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[Conseil de l’Europe] - Les droits des femmes menacés en Turquie

Ecrit par Hakan Akgün, 2018-10-15 18:30:36


Les politiques menées par le gouvernement de l’AKP pourraient avoir un effet négatif sur les droits des femmes et les violences dont elles sont victimes, estime un rapport publié lundi par le Conseil de l’Europe.

Cette première évaluation du Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Grevio), qui veille au respect de la convention du même nom, dite convention d’Istanbul, évoque la volonté des autorités de renforcer l’institution de la famille.

Le Grevio met en garde contre des politiques "qui considéreraient les femmes exclusivement à travers le prisme du mariage et de la maternité ou qui privilégieraient un modèle sociétal de la femme en tant qu’épouse et mère".

Le rapport s’inquiète du développement des écoles privées religieuses et demande aux autorités de "réfuter les enseignements qui véhiculent des idées définissant les femmes comme inférieures, mais aussi de ne pas tolérer les pratiques pédagogiques discriminatoires à l’égard des filles, telles que la séparation des filles et des garçons".

"Les conceptions stéréotypées sur les femmes se répandent également parmi les fonctionnaires et les dirigeants politiques, signe que les mentalités des personnes chargées de faire respecter et d’appliquer les lois relatives à la protection des femmes n’ont pas évolué au même rythme que la législation", ajoute le comité d’experts composé de treize femmes et deux hommes appartenant à différents pays de l’organisation.

Le Grevio note que, si la Turquie a fait évoluer positivement sa législation relative aux droits des femmes depuis sa ratification de la convention d’Istanbul, en 2012, la
situation reste en pratique très problématique.

Il souligne le faible taux de signalement par les femmes des violences dont elles sont victimes, en particulier lorsqu’il s’agit de viols ou d’agressions sexuelles, en raison des craintes de stigmatisation au sein de la famille.

Bien que les "crimes d’honneur" et la violence conjugale soient désormais criminalisés, il s’inquiète des circonstances atténuantes souvent accordées à l’agresseur par les juges et de la faible propension des forces de l’ordre à recueillir les plaintes des femmes agressées par leur mari.

Le rapport pointe aussi du doigt le phénomène des mariages précoces ou forcés - 25% des femmes turques sont mariées avant 18 ans, un chiffre qui monte à 32% en milieu rural.

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