jeudi 16 septembre 2021
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L’UNIVERS D’ONAY AKBAS

Par Nedim GÜRSEL

vendredi 3 septembre 2021 | par Hakan


L'UNIVERS D'ONAY AKBAS

Comme tout artiste digne d’intérêt, Onay Akbas a construit au fil du temps une œuvre originale qu’on pourrait qualifier d’ « étrange » voire même de « grotesque » si tous ces personnages en mouvement ne nous introduisaient pas de plain-pied dans un univers à la fois familier et intime. Il s’agit en fait de marionnettes qui nous ressemblent et qui évoluent dans un espace fragmentaire. Onay nous les présente sous la lumière de son propre univers, riche en couleurs et en fantaisie. Ainsi, faisons-nous connaissance avec ces créatures issues de son imaginaire qui nous fascinent et qui ont tous une histoire insolite à raconter. Mais avant, elles nous proposent de suivre, à travers les esquisses, la genèse d’une œuvre fort singulière.

La peinture d’Onay n’est pas figurative au sens propre du terme, elle frôle parfois le cubisme dans sa représentation du réel ; pour cette raison le peintre évoque « la nouvelle figuration » pour parler de son travail Et il nous donne à voir des figures cassées, voire même rapiécées. C’est le règne de la désarticula¬tion quelque peu inquiétante certes, mais ô combien ironique. Il s’agit en fait d’un monde tragi-comique dans lequel évoluent ca figures qui nous racontent une his¬toire même si leur créateur affirme ne jamais être un narrateur. C’est vrai, la pein¬ture moderne ne raconte pas d’histoires, sinon sa réalité propre, elle n’imite pas la nature non plus. Mais dans les tableaux d’Onay on décèle toujours une structure narrative qui est le reflet d’elle-même. EL le mouvement, élément récurrent, transforme l’espace pictural en scène de théâtre.
Afin de mettre en exergue davantage encore cet élément, le peintre laisse sur ses toiles de petites zones, vidées de tout personnage, tantôt monochrome, tantôt noir et blanc, comme si la force d’attraction des nombreuses figurines toutes proches venait colorer d’elle-même ces zones inhabitées.

Ces figurines constituent, à l’origine, des formes humaines réelles dont s’est inspiré le peintre, avant de les retirer de leur réalité et de contexte, afin de les réanimer, en les transformant en un rassemblement dense de décalcomanies, figées pour toujours sur sa toile. Dans un sens, on pourrait dire qu’Akbas essaie de perpétuer dans son art œ que Balzac appliquait dans son œuvre. Tout comme Balzac, dans La Comédie humaine, ou Nâzim Hikmet, dans Paysages humains les figurines d’Onay Akbas représentent un rassemblement d’individus malicieux issus d’un monde multicolore.

Et dès que vous pouvez votre premier regard sur un tableau, c’est comme si ce rassemblement de poupées en constant mouvement vous attirait dans son tourbillon d’énergie. Frédéric Amblard écrit à ce propos : « Tout cela danse. Tout cela pris dans le mouvement dansé se mêle ». Dans sa dernière exposition Onay nous invite à danser avec les esquisses de ses figurines. Et nous appelle à les considérer déjà comme les personnages d’un récit à venir. Alors regardons- les avant de les écouter.

Par Nedim GÜRSEL



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