Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a affirmé aujourd’hui à Istanbul que la Turquie était prête à ouvrir ses ports aux navires chypriotes-grecs, comme le demande l’Union européenne, en échange de la levée de l’embargo pesant sur l’entité chypriote-turque.
"Nous sommes prêts à ouvrir tous les ports turcs aux Chypriotes-grecs. En échange, nous ne voulons qu’une seule chose : (...) que les ports chypriotes- turcs de Girne (Kyrenia), de Magosa (Famagouste) et l’aéroport d’Ercan (à Nicosie Nord) soient ouverts", a déclaré M. Davutoglu lors d’une conférence.
"Le monde ouvrira trois ports pour les Chypriotes-turcs, nous ouvrirons tous nos ports pour les Chypriotes-grecs. J’en fais la promesse", a poursuivi le ministre, cité par l’agence de presse Anatolie.
L’Union européenne somme depuis plusieurs années la Turquie, avec laquelle elle mène des négociations d’adhésion, d’ouvrir ses ports et aéroports aux vaisseaux chypriotes-grecs. Ankara, qui ne reconnaît pas l’administration chypriote-grecque du sud de l’île, refuse d’obtempérer tant que l’embargo maintenu par la communauté internationale sur la République turque de Chypre Nord (RTCN) [1], une entité autoproclamée reconnue par la seule Turquie, ne sera pas levé. En conséquence, l’UE a gelé huit des 35 chapitres thématiques de négociations avec la Turquie.
Source avec AFP
[1] Chypre est divisée depuis 1974, date de l’intervention de l’armée turque dans le nord de l’île en réponse à un coup d’Etat d’ultranationalistes chypriotes grecs, soutenus par la dictature des Colonels à Athènes, visant à rattacher de force l’île à la Grèce. Ce putsch avait également pour objectif la destruction de la minorité turque.
L’intervention militaire turque qui visait à protéger la population turque s’est soldée par la division de l’île en deux entitée politiques, une administration grecque au sud et la République Turque de Chypre du Nord (RTCN).
Des pourparlers sont en cours à l’ONU pour tenter de réunifier l’île, mais le referendum qui s’est tenu en 2005 sous l’égide des Nations Unies a été rejeté par la partie grecque alors qu’il a été massivement approuvé par les Turcs.
Sous la pression de l’administration chypriote grecque et du gouvernement d’Athènes, la RTCN subit un embargo agressif et se trouve politiquement et économiquement isolée sur la scène internationale.
Devant le soutien massif de la population chypriote turque au referendum pour la réunification, l’Union Européenne s’est engagée à mettre un terme à l’isolement de la RTCN, mais elle se heurte depuis au blocage systématique des Chypriotes grecs.