies, environ un million d’Arméniens ont quitté leur pays pour fuir le chômage et chercher de meilleures perspectives d’avenir à l’étranger.

« Un scrutin honteux »

Néanmoins, les supporteurs du principal rival, Raffi Hovannissian, ont dénoncé « un scrutin honteux marqué par une quantité énorme de fraudes ». Ils ont évoqué des cas de votes caravanes (des fonctionnaires électeurs sont amenés en groupe et en bus jusqu’au lieu de vote) et l’usage de l’encre sympathique, qui permettrait de voter plusieurs fois. Devant quelques centaines de supporteurs réunis à Erevan mardi soir, Raffi Hovannissian a refusé de reconnaître les résultats et s’est proclamé lui-même président élu d’Arménie.

Pour Sarkissian, dont le gouvernement a choisi une voie pro-européenne tout en ménageant Moscou, cette élection avait notamment pour objectif de se faire décerner un brevet de démocratie naissante. En 2008, le précédent scrutin, qui avait porté au pouvoir ce vieux routier de la politique arménienne - il a longtemps contrôlé les structures de force dans le pays -, avait été suivi par des échauffourées qui avaient fait dix morts. Cette fois, le camp présidentiel espérait éviter tout incident sérieux. De même, la plupart des politologues arméniens excluaient la répétition, cinq ans plus tard, du même scénario contestataire. Avant les élections, le principal rival de Serge Sarkissian avait promis qu’il ne ferait jamais « couler une seule goutte de sang arménien ».

Il mange son bulletin pour protester contre les élections

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avec AFP, Le Figaro et Le Monde



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