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Yeghbayr, Kardeş, Frère

Ecrit par Saadet YILMAZ, 2012-11-07 06:19:03


Au détour du stand de la radio Made in Turkey, au festival d’Anatolie au mois de septembre 2012, j’entends une interview en direct - ce qu’il y a de plus banal, me direz-vous - une atmosphère chaleureuse règne. Je m’approche des deux interlocuteurs, décontractés, qui échangent avec le sourire, un thé à la main, comme si les micros n’existaient plus.
Ce qui m’interpelle, c’est le regard, la sincérité de cet échange qui vous attire comme un aimant.

L’interview commence, l’invité se présente en toute simplicité mais avec un réel plaisir : « Merhaba, je m’appelle Garbis Durdabak. Je suis turc d’origine arménienne. » Le début de l’interview se fait en langue turque. J’apprends au fil de l’échange qu’il vit en France depuis longtemps, tient une mercerie depuis 1982. Garbis bey (bey= monsieur en turc) présente sa société familiale, des laines, les marques qu’il représente en France. Une majorité de ses produits sont achetées en Turquie et sa clientèle est variée et vient des quatre coins de France.

L’interview se poursuit en français : à la question « Que pensez-vous de ce festival d’Anatolie ? » Il répond « Je suis ravi d’être en famille ici et fier de présenter des produits turcs. Un vent de Turquie souffle à Villepinte au festival d’Anatolie ! » Il explique longuement le fait de regarder l’avenir : « Nos enfants sont nés ici mais il est de notre devoir de leur transmettre notre culture et nos traditions. Il précise l’importance de sortir du cercle du passé : les cicatrices, nos blessures ne doivent pas nous empêcher de regarder ce qui nous rapproche, nos points communs. L’essentiel est d’avancer main dans la main. »
Il explique également qu’on ne lui a jamais reproché sa proximité avec la Turquie, qu’il n’a jamais subi de pression ou de remarques désagréables.

Je me laisse porter par cet échange, je ne pourrais dire combien il a duré, j’étais totalement emportée par ce dialogue.
L’animateur - d’origine turque - demande alors : « Comment dit-on « frère » en arménien ? ». « yeghbayr », lui répond l’invité, « Nous sommes tous frères ». Et il rajoute « Enlevons les toiles d’araignées dans nos têtes, avançons main dans la main. Le reste n’est que politique. »

Pour conclure nous entendons la même envie de rassembler : « yeghbayr, kardes, frère ».
Voilà ce que j’ai retenu de cet échange.
Il m’est difficile de résumer cette interview en quelques mots, je dirais un moment d’exception, de réel plaisir, de fraternité, d’intimité aussi. Cette interview m’a transportée dans un moment unique de grâce et d’émotion et si je vous disais que cette interview me faisait penser à une citation d’André Malraux « Les hommes unis à la fois par l’espoir et l’action accèdent comme les hommes unis par l’amour à des domaines auxquels ils n’accéderaient pas seuls ».

Ce qui est important, c’est l’émotion et la sincérité des échanges. Je me suis toujours posé cette question de savoir comment construire un monde meilleur, eh bien peut-être en renouvelant ce genre d’interview, peut-être chacun en tendant une main, en faisant un pas, plus nous aurons des grands hommes comme Garbis et Muhammet et plus nous seront nombreux et plus vite nous y arriverons.

#Arméniens #Turcs
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