Le 29 octobre 1923, l’Assemblée nationale turque, réunie à Ankara, proclame la République turque et consacre la mort de l’empire ottoman.L’anniversaire de ce jour est fête nationale en Turquie.

Visite d'Atatürk à l'Exposition nationale de l'industrie à Ankara (21 avril 1930)
Visite d’Atatürk à l’Exposition nationale de l’industrie à Ankara (21 avril 1930)
L’exposition nationale de l’industrie et des échantillons de 1930 a eu lieu dans le bâtiment Turkish Hearth.
L’opéra d’Ulus a d’abord été construit comme salle d’exposition, puis il a été transformé en opéra. Le projet de Şevket Balmumcu a remporté un concours en 1933. Cependant, il a été transformé en Opéra en 1940 par Poul Bonatz. On raconte même que le principal architecte du bâtiment, Şevket Balmumcu, fut très bouleversé après cet événement et mit fin à sa vie professionnelle.

Début octobre 1923, l’Empire ottoman n’est plus mais la République de Turquie n’existe pas encore, du moins pas officiellement. La Turquie ottomane est sauvée du démembrement par un général de 38 ans, Mustafa Kemal qui entre en rébellion contre le sultan et réunit dès 1919 un Congrès national. La Guerre d’indépendance s’achevée en 1922 avec la victoire des troupes Kemaliste sur les puissances qui occupaient le territoire (le Royaume-Uni, la France, la Grèce et l’Italie).

"La plus grande guerre est la guerre contre l'ignorance."
"La plus grande guerre est la guerre contre l’ignorance."

Du Traité de Sèvres à Lausanne

Le traité de paix signé à Sèvres, près de Paris, en 1920, propose rien moins que de dépecer ce qui reste de l’empire ottoman. Pour Mustafa Kemal et l’ensemble des Turcs, il apparaît insupportable. Le sultan sera mis hors-jeu, le territoire libéré, encore faut-il imposer ses frontières et son indépendance. Après des mois de négociations, Ismet Inönü, le fidèle lieutenant de Mustafa Kemal, signe avec les Alliés le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. Le texte reconnaît la légitimité du régime d’Atatürk et définit les frontières de la Turquie moderne.

Du Traité de Paix signé à Lausanne
Du Traité de Paix signé à Lausanne

La République peut être officiellement proclamée

Surnommé « Gazi » (le Victorieux), Mustafa Kemal, le nouveau homme fort du pays déplace la capitale d’Istanbul à Ankara et remplace enfin le sultanat par une République. C’est chose faite le 29 octobre 1923. Mustafa Kemal est élu premier président de la République de Turquie. Depuis ce jour, les Turcs célèbrent chaque 29 octobre la “fête de la République”.

Mustafa Kemal Atatürk lors des célébrations de la fête de la République du 29 octobre[1929].
Mustafa Kemal Atatürk lors des célébrations de la fête de la République du 29 octobre[1929].

Le nouveau régime se dote d’une Constitution en avril 1924. Elle affirme le caractère intangible de la République, contre toute tentation de retour à l’ordre social et politique ancien. Elle promeut la citoyenneté turque (“Tous les habitants de la Turquie, sans distinction de religion ou de race, sont qualifiés de Turcs”) et proclame la langue turque comme langue officielle de la République.

Qui est Atatürk ?

Mustafa Kemal Atatürk en tenu de militaire
Mustafa Kemal Atatürk

Mustafa Kemal nait en 1881 dans une famille d’origine paysanne à Thessalonique. Son père Ali Rıza Efendi [1] est d’abord petit fonctionnaire à l’administration des finances ottomane puis se lance dans le commerce du bois, mais sa mort, en 1893, place la famille dans une situation précaire. Mustafa abandonne tôt l’école pour accompagner sa mère Zübeyde hanim chez un oncle fermier.

Il entre à l’école des cadets de Thessalonique malgré l’opposition de sa mère qui veut en faire un prêtre. Il se donne à ses études avec beaucoup d’application et quitte Thessalonique à l’âge de 17 ans avec le surnom de « Kemal » (perfection) pour Monastir en Macédoine occidentale. En 1902, après de brillantes études à l’école militaire de cette ville, il suit des cours à l’Académie de guerre d’Istanbul, où sont formés les cadres destinés au grand état-major. En 1905, à 24 ans, il sort de l’École supérieure de guerre avec le grade de capitaine.