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Son Excellence l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan en France, Rahman Mustafayev : « Ce que nous attendons de la France : respectez le droit international ! »


Ecrit par Pakize, 2020-10-08 23:40:00


Ce mardi 6 octobre, l’Ambassadeur de la République d’Azerbaïdjan en France, Rahman Mustafayev, donnait une conférence de presse afin d’analyser la situation actuelle dans le Haut-Karabakh.

Pour mieux comprendre le cours du conflit armé, l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan a tenu à rappeler les évènements qui ont eu lieu avant le 27 septembre dernier.

Rahman Mustafayev explique que l’attitude pacifiste de l’Azerbaïdjan et la poursuite du dialogue avec l’Arménie, dans le cadre du processus de paix concernant le Haut Karabagh en dépit des provocations de l’Arménie ont conforté cette dernière dans le sentiment de toute puissance et l’a entrainée à pousser à chaque fois plus loin dans la provocation, confondant cette retenue de l’Azerbaïdjan avec l’avalisation de ses actes contrevenant au processus de paix, que ce soit dans les dernières attaques des troupes armées arméniennes ou dans les discours au verbe agressif du nouveau gouvernement arménien :

  • le discours du ministre de la Défense de l’Arménie tenu en mars 2019 devant la diaspora arménienne aux Etats-Unis, dans lequel il évoque la nécessité de combats pour conquérir de nouveaux territoires ;
  • lors de son discours en Aout 2019 au cours duquel le premier Ministre Nikol Pashinyan annonce : « Le Karabagh, c’est l’Arménie… », portant ainsi un coup au dialogue encore en cours sur justement l’occupation illégale du Haut-Karabakh,
  • ou encore plus récemment le 10 juillet dernier, alors que le parlement Arménien dévoile sa nouvelle conception de la « sécurité nationale » dont les principes de base tiennent en ces mots : « L’objectif du processus de paix pour le futur de l’Artsakh c’est consolider et conforter les résultats et les conséquences de notre guerre de la libération ».

Bien au contraire, considérant déjà ces paroles ci-dessus comme une déclaration de guerre, s’il faut y ajouter l’attaque menée dés le 12 juillet sur la ville de Tovouz, concentrant des infrastructures stratégiques tels que l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan de 1 776 km de longueur qui transporte le pétrole brut azerbaïdjanais de la mer Caspienne, jusqu’à Ceyhan en Turquie, en Méditerranée, ou encore le chemin de fer reliant la mer Caspienne à la mer Noire et transitant par la Géorgie et la Turquie, l’Azerbaïdjan ne pouvait que légitimement défendre l’intégrité de son territoire et répliquer par la force armée, en toute conformité avec le droit international.

Les attaques de l’Arménie se sont d’ailleurs poursuivies puisque le 4 octobre dernier, c’est la ville de Mingachevir qui est prise pour cible. Située à plus de 100km du territoire disputé et abritant la centrale thermique d’Azerbaïdjan assurant la distribution d’eau dans tout le pays. Ou encore Gandja, la deuxième plus grande ville d’Azerbaïdjan, provoquant la mort d’un civil et en blessant 32 autres.

Mingachevir au 04.10.2020

D’après l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan, l’objectif de l’Arménie avec ces attaques sur les territoires civils à des centaines de kilomètres du Haut Karabagh est de provoquer une réaction similaire afin de pouvoir se réfugier auprès de ses alliés russes, français et états-uniens en se lamentant : « le pauvre peuple arménien souffre de la barbarie azerbaïdjanaise, il faut condamner l’agression azerbaïdjanaise, il faut attaquer ».

Gandja au 04.10.2020

L’Azerbaïdjan agit en conformité au droit international

Les tirs de l’armée arménienne sur des cibles civiles, très éloignées de la région disputée, sont une violation manifeste de la Chartes des Nations Unies et des principes du droit international insiste l’Ambassadeur de la République d’Azerbaïdjan.
Par ailleurs, M. Rahman Mustafayev rappelle également que les revendications territoriales de la population arménienne, sur la base du droit à l’autodétermination sont faussées puisque, souligne l’Ambassadeur, « ils ont procédé à la purification ethnique en en chassant tout ce qui n’était pas arménien : des Azéris, des Kurdes, Turcs, Russes...  ».
De la même manière que les Arméniens ont chassé 250.000 Azerbaïdjanais d’Arménie en 1987, ils ont procédé au même nettoyage ethnique dans la région de Karabagh en mars 1988 ; c’est ainsi que 40.000 Azerbaïdjanais, soit 25% de la population de la région, mais aussi d’autres populations d’origine Russe ou Kurde ont été chassées de la région pour proclamer la république « sous couvert des droits de l’homme et du droit à l’autodétermination  » « Et tout le monde applaudit car il s’agit d’un pauvre peuple victime d’un soit disant « génocide » qui mérite donc de chasser les autres nations pour créer sa république  » s’indigne l’Ambassadeur. En comptabilisant les déplacements des populations des 7 régions voisines, c’est un total de 750.000 Azerbaïdjanais et le déplacement d’un million de réfugiés hors de leurs terres « Mais l’Arménie continue à parler "d’autodétermination" ».

Or le droit international précise que le droit à l’autodétermination ne peut justifier la violation de l’intégrité et la sécurité d’autres pays martèle Rahman Mustafayev. L’Azerbaïdjan ne fait donc qu’appliquer les dispositions du conseil de sécurité de l’ONU en ses 4 résolutions, avec le soutien de la communauté internationale, à l’exception de la France.

« Le communautarisme et le séparatisme doivent être combattus ici-même, en France ! »

Le parti pris de la France se manifeste à travers ses personnalités politiques et ses élus. Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron sont "choquantes" pour l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan. L’allégation, sans pouvoir apporter de preuve, de l’envoi par la Turquie, de djihadistes syriens pour combattre dans les rangs de l’armée azerbaïdjanaise est plus que mal venue considération faite du séparatisme manifeste qu’affichent des élus de France.

En effet, depuis 2013, plus d’une dizaine de "chartes d’amitié" ont été signées par des élus avec des villes situées sur des territoires occupés d’Azerbaïdjan. 10 de ces chartes ont été annulées par les tribunaux administratifs français, tous s’accordant à motiver leur décision par l’illégalité de celles-ci découlant du "non-respect des engagements internationaux de la France" . L’engagement de la France dans le cadre du « groupe de Minsk », créé par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe le 23 mars 1995, à ne pas reconnaitre l’autoproclamée République du Haut-Karabagh, impose une obligation de neutralité de la part des autorités françaises et leur fait donc interdiction de signer de tels pactes. De même, faire flotter le drapeau de ladite république aux côtés du drapeau français, est encore une autre manifestation séparatiste de la part d’un élu de la République de France. A cela vient s’ajouter la tribune publiée en faveur d’un pays agresseur, signée par 176 élus de la République française, dont aucun n’a pris soin d’interroger l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan pour en savoir davantage, tous ces actes laissent en suspens la question de l’impartialité de la France : est-elle toujours le médiateur neutre en qui placer sa confiance ? Est-elle suffisamment impartiale pour continuer à co-présider le groupe de Minsk ?

En revanche, la présence de combattants de l’organisation terroriste du PKK dans les rangs des troupes armées arménienne a été prouvée, certains médias ne se donnent même pas la peine de le cacher, pourtant on ne parle que de la présence de "djihadistes envoyés par la Turquie" en Azerbaïdjan, sans pouvoir le prouver, or leur statut est le même rappelle Rahman Mustafayev : ce sont des terroristes.

Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, il ne s’agit pas d’une confrontation de l’Islam contre le christianisme, "il y a bel et bien un choc des civilisations, c’est le choc entre la culture du terrorisme contre celle de la tolérance" précise l’Ambassadeur, et il souligne que l’Azerbaïdjan est un état multiculturel abritant catholiques, orthodoxes, protestants, juifs, sunnites, chiites et que tous vivent en harmonie. "La philosophie azerbaïdjanaise moderne est celle de la construction", pendant que l’Arménie poursuit sur sa lancée extrémiste et destructrice.

Le rôle de la Turquie

Rahman Mustafayev fait part de son incompréhension totale face à la polémique autour du rôle de la Turquie dans ce débat alors que la base du conflit semble totalement occultée. Il précise que la Turquie est un soutien moral important, surtout compte tenu de la prise de position ici en France, par des élus, d’anciens élus aux côtés de l’Arménie, partialité qu’il juge très incorrecte du fait de la coprésidence de la France au sein du groupe de Minsk. «  Si la France veut continuer son rôle de médiateur, elle se doit de rester neutre  » souligne-t-il.

l’Ambassadeur d’Azerbaïdjan précise par ailleurs que non seulement l’implication de la Turquie ne dépasse pas le cadre du droit international, mais qu’au surplus, elle n’est pas le seul pays à avoir affirmé son soutien à l’Azerbaïdjan : en effet, des pays tels que le Pakistan, qui est tout de même une puissance nucléaire, ou la Hongrie, qui est membre de l’UE ou encore la Lettonie ont assuré l’Azerbaïdjan de leur soutien.

Pour mémoire, ci-dessous les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU :

- Résolution N°822 du 30 avril 1993
- Résolution N°853 du 29 juillet 1993
- Résolution N°874 du 14 octobre 1993
- Résolution N°884 du 12 novembre 1993
- Résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU du 14 mars 2008

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